mercredi 30 juillet 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2511072 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | FABRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 27 juin, le 8 juillet, le 24 juillet 2025 et le 28 juillet 2025, B C A, actuellement incarcéré au centre pénitentiaire " Le Mans - les croisettes ", représenté par Me Fabre, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 juin 2025 par lequel le préfet de la Sarthe a refusé de renouveler son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, en fixant le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de cinq ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Sarthe de procéder au réexamen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros, à verser à son conseil, au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 39 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'arrêté attaqué :
- les conditions de détention ont porté atteinte à son droit à un recours effectif, en conséquence de quoi le délai de recours ne lui est pas opposable ;
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de l'arrêté ;
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
- l'abrogation de sa qualité de réfugié n'a pas d'effet rétroactif sur son entrée régulière sur le territoire car cette abrogation n'a pas d'effet rétroactif et la qualité de réfugié qu'il avait obtenu, recognitive, rendait son entrée régulière ;
- il n'est pas justifié par le préfet que sa demande de titre de séjour aurait été incomplète ;
- elle est entachée d'une erreur de droit ; son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public et il justifie de lien forts et étroits avec la France ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle a été prise au terme d'une procédure irrégulière, en l'absence de procédure contradictoire préalable, en méconnaissance de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- son édiction n'a pas été précédée d'un examen de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est illégale, par voie d'exception, en raison de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;
En ce qui concerne la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
- elle est illégale, par voie d'exception, en raison de l'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français ;
- elle est disproportionnée dès lors qu'il est incarcéré au centre pénitentiaire " Le Mans - les croisettes " ;
En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de renvoi :
- elle est insuffisamment motivée ;
- son édiction n'a pas été précédée d'un examen de sa situation personnelle ;
- elle est illégale, par voie d'exception, en raison de l'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français ;
En ce qui concerne la décision l'assignant à résidence :
- elle porte une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 juillet 2025, le préfet de la Sarthe conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 30 juillet 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile';
- la loi no 91-647 du 10 juillet 1991';
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Giraud, vice-président, pour statuer sur les requêtes tendant à l'annulation des mesures d'éloignement adoptées à l'encontre de ressortissants étrangers faisant l'objet d'une assignation à résidence et des décisions accompagnant ces mesures.
Ont été entendus lors de l'audience publique le 25 juillet 2025 à 9h30 :
- le rapport de M. Giraud ;
- les observations de Me Fabre, en l'absence de M. A en dépit des demandes d'extractions formulées à deux reprises par son avocate.
La clôture de l'instruction a été reportée au 28 juillet à 10h.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant Kazakhstanais né le 13 mars 2005, s'est vu reconnaître avec l'ensemble des membres de sa famille la qualité de réfugié en 2018. Il a sollicité un titre de séjour en qualité de réfugié le 15 mars 2023. Cette demande aurait été incomplète. Il a renouvelé cette demande le 26 novembre 2024. L'OFPRA lui a retiré la qualité de réfugié le 29 avril 2025. Par un arrêté du 22 juin 2025 le préfet de la Sarthe a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai à destination de tout pays dans lequel il serait légalement admissible et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire pendant une durée de 5 ans. M. A incarcéré au centre pénitentiaire " le Mans - Les croisettes " demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. A est entré en France en 2017 à l'âge de 12 ans avec ses parents et ses deux sœurs. La qualité de réfugié a été reconnue à l'ensemble des membres de la famille. Il a ensuite été scolarisé et a obtenu en juin 2020 son certificat de formation générale. M. A a fait l'objet de plusieurs condamnations pour violence avec usage d'une arme suivie d'une incapacité supérieure à huit jours, pour conduite de véhicule sans permis, pour conduite d'un véhicule en ayant fait usage de substances ou plantes classées comme stupéfiants, pour refus, par le conducteur d'un véhicule, d'obtempérer à une somation de s'arrêter. Les peines de prison auxquelles il a été condamné l'ont toutes été avec du sursis à l'exception de celle pour violence avec usage d'une arme suivie d'une incapacité supérieure à huit jours pour laquelle il a été condamné à dix-huit mois d'emprisonnement dont huit avec sursis probatoire aménagé ab inti par le biais d'un bracelet électronique. Pour condamnable que soit l'ensemble de ces infractions commises par M. A, les peines et les modalités retenues de celles-ci manifestent que le tribunal correctionnel a considéré, que les faits litigieux et le comportement de M. A, au-delà des qualifications pénales requises, ne méritaient pas nécessairement un enfermement. Dans ces conditions, compte tenu de l'âge du requérant à la date de son arrivée en France et à la date de l'arrêté attaqué, de la durée de la présence de celui-ci en France, de la présence de ses parents et de ses sœurs en France avec la qualité de réfugiés, le préfet a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en estimant que M. A présentait un risque pour l'ordre public.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
4. Le présent jugement implique nécessairement qu'il soit procédé à la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " à M. A dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement.
Sur les frais en litige :
5. M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Ainsi, son avocate peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros à verser à Me Fabre, sous réserve que celle-ci renonce au versement de la part contributive de l'Etat
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 22 juin 2025 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Sarthe de délivrer à M. A un titre de séjour portant la mention vie privée et familiale dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Me Fabre la somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que cette dernière renonce au versement de la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B C A, au préfet de la Sarthe et à Me Fabre.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 juillet 2025.
Le magistrat désigné,
T. GIRAUDLa greffière,
A. DIALLO
La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026