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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2511508

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2511508

mercredi 9 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2511508
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantMUNIR

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme A, qui demandait la suspension de la décision de refus de visa de court séjour prise par les autorités consulaires françaises à Annaba. La requérante invoquait son âge (83 ans) et son souhait de rendre visite à ses enfants en France pour justifier l'urgence. Le juge a estimé que ces seules circonstances ne suffisaient pas à caractériser une atteinte grave et immédiate à sa situation, condition nécessaire à la suspension sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. En l'absence d'urgence établie, la requête a été rejetée sans examen du doute sérieux sur la légalité de la décision.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 juillet 2025, Mme B A, représentée par Me Munir, demande au juge des référés :

1°) sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 21 juin 2025 par laquelle le sous-directeur des visas a rejeté son recours contre la décision par laquelle l'autorité consulaire française à Annaba (Algérie) du 27 février 2025 lui a refusé la délivrance d'un visa de court séjour ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui délivrer le visa de court séjour demandé dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la décision à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors qu'elle est âgée de plus de 83 ans et qu'elle croit faire son dernier voyage en France pour visiter ses enfants chez eux ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

Vu :

- la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, a désigné M. Marowski, premier conseiller, pour statuer en matière de référés.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".

2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.

3. Pour justifier de l'urgence à suspendre la décision attaquée, la requérante se borne à se prévaloir de son âge et de ce qu'elle souhaite rendre visite à ses enfants en France. Cependant, ces seules circonstances ne suffisent pas à établir que le refus de visa litigieux porte atteinte de manière grave et immédiate à la situation de la requérante. Dès lors, la condition d'urgence ne peut être regardée comme satisfaite.

4. Il y a lieu, par suite, de rejeter la requête en toutes ses conclusions selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E:

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Copie en sera adressée au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.

Fait à Nantes, le 9 juillet 2025

Le juge des référés,

Y. MAROWSKI

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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