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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2510729

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2510729

vendredi 26 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2510729
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantAHMAD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de M. B, qui demandait au juge d’enjoindre à l’ambassade de France à Islamabad de délivrer un visa de long séjour à son épouse. Le tribunal a rappelé que le juge administratif ne peut prononcer d’injonction qu’en exécution d’une décision juridictionnelle préalable, et non à titre principal. En l’absence de demande d’annulation d’un refus de visa, les conclusions de M. B étaient irrecevables. Cette solution est fondée sur les articles L. 911-1 et L. 911-2 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 22 juin 2025, M. D B, représenté par Me Ahmad, demande au tribunal d'enjoindre à l'ambassade de France à Islamabad (Pakistan) de délivrer un visa de long séjour à Mme A C, au besoin sous astreinte.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif (), les premiers vice-présidents des tribunaux () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".

2. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure. " Aux termes de l'article L. 911-2 du même code : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. "

3. Il résulte de ces dispositions que le juge administratif ne dispose pas de pouvoirs d'injonction à titre principal, mais seulement du pouvoir de prescrire à l'administration de prendre les mesures d'exécution nécessairement impliquées par une de ses décisions.

4. Le requérant demande au tribunal d'enjoindre à l'ambassade de France à Islamabad de délivrer un visa de long séjour à Mme A C, son épouse, sans demander l'annulation de la décision lui refusant un tel visa. Ces conclusions présentent, dès lors, le caractère de conclusions à fin d'injonction présentées à titre principal, lesquelles n'entrent pas dans les prévisions des articles L. 911-1 et L. 911-2 du code de justice administrative. Elles sont, par suite, manifestement irrecevables et la requête de M. B ne peut qu'être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D B.

Fait à Nantes, le 26 septembre 2025.

La présidente,

V. POUPINEAU

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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