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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2513602

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2513602

mercredi 13 août 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2513602
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSELARL SERRE ODIN EMMANUELLI

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nantes, statuant en référé, a rejeté la requête de la société Sucrepice qui demandait la suspension d’une amende administrative de 41 000 euros infligée par le ministre de l’intérieur sur le fondement de l’article L. 8253-1 du code du travail. Le juge a constaté que l’infraction ayant motivé l’amende avait été commise à Paris, ce qui rendait le tribunal de Nantes territorialement incompétent en application des articles R. 312-16 et R. 221-3 du code de justice administrative. En conséquence, la demande a été rejetée sans examen de l’urgence ou du doute sérieux sur la légalité de la décision.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 août 2025, la société Sucrepice, représentée par Me Odin, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 18 novembre 2024 par laquelle le ministre de l'intérieur a mis à sa charge la somme de 41 000 euros au titre de l'amende administrative prévue par l'article L. 8253-1 du code du travail ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Vu la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Thomas, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. Lorsque la suspension est prononcée, il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision dans les meilleurs délais. La suspension prend fin au plus tard lorsqu'il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision ". L'article L. 522-3 dudit code dispose que " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. D'autre part, aux termes de l'article R. 522-8-1 du code de justice administrative : " Par dérogation aux dispositions du titre V du livre III du présent code, le juge des référés qui entend décliner la compétence de la juridiction rejette les conclusions dont il est saisi par voie d'ordonnance ".

3. Enfin, aux termes de l'article R. 312-16 du code de justice administrative : " Les contestations relatives à l'amende administrative instituée par l'article L. 8253-1 du code du travail sont portées devant le tribunal administratif dans le ressort duquel l'infraction a été constatée ". Enfin, aux termes de l'article R. 221-3 du même code : " Le siège et le ressort des tribunaux administratifs sont fixés comme suit : () Nantes : () Loire-Atlantique, Maine-et-Loire, Mayenne, Sarthe, Vendée ".

4. Il résulte de l'instruction que l'infraction ayant donné lieu au prononcé de l'amende administrative en litige a été constatée dans le cinquième arrondissement de Paris. Ainsi, la requête en référé de la société Sucrepice ne relève pas de la compétence du tribunal administratif de Nantes. Il y a donc lieu, en application de l'article R. 522-8-1 du code de justice administrative, de rejeter cette requête pour incompétence territoriale du tribunal administratif de Nantes.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la société Sucrepice est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Sucrepice.

Fait à Nantes le 13 août 2025.

La juge des référés,

S. THOMAS

La République mande et ordonne au ministre de l'Etat, ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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