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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2514451

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2514451

mercredi 27 août 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2514451
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantKPONDJO

Résumé IA

Cette ordonnance du Tribunal Administratif de Nantes rejette la requête en référé suspension de Mme B, ressortissante camerounaise, qui contestait le refus du préfet de la Sarthe de lui délivrer un titre de séjour "recherche d'emploi ou création d'entreprise" sur le fondement de l'article L. 422-10 du CESEDA. Le juge des référés estime que la condition d'urgence n'est pas remplie, car la requérante n'a pas sollicité le renouvellement de son titre "étudiant" mais un nouveau titre, et ne justifie pas de circonstances particulières (comme des opportunités d'emploi concrètes) rendant nécessaire une mesure provisoire immédiate. En application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, la requête est rejetée sans instruction ni audience.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 20 août 2025, Mme A B, représentée par Me Kpondjo, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 25 juillet 2025 par laquelle le préfet de la Sarthe a refusé de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " recherche d'emploi ou création d'entreprises " ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Sarthe, à titre principal, de lui délivrer un récépissé ou une autorisation provisoire de séjour, dans l'attente de la fin de l'instruction de sa demande, dans un délai maximum de deux semaines, et, à titre subsidiaire, de procéder à un nouvel examen de sa situation dans un délai maximum de deux mois ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que son titre de séjour expire le 25 août 2025 et que du fait de la décision attaquée, elle se trouvera en situation irrégulière sur le territoire français et ne pourra ni travailler, ni bénéficier d'une assurance maladie ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Le Lay, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante camerounaise née en 1999 et titulaire d'un titre de séjour étudiant, a sollicité la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " recherche d'emploi ou création d'entreprise ". Par décision du 25 juillet 2025, le préfet de la Sarthe a refusé de faire droit à cette demande.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ". En vertu de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

4. D'autre part, aux termes de l'article L. 422-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, relatif à la délivrance de la carte de séjour portant la mention " recherche d'emploi ou création d'entreprise ": " L'étranger titulaire d'une assurance maladie qui justifie soit avoir été titulaire d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle portant la mention " étudiant " délivrée sur le fondement des articles L. 422-1, L. 422-2 ou L. 422 6 et avoir obtenu dans un établissement d'enseignement supérieur habilité au plan national un diplôme au moins équivalent au grade de master ou figurant sur une liste fixée par décret, soit avoir été titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " talent chercheur " délivrée sur le fondement de l'article L. 421-14 et avoir achevé ses travaux de recherche, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " recherche d'emploi ou création d'entreprise " d'une durée d'un an dans les cas suivants : / 1° Il entend compléter sa formation par une première expérience professionnelle, sans limitation à un seul emploi ou à un seul employeur ; / 2° Il justifie d'un projet de création d'entreprise dans un domaine correspondant à sa formation ou à ses recherches ".

5. Il résulte de l'instruction que Mme B n'a pas sollicité le renouvellement de sa carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " valable jusqu'au 25 août 2025 mais la délivrance d'un autre titre de séjour, sur le fondement de l'article L. 422-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En se bornant à soutenir que la décision en litige la place en situation irrégulière et fait obstacle à ce qu'elle travaille et bénéficie d'une assurance maladie, sans apporter de précisions sur ses recherches d'emploi et d'éventuelles opportunités de recrutement, elle ne justifie pas de circonstances particulières caractérisant une urgence à suspendre les effets de cette décision.

6. Il y a lieu, par suite, de rejeter la requête de Mme B en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Fait à Nantes, le 27 août 2025.

La juge des référés,

Y. LE LAY

La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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