vendredi 18 juillet 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2510979 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | LEROY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 juin 2025, Mme B A, représentée par Me Leroy, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du préfet de la Loire-Atlantique du 24 avril 2025 refusant de lui délivrer un titre de séjour, lui faisant obligation de quitter le territoire français, fixant le pays de renvoi et portant interdiction de retour pour une durée de six mois ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et de la munir, dans cette attente et sans délai, d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du préfet de la Loire-Atlantique la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable, dès lors qu'en raison d'une erreur des services postaux, elle n'a eu connaissance de l'arrêté du 24 avril 2025 que le 2 juin 2025, dans le cadre de la procédure en référé mesures-utiles ;
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que :
* elle est présumée en matière de demande de renouvellement d'un titre de séjour ;
* la décision attaquée la place en situation irrégulière alors que son titre de séjour a été régulièrement renouvelé depuis le 20 septembre 2019 ;
* il est fait obstacle à la poursuite de ses études et à la signature d'un contrat d'apprentissage nécessaire à la finalisation de son cursus de formation ; la perte de son statut d'étudiant entraînera la perte de son logement situé au sein d'une résidence universitaire et elle risque par ailleurs de perdre son emploi d'hôtesse de caisse qu'elle occupe depuis le mois de décembre 2023 pour subvenir à ses besoins ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation personnelle, dès lors qu'elle mentionne à tort la nationalité gabonaise alors qu'elle est sénégalaise, et que n'y est pas mentionnée la présence de ses attaches familiales en France ni l'absence d'attaches dans son pays d'origine où seuls vivent son père, avec qui elle n'a plus de contact, et sa sœur cadette, qu'elle n'a pas vu depuis quatre ans ;
* elle est entachée d'une erreur de fait quant à sa nationalité, ce qui entraine l'illégalité de la décision portant refus de séjour et de celle portant obligation de quitter le territoire français ;
* elle est entachée d'une erreur de droit en raison de l'absence de mention de l'accord franco-sénégalais du 1er août 1995 ;
* elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article 9 de l'accord franco-sénégalais du 1er août 1995, dès lors que ses études sont réelles et sérieuses, son cursus est cohérent dans le thème de la gestion d'entreprise et démontre une progression ; c'est en raison de problèmes de santé qu'elle n'a pas pu valider le second semestre de sa première année de licence en " Economie et Gestion " ; puis elle a intégré un Bachelor " chargé d'affaire en développement durable " dont elle a validé la première année mais pas la seconde, n'ayant pas trouvé d'entreprise pour conclure un contrat d'alternance nécessaire à la validation de cette année ; elle s'est inscrite au titre de l'année universitaire 2024-2025 en première année de BTS " Gestion de la Petite et Moyenne Entreprise ", a obtenu de très bons résultats et a obtenu un contrat d'alternance pour réaliser sa deuxième année et obtenir son diplôme ;
* elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors qu'il est porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale : elle est présente sur le territoire depuis le 22 septembre 2019 soit depuis près de six ans, n'est retournée qu'une fois au Sénégal en 2021, a reconstruit en France le centre de ses intérêts privés et familiaux notamment avec sa cousine, titulaire d'une carte de résident, avec qui elle entretient une relation forte ; sa mère est décédée en 2008, elle n'a plus de contact avec son père et n'a pas vu sa petite sœur depuis près de quatre ans ; elle s'est parfaitement intégrée en France, est francophone et y a effectué ses études et un travail à temps partiel.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juillet 2025, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au non-lieu à statuer et au rejet des conclusions au titre de l'article 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que le 8 juillet 2025 il a prononcé le retrait de la décision contestée.
Par un mémoire en réplique, enregistré le 9 juillet 2025, Mme B A, représentée par Me Leroy, conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens.
Elle fait valoir que la décision litigieuse n'épuise pas l'entièreté du litige dans la mesure où elle reste à ce jour en situation irrégulière : elle n'est munie ni d'un titre de séjour, ni d'une autorisation provisoire de séjour.
Vu :
- les pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 25 juin 2025 sous le numéro 2510932 par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- l'accord franco-sénégalais du 1er août 1995 ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Rosier, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience puis informées, le
9 juillet 2025, de la radiation de l'affaire du rôle de l'audience du 10 juillet 2025.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante sénégalaise née le 1er janvier 1999, est entrée sur le territoire le 22 septembre 2019 sous couvert d'un visa de long séjour étudiant valant titre de séjour, valable du 20 septembre 2019 au 20 septembre 2020. Elle a obtenu une carte de séjour pluriannuelle valable du 1er octobre 2020 au 30 septembre 2023 puis une carte de séjour temporaire valable du 4 décembre 2023 au 3 décembre 2024. Par la présente requête, elle demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du préfet de la Loire-Atlantique du 24 avril 2025 refusant de lui délivrer un titre de séjour, lui faisant obligation de quitter le territoire français, fixant le pays de renvoi et portant interdiction de retour pour une durée de six mois.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. Lorsque le juge des référés a estimé, au vu de la requête dont il est saisi, qu'il y avait lieu, non de la rejeter en l'état pour l'un des motifs mentionnés à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, mais d'engager la procédure prévue à l'article L. 522-1 de ce code, il lui incombe de poursuivre cette procédure et, notamment, de tenir une audience publique. Il en va cependant différemment lorsque, après que cette procédure a été engagée, intervient un désistement ou un événement rendant sans objet la requête. Dans ce cas, le juge des référés peut, dans le cadre de son office, donner acte du désistement ou constater un non-lieu sans tenir d'audience.
4. Il résulte de l'instruction que par une décision du 8 juillet 2025, soit postérieurement à l'introduction de la requête, le préfet de la Loire-Atlantique a retiré sa décision du 24 avril 2025 refusant de délivrer à Mme A un titre de séjour, lui faisant obligation de quitter le territoire français, fixant le pays de renvoi et portant interdiction de retour pour une durée de six mois. Ainsi, dans les circonstances de l'espèce, eu égard en particulier à la nature de la décision en litige et au caractère provisoire des mesures susceptibles d'être prises par le juge des référés, les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative et celles à fin d'injonction sont devenues sans objet. Il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
5. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 500 euros au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction de la requête de Mme A.
Article 2 : L'Etat versera à Mme A une somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.
Copie en sera transmise au préfet de la Loire-Atlantique.
Fait à Nantes, le 17 juillet 2025.
Le juge des référés,
P. ROSIER
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026