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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2511609

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2511609

vendredi 18 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2511609
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantPAVY

Résumé IA

Cette ordonnance du Tribunal Administratif de Nantes concerne une demande de suspension de refus de visa de long séjour présentée par un ressortissant français pour son épouse camerounaise et leurs deux enfants. Le juge des référés rejette la requête sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, estimant que la condition d'urgence n'est pas caractérisée. Il relève que la séparation familiale et l'état de santé dépressif de M. C, bien qu'invoqués, ne suffisent pas à démontrer une atteinte grave et immédiate justifiant une suspension avant le jugement au fond. La décision s'appuie sur les articles L. 521-1 et R. 522-1 du code de justice administrative, sans qu'il soit nécessaire d'examiner les moyens de légalité soulevés.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 juillet 2025, M. A G C et Mme E F, agissant en leurs noms propres et aux noms de leurs enfants I D C B et H C A, représentés par Me Pavy, demandent au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 4 juin 2025 par laquelle la commission de recours contre les refus de visa d'entrée en France a rejeté leur recours contre les décisions du 30 août 2024 par lesquelles l'autorité consulaire française à Yaoundé (Cameroun) a refusé de délivrer à Mme E F un visa de long séjour en qualité de visiteur et pour les enfants I D C B et H C A en qualité d'enfants étranger de ressortissant français ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de réexaminer la situation, dans un délai d'un jour à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10.07.1991 sous réserve pour leur conseil de se désister du bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Ils soutiennent que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la décision contestée maintient séparés les membres de la famille ; M. C souffre d'un syndrome dépressif ; ils ont été diligents mais les difficultés de transcription de l'acte de naissance de M. C du fait de la juridiction judiciaire a allongé la durée de séparation ; les délais de traitement des requêtes au fond justifient également de cette urgence ;

- il est fait état de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

Vu :

- leur requête au fond ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- la loi n° 91-648 du 10 juillet 1991 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Rosier, premier conseiller, pour statuer sur les demandes en référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A G C, ressortissant français, et Mme E F, ressortissante camerounaise, son épouse depuis le 28 décembre 2024, sont parents de deux enfants, I D C B et H C A, nés respectivement les 28 avril 2015 et 3 décembre 2022. Le 29 août 2024, des demandes de visa de long séjour ont été introduite auprès de l'autorité consulaire française à Yaoundé en qualité de visiteur pour Mme F et en qualité d'enfants étrangers de ressortissant français pour les jeunes I D C B et H C A, qui leur ont été refusées le 30 août 2024. Par la présente requête M. C et Mme F demandent au juge des référés d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 4 juin 2025 par laquelle la commission de recours contre les refus de visa d'entrée en France a rejeté leur recours formé contre les décisions du 30 août 2024 par lesquelles l'autorité consulaire française à Yaoundé (Cameroun) a refusé de délivrer à Mme F en qualité de visiteur et aux jeunes I D C B et H C A, un visa de long séjour en qualité d'enfant mineur de ressortissant français.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Selon l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes, cependant, de l'article L. 522-3 : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin, le premier alinéa de l'article R. 522-1 dispose : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.

4. Pour justifier de l'urgence particulière à suspendre les effets de la décision implicite de la commission de recours les requérants se prévalent de la durée de séparation de la famille et de l'état de santé de M. C. Toutefois, alors que M. C est en couple depuis 2014 avec Mme F et qu'ils sont parents depuis avril 2015, ils n'établissent ni la réalité ni l'intensité des liens qu'il entretient avec son épouse et leurs deux enfants, hormis quelques photographies dates de 2022 à 2024 et quelques rares transferts d'argent. En outre, les requérants ne justifient pas davantage que l'état de santé de M. C établi par le seul certificat médical produit d'un médecin généraliste, serait d'une gravité telle qu'il serait de nature à caractériser une situation d'urgence au regard de l'objet du visa sollicité. Ainsi, les circonstances alléguées par M. C et Mme F ne sont pas de nature à caractériser une atteinte suffisamment grave et immédiate à leurs intérêts justifiant la suspension de l'exécution de la décision litigieuse dans l'attente d'une décision du tribunal sur leur recours en excès de pouvoir.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de suspension de l'exécution de cette décision doivent être rejetées, en application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction sous astreinte et celles relatives aux frais d'instance.

O R D O N N E

Article 1er : La requête de M. C et de Mme F est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A G C, à Mme E F et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.

Fait à Nantes, le 17 juillet 2025.

Le juge des référés,

P. ROSIER

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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