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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2514696

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2514696

vendredi 12 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2514696
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantLANTHEAUME

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la décision du ministre de l'intérieur refusant un visa de long séjour à M. A B. La requête a été jugée manifestement irrecevable car les requérants n'avaient pas introduit de requête distincte en annulation contre la décision contestée, condition préalable à une demande de suspension. En application de l'article L. 522-3 du même code, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 août 2025 sous le numéro 2514696, M. C A B et la SAS HAPPY NETT, représentés par Me Lantheaume, demandent au juge des référés :

1°) sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du ministre de l'intérieur en date du 4 août 2025 portant, après réexamen en exécution de l'ordonnance n° 2508132 du 17 juillet 2025, refus de délivrance d'un visa de long séjour en qualité d'entrepreneur/profession libérale à M. A B, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de réexaminer la situation dans le délai de dix jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à M. A B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il et elle soutiennent que :

- la condition d'urgence est satisfaite compte tenu des diligences accomplies en vue de l'obtention du visa comme de la nécessité d'intégrer rapidement M. A B, qui a quitté son emploi et ne dispose plus de revenus en Tunisie pour se consacrer pleinement à la création et au développement de la société, au sein des effectifs de cette dernière pour y occuper les fonctions de président, sauf à perdre l'opportunité de cette association ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, entachée d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation.

Vu :

- la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, a désigné Mlle Wunderlich, vice-présidente, pour statuer en matière de référés.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes du second alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentés par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière. ". Et en vertu de l'article L. 522-3 du même code, lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci est irrecevable, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans instruction ni audience.

2. Si M. A B et la SAS HAPPY NETT présentent, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, des conclusions à fin de suspension, ils n'ont pas introduit par ailleurs de requête distincte à fin d'annulation contre la décision du ministre dont ils sollicitent la suspension de l'exécution. Leur requête est, dès lors, manifestement irrecevable et doit être rejetée selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A B et la SAS HAPPY NETT.

Fait à Nantes, le 12 septembre 2025.

La vice-présidente, juge des référés,

A.-C. WUNDERLICH

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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