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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2511324

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2511324

vendredi 18 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2511324
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantGUILLOU

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en référé, était saisi par M. B d’une demande de suspension de la décision implicite du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) refusant de lui délivrer une carte professionnelle. En cours d’instance, le CNAPS a finalement délivré la carte professionnelle à M. B, rendant la demande de suspension sans objet. Le juge a donc constaté un non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins de suspension et d’injonction. Sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, il a condamné le CNAPS à verser 500 euros à M. B au titre des frais exposés.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 1er juillet et le 10 juillet 2025, M. A B, représenté par Me Guillou, demande au juge des référés dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision implicite par laquelle le directeur du conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a refusé de lui délivrer une carte professionnelle ;

2°) d'enjoindre à l'administration de lui délivrer une autorisation d'exercice ou à défaut, de réexaminer sa situation, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge du CNAPS une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors que la décision attaquée a pour effet de le priver de la possibilité de continuer à exercer sa profession et d'en percevoir des revenus ; en outre, un intérêt public s'attache à la suspension de la décision attaquée dès lors que le CNAPS a utilisé des données non autorisées, en méconnaissance de l'article 4 de la directive (UE) n° 2016/680 du Parlement européen et du Conseil du 27 avril 2016 ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de cette décision :

* la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

* elle est entachée d'un vice de procédure, dès lors qu'il n'est pas établi que la consultation du traitement des antécédents judiciaires par l'administration a été réalisée dans le respect de l'article R. 40-29 du code de procédure pénale ;

* la matérialité des faits qui lui sont reprochés n'est pas établie ;

* la décision attaquée est entachée d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation.

Le conseil national des activités privées de sécurité a produit des pièces, enregistrées le 8 juillet 2025.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 27 juin 2025 sous le numéro 2511171 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de la sécurité intérieure ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Frelaut, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience puis informées, le 15 juillet 2025, de la radiation de l'affaire du rôle de l'audience du 16 juillet 2025.

Considérant ce qui suit :

1. Lorsque le juge des référés a estimé, au vu de la requête dont il est saisi, qu'il y avait lieu, non de la rejeter en l'état pour l'un des motifs mentionnés à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, mais d'engager la procédure prévue à l'article L. 522-1 de ce code, il lui incombe de poursuivre cette procédure et, notamment, de tenir une audience publique. Il en va cependant différemment lorsque, après que cette procédure a été engagée, intervient un désistement ou un évènement rendant sans objet la requête. Dans ce cas, le juge des référés peut, dans le cadre de son office, donner acte du désistement ou constater un non-lieu sans tenir d'audience.

2. Postérieurement à l'introduction de la requête, le conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a délivré à M. B une carte professionnelle l'autorisant à exercer les activités d'agent de gardiennage ou de surveillance humaine pouvant inclure l'usage de moyens électroniques, valable cinq ans du 8 juillet 2025 au 8 juillet 2030. Par suite, la décision implicite par laquelle le CNAPS a refusé de lui délivrer cette autorisation a implicitement mais nécessairement été retirée. Dans ces conditions, les conclusions présentées par M. B sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ainsi que, par voie de conséquence, celles tendant au prononcé d'une injonction sous astreinte sont devenues sans objet. Il n'y a dès lors plus lieu d'y statuer.

3. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge du CNAPS une somme de 500 (cinq cents) euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions présentées par M. B aux fins de suspension et d'injonction sous astreinte.

Article 2 : Le conseil national des activités privées de sécurité versera à M. B la somme de 500 (cinq cents) euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au conseil national des activités privées de sécurité.

Fait à Nantes, le 18 juillet 2025 .

La juge des référés,

L. FRELAUT

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce que requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière.

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