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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2511741

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2511741

vendredi 11 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2511741
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantGAUDRE COEUR-UNI

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nantes, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la décision de la préfète de la Mayenne refusant d'examiner la demande d'admission exceptionnelle au séjour de M. C. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, car M. C, en situation irrégulière et n'ayant pas contesté une précédente obligation de quitter le territoire, ne pouvait se prévaloir de son emploi pour justifier une urgence. De plus, le requérant a contribué à la situation d'urgence en saisissant le juge près de quatre mois après la décision contestée. La requête a été rejetée sans qu'il soit nécessaire d'examiner l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de la décision.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 juillet 2025, M. A C, représenté par Me Gaudre Cœur-Uni, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision en date du 13 mars 2025 par laquelle la préfète de la Mayenne a refusé l'examen de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour ;

2°) d'enjoindre à la préfète de la Mayenne de procéder à l'examen de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour en qualité de " travailleur " ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement, à titre principal, à son profit d'une somme de 1400 euros en applications de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, et, à titre subsidiaire, à son conseil la somme de 1400€ hors taxe au titre de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

-la condition d'urgence est remplie dès lors que sa présence en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public ; la décision le place dans l'incapacité de régulariser sa situation et l'expose au risque de perdre son emploi qu'il occupe depuis août 2022 et de se retrouver sans revenus ; la décision préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation personnelle ;

-il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête en annulation de la décision attaquée ;

Vu

-le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Vu la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. B, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 du même code dispose toutefois que : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

3. Pour justifier l'urgence à suspendre l'exécution de la décision attaquée, M C soutient que celle-ci risque de le placer dans l'incapacité de régulariser sa situation, l'expose au risque de perdre son emploi qu'il occupe depuis août 2022 et de le priver de revenus. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le préfet de l'Oise a édicté, le 14 avril 2023, un refus de séjour et une obligation de quitter le territoire français à l'encontre du requérant et que l'intéressé n'a, ni déféré à cette mesure d'éloignement, ni ne l'a contestée. Il ne peut donc se prévaloir de son activité professionnelle exercée alors qu'il était en situation irrégulière en France pour soutenir que la décision litigieuse porterait gravement atteinte à ses intérêts. Par ailleurs, alors même qu'il a saisi le préfet de la Mayenne d'un recours gracieux, M. C n'a attendu que le 7 juillet 2025 pour saisir le juge des référés de la décision attaquée prise le 13 mars précédent, contribuant ainsi lui-même à la situation d'urgence dont il se prévaut. Au regard de ces éléments, la condition d'urgence requise par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'apprécier l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, que la requête de M. C doit être rejetée en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. M. A C.

Copie en sera adressée au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.

Fait à Nantes, le 11 juillet 2025.

Le juge des référés,

Y. B

La République mande et ordonne au préfet de la Mayenne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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