jeudi 11 septembre 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2515386 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | VERDIER |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête enregistrée le 5 septembre 2025 sous le numéro 2515381, Mme B A, représentée par Me Verdier, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de la décision du 2 juin 2025 du chef d'établissement de la faculté de psychologie de Nantes Université lui refusant son inscription en Master 1 de psychologie parcours psychopathologie, clinique et santé ;
2°) d'enjoindre au chef d'établissement de procéder à son inscription à titre provisoire dans un délai de huit jours à compter de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de Nantes Université la somme de 2.000 euros hors taxe à verser à son conseil au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la décision contestée la prive de la possibilité de poursuivre ses études en début d'année universitaire et fait obstacle à la réalisation de son projet professionnel de devenir psychologue ;
- il existe des moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision dont elle demande la suspension ; il n'est pas établi que les modalités de sélection en Master ont fait l'objet d'une délibération du conseil d'administration ni que la délibération du conseil d'administration de l'université fixant les capacités d'accueil pour l'accès à la première année du deuxième cycle et déterminant les modalités de la sélection des étudiants aurait fait l'objet d'un contrôle de légalité du recteur d'académie conformément aux dispositions de l'article L. 719-7 du code de l'éducation ; elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que le chef d'établissement s'est placé ou a été placé en situation de compétence lié ; aucun élément n'est produit permettant de vérifier la régularité de la procédure suivie ; il n'est pas établi que le téléservice " monmaster.gouv.fr " par lequel a transité sa candidature soit conforme aux exigences du référentiel général de sécurité relatives aux fonctions d'identification et de signature électronique ; elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'éducation et de l'article L. 712-3 du même code faute de permettre au tribunal de contrôler le caractère fondé du motif retenu.
II. Par une requête enregistrée le 5 septembre 2025 sous le numéro 2515382, Mme B A, représentée par Me Verdier, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de la décision du 2 juin 2025 du chef d'établissement de la faculté de psychologie de Nantes Université lui refusant son inscription en Master 1 de psychologie, parcours psychologie clinique et psychopathologie plurielles ;
2°) d'enjoindre au chef d'établissement de procéder à son inscription à titre provisoire dans un délai de huit jours à compter de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de Nantes Université la somme de 2.000 euros hors taxe à verser à son conseil au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir les mêmes moyens que pour sa requête enregistrée sous le n° 2515381.
III. Par une requête enregistrée le 5 septembre 2025 sous le numéro 2515383, Mme B A, représentée par Me Verdier, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de la décision du 2 juin 2025 du chef d'établissement de l'UFR lettres, langues et sciences humaines de l'Université d'Angers lui refusant son inscription en Master 1 de psychologie clinique, psychopathologie et psychologie de la santé parcours psychologie du vieillissement normal et pathologique ;
2°) d'enjoindre au chef d'établissement de procéder à son inscription à titre provisoire dans un délai de huit jours à compter de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Université d'Angers la somme de 2.000 euros hors taxe à verser à son conseil au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir les mêmes moyens que pour sa requête enregistrée sous le n° 2515381.
IV. Par une requête enregistrée le 5 septembre 2025 sous le numéro 2515384, Mme B A, représentée par Me Verdier, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de la décision du 2 juin 2025 du chef d'établissement des facultés libres de l'Ouest de l'Université Catholique de l'Ouest - Angers lui refusant son inscription en Master 1 de psychopathologie clinique psychanalytique parcours clinique du développement, accompagnement et handicap ;
2°) d'enjoindre au chef d'établissement de procéder à son inscription à titre provisoire dans un délai de huit jours à compter de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Université Catholique de l'Ouest la somme de 2.000 euros hors taxe à verser à son conseil au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir les mêmes moyens que pour sa requête enregistrée sous le n° 2515381.
V. Par une requête enregistrée le 5 septembre 2025 sous le numéro 2515386, Mme B A, représentée par Me Verdier, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de la décision du 2 juin 2025 du chef d'établissement des facultés libres de l'Ouest de l'Université Catholique Ouest - Bretagne Nord - Guingamp lui refusant son inscription en Master 1 de psychologie parcours psychologie clinique intégrative ;
2°) d'enjoindre au chef d'établissement de procéder à son inscription à titre provisoire dans un délai de huit jours à compter de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Université Catholique Ouest la somme de 2.000 euros hors taxe à verser à son conseil au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir les mêmes moyens que pour sa requête enregistrée sous le n° 2515381.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- les requêtes enregistrées les 19, 20 et 21 août 2025 sous les n° 2514310, 2514407, 2514460, 2514471, 2514472 par lesquelles Mme A demande l'annulation des décisions attaquées.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- l'arrêté du 5 février 2025 relatif au calendrier de la procédure dématérialisée de candidature et de recrutement en première année des formations conduisant au diplôme national de master au titre de l'année universitaire 2025-2026 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Rosier, premier conseiller, pour statuer sur les demandes en référé.
Considérant ce qui suit :
Sur la jonction :
1. Les requêtes enregistrées sous les numéros 2515381, 2515382, 2515383, 2515384, et 2515386 concernent la même requérante et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par une seule ordonnance.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2 Aux termes, d'une part, du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence (), le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
3. Aux termes, d'autre part, de l'article D. 612-36-2 du code de l'éducation : " I. - Les établissements autorisés par l'Etat à délivrer le diplôme national de master organisent leur processus de recrutement en première année des formations conduisant à ce diplôme et préparent l'inscription dans ces formations au moyen d'une procédure dématérialisée gérée par une plateforme nationale, mise en œuvre par arrêté du ministre chargé de l'enseignement supérieur qui fixe les règles relatives au traitement des données afférant au fonctionnement de la plateforme. () II. - La procédure dématérialisée de recrutement comprend une phase principale, une phase complémentaire et une phase de gestion des désistements. / Le calendrier de ces différentes phases est défini annuellement par arrêté du ministre chargé de l'enseignement supérieur. / La phase principale et la phase complémentaire permettent de candidater en première année des formations conduisant au diplôme national de master. / La phase de gestion des désistements permet d'adresser des propositions d'admission aux candidats qui, au terme de la phase complémentaire, disposent de placements sur liste d'attente ou de placements en recherche de contrat. / La phase principale et la phase complémentaire comportent chacune une phase de dépôt des candidatures par le candidat, une phase d'examen des candidatures par les établissements selon des modalités propres à chacun d'eux et une phase d'admission. () ". Aux termes de l'article D. 612-36-2-2 de ce code : " I.- Lors de la phase principale d'admission, les candidats reçoivent, via la plateforme dématérialisée, le résultat de l'examen de leurs candidatures. Ils sont informés, pour chaque candidature, soit de la proposition d'admission qui leur est faite, soit de leur position sur liste d'attente, soit du refus opposé à leur candidature. () III. - Si un candidat fait valoir, via la plateforme dématérialisée, des circonstances exceptionnelles de nature à justifier la modification des décisions qu'il a prises en application du présent article, il peut se voir attribuer un placement sur liste d'attente dans les formations auxquelles il avait candidaté, en fonction de sa position initiale dans le classement. ". Aux termes de l'article D. 612-36-2-3 du même code : " I- La phase complémentaire est ouverte aux candidats qui, à l'issue de la phase principale, ne disposent d'aucune proposition d'admission acceptée définitivement ainsi qu'aux personnes n'ayant pas participé à cette phase. () ". Aux termes de l'article D. 612-36-2-4 dudit code : " Au terme de la phase complémentaire d'admission, le candidat disposant encore de placements sur liste d'attente au titre de certaines de ses candidatures est informé qu'il n'a pas été donné de suite favorable à ces candidatures. Ces décisions, prises par les chefs des établissements concernés, sont notifiées au candidat via la plateforme dématérialisée. La phase de gestion des désistements est ouverte au candidat qui, au terme de la phase complémentaire, bénéficie uniquement de placements sur liste d'attente. () ".
4. Aux termes, enfin, de l'article 1er de l'arrêté du 5 février 2025 : " La procédure dématérialisée mentionnée à l'article D. 612-36-2 du code de l'éducation comprend : / 1° Une phase principale qui se déroule du 25 février 2025 au 16 juin 2025, à 23 h 59 (heure de Paris) ; / 2° Une phase complémentaire qui se déroule du 17 juin 2025 au 17 juillet 2025, à 23 h 59 (heure de Paris) ; / 3° Une phase de gestion des désistements qui se déroule du 18 juillet 2025 au 31 août 2025, à 23 h 59 (heure de Paris). ".
5. Il résulte de ces dispositions que l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
6. Il ressort des pièces du dossier que les décisions du 2 juin 2025 des chefs d'établissement de la faculté de psychologie de Nantes Université, de l'UFR lettres, langues et sciences humaines de l'Université d'Angers, des facultés libres de l'Ouest de l'Université Catholique Ouest - Angers et de l'Université Catholique Ouest Bretagne Nord - Guingamp, lui refusant son inscription en Master 1 en psychologie au titre de l'année universitaire 2025/2026, dont la requérante demande la suspension, ont été prises durant la phase principale d'admission des candidatures qui s'est déroulée du 25 février 2025 au 16 juin 2025. Ce refus n'implique pas nécessairement que l'intéressée, qui doit attendre l'achèvement de la phase complémentaire voire de la troisième phase de la procédure dématérialisée de recrutement prévue par les dispositions de l'article D. 612-36-2 du code de l'éducation pour connaître de manière définitive les propositions de formation qui lui sont faites, soit privée de la possibilité de suivre la formation à laquelle elle a postulé. Les décisions contestées n'ayant donc pas, pour l'instant, nécessairement pour conséquence de la priver de la possibilité de poursuivre ses études durant l'année universitaire 2025/2026, la condition d'urgence prévue par l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut, en l'état de l'instruction, être regardée comme satisfaite.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité des décisions litigieuses, que les requêtes de Mme A doivent être rejetées pour défaut d'urgence en toutes leurs conclusions selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
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O R D O N N E :
Article 1er : Les requêtes numéros 2515381, 2515382, 2515383, 2515384 et 2515386 de Mme A sont rejetées.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Copie en sera adressée à Nantes Université, à l'Université d'Angers, à l'Université Catholique Ouest - Angers et à l'Université Catholique Ouest - Bretagne Nord - Guingamp.
Fait à Nantes, le 11 septembre 2025.
Le juge des référés,
P. Rosier
La République mande et ordonne à la ministre d'Etat, ministre de l'éducation nationale, en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N° 2515381,
1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026