mercredi 9 juillet 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2510700 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | PASTEUR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 juin 2025, M. C A B, représenté par Me Pasteur, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 25 avril 2025 par laquelle le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de retour ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de dix jours, sous astreinte de 75 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros hors taxe à son conseil, en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite :
* elle est présumée, dès lors que la décision attaquée le place en situation irrégulière ;
* compte tenu des conséquences immédiates et graves sur sa situation et le préjudice grave porté à sa vie privée et familiale ; sa sœur est de nationalité française ; par ailleurs, l'intérêt supérieur de ses trois enfants mineurs de nationalité française est méconnu, et notamment celui de la jeune D qui n'a pas de représentant légal ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué :
S'agissant des moyens dirigés contre la décision portant refus de séjour :
* elle est insuffisamment motivée en ce qu'elle est stéréotypée ;
* elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur de droit au regard de l'article L. 423-7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il en remplit les conditions, il est père des jeunes D A B, F A B et G A B et contribue à leur entretien et à leur éducation depuis leur naissance, il vit avec la jeune D et dispose d'un droit de visite et d'hébergement à l'égard de F et G ; la décision contestée l'empêche de subvenir à ses besoins et à ceux de ses enfants par l'exercice d'une activité professionnelle ;
* il ne représente pas une menace à l'ordre public ;
* elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, les dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle, dès lors qu'il est père de trois enfants français, que sa sœur est titulaire de la nationalité française, qu'il a travaillé dès que sa situation administrative le lui a permis, dans un métier en tension ;
* elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, dès lors qu'il n'est pas concevable que ses enfants quittent E dont ils ont la nationalité, ni qu'il quitte le territoire avec eux, il relève de leur intérêt supérieur qu'il puisse rester en France, en particulier pour la jeune D dont il est le seul représentant légal ;
S'agissant des moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français :
* il n'est pas établi qu'elle ait été signée par une autorité compétente ;
* elle est insuffisamment motivée au regard de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
* elle est illégale, par voie d'exception, du fait de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour qui en est le fondement ;
* elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'il remplissait toutes les conditions lui donnant droit à la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* elle porte une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale, qui se déroule en France depuis trois années consécutives désormais ;
* elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences disproportionnées sur sa situation personnelle et familiale, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
S'agissant des moyens dirigés contre la décision fixant le pays de retour :
* elle n'est pas suffisamment motivée ;
* elle méconnait les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 juillet 2025, le préfet de Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie : l'intéressé n'étant plus en possession d'un titre de séjour depuis 2020, la décision attaquée n'est pas d'un refus de renouvellement de titre de séjour ; la décision du 25 avril 2025 n'a pas pour effet d'interrompre l'activité professionnelle du requérant qui a cessé depuis le mois de février 2025 ;
- aucun des moyens soulevés par M. A B, n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
*bien que l'intéressé remplisse les conditions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, son comportement représente une menace à l'ordre public et s'oppose à la délivrance d'un titre de séjour ;
* l'intéressé ne peut se prévaloir de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant alors qu'il a été placé en garde à vue le 24 juillet 2024 pour des faits de violence sur mineur ;
* la décision ne méconnaît pas l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :
* l'intéressé ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors qu'il n'a pas sollicité de titre de séjour sur ce fondement.
Les parties sont informées lors de l'audience, en application des articles R.611-7 et R.522-9 du code de justice administrative, de ce que la décision à intervenir est susceptible d'être fondée sur le moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions de la requête à fin de suspension dirigées contre les décisions portant obligation de quitter le territoire et fixant le pays de retour.
M. A B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 juin 2025.
Vu :
- les pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 17 juin 2025 sous le numéro 2510498 par laquelle M. A B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Marowski, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 7 juillet 2025 à 9 heures 30
- le rapport de M. Marowski, juge des référés,
- les observations de Me Pasteur, avocat de M. A B, en sa présence.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant camerounais né le 20 septembre 1988, déclare être entré irrégulièrement en France le 2 février 2002. Il a obtenu un titre de séjour en qualité d'étudiant le 7 mars 2007, puis un titre de séjour mention " vie privée et familiale " le 8 décembre 2008, régulièrement renouvelé jusqu'au 22 janvier 2020. Par la présente requête, il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 25 avril 2025 par laquelle le préfet de la Seine-Maritime a refusé de renouveler son titre de séjour.
Sur l'irrecevabilité des conclusions aux fins de suspension dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination :
2. Il résulte des dispositions de l'article L. 722-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le dépôt d'une requête en annulation contre une décision portant obligation de quitter le territoire français suspend l'exécution de cette obligation. Ainsi, l'introduction de la requête en annulation n°2510498 a eu pour effet de suspendre l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français dont le requérant fait l'objet. Par suite, ses conclusions tendant à la suspension par le juge des référés de l'exécution des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de retour, laquelle procède de la décision d'éloignement, sont irrecevables.
Sur les conclusions présentées aux fins de suspension de la décision portant refus de séjour :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
4. Aucun des moyens invoqués par M. A B, tels qu'énoncés dans les visas de cette ordonnance, ne paraît, en l'état de l'instruction, de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 25 avril 2025 par laquelle le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour.
5. Il y a lieu, en conséquence, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, de rejeter la requête de M. A B en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A B, au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et à Me Pasteur.
Copie en sera adressée au préfet de Seine-Maritime.
Fait à Nantes, le 9 juillet 2025.
Le juge des référés,
Y. MAROWSKI
La greffière,
A. DIALLO
La République mande et ordonne au préfet de Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026