mardi 30 septembre 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2515779 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | - Etrangers - 15 jours |
| Avocat requérant | PASTEUR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 septembre 2025, M. C... B..., représenté par Me Pasteur, demande au tribunal :
1°) de désigner un interprète en langue anglaise pour l’audience à venir ;
2°) d’annuler l’arrêté du 5 septembre 2025, notifié le même jour, par lequel le préfet de la Loire-Atlantique l’a assigné à résidence sur la commune de Nantes pour une durée de quarante-cinq jours ;
3°) d’enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de dix jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 75 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique.
Il soutient que :
- l’arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;
- il est entaché d’une insuffisance de motivation ;
- son édiction n’a pas été précédée d’un examen de sa situation personnelle ;
- il est illégal, par voie d’exception, les décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français, fixation du pays de destination, refus d’accorder un délai de départ volontaire et interdiction de retour sur le territoire français étant entachées d’illégalité ;
- il méconnaît les dispositions de l’article L. 731-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile dès lors que le préfet s’est uniquement fondé sur le fait qu’il ne justifie pas d’une adresse vérifiée ;
- la mesure d’assignation à résidence est disproportionnée et entachée d’une erreur manifeste d'appréciation.
M. B... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 15 septembre 2025.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Sarda, premier conseiller, pour statuer sur les litiges relevant de la procédure prévue à l’article L. 921-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique du 22 septembre 2025 :
- le rapport de M. Sarda, magistrat désigné,
- les observations de Me Pasteur, avocate de M. B..., qui déclare se désister de ses conclusions à fin de désignation d’un interprète et qui soulève trois moyens nouveaux tirés de ce que, d’une part, la préfecture n’apporte pas la preuve que le requérant a fait l’objet d’une décision portant obligation de quitter le territoire français de sorte que la mesure d’assignation à résidence contestée a été prise en méconnaissance des dispositions de l’article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, d’autre part, l’arrêté attaqué a été pris en méconnaissance de son droit à être entendu, et, enfin, ce même arrêté viole son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
- et les observations de M. B..., assisté de Mme A..., interprète,
- le préfet de la Loire-Atlantique n’étant ni présent ni représenté.
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 5 septembre 2025, notifié le même jour, le préfet de la Loire-Atlantique a assigné à résidence M. C... B..., ressortissant nigérian, né le 25 octobre 1999, pour une durée maximale de 45 jours, et lui a fait obligation de se présenter chaque mardi, entre 8 heures et 9 heures, au commissariat central de police de Nantes. M. B... demande l’annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin de désignation d’un interprète :
2. M. B... a déclaré, à l’audience, se désister de sa demande tendant à ce qu’un interprète en langue anglaise soit désigné pour l’assister. Rien ne s’oppose à ce qu’il en soit donné acte.
Sur les conclusions à fin d’annulation :
3. Aux termes de l’article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; (…) ».
4. M. B... doit être regardé comme soutenant, lors de l’audience, que la décision d’assignation à résidence attaquée est entachée d’un défaut de base légale au regard des dispositions précitées de l’article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. L’intéressé remet ainsi en cause l’existence d’une décision du 15 octobre 2024 portant obligation de quitter le territoire français, prise à son encontre par le préfet de la Loire-Atlantique et sur laquelle est fondée l’arrêté litigieux. Le préfet de la Loire-Atlantique, qui n’a pas produit de mémoire en défense et n’était ni présent, ni représenté lors de l’audience, n’apporte aucun élément de nature à établir l’existence de cette mesure d’éloignement. Par suite, M. B... est fondé à soutenir que l’arrêté attaqué est entaché d’un défaut de base légale.
5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. B... est fondé à demander l’annulation de l’arrêté du 5 septembre 2025 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique l’a assigné à résidence sur la commune de Nantes pour une durée de 45 jours.
Sur les conclusions aux fins d’injonction et d’astreinte :
6. Le présent jugement, qui prononce l’annulation de l’arrêté portant assignation à résidence de M. B..., n’implique aucune mesure d’exécution. Les conclusions à fin d’injonction et d’astreinte présentées par le requérant doivent, par suite, être rejetées.
Sur les frais d’instance :
7. M. B... a obtenu le bénéfice de l’aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions combinées des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, et sous réserve qu’elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat, de mettre à la charge de l’Etat le versement à Me Pasteur, d’une somme de 1 000 euros.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions de M. B... tendant à la désignation d’un interprète.
Article 2 : : L’arrêté du préfet de la Loire-Atlantique du 5 septembre 2025 portant assignation à résidence est annulé.
Article 3 : L’Etat versera à Me Pasteur, avocate de M. B..., la somme de 1 000 (mille) euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C... B..., à Me Pasteur et au préfet de la Loire-Atlantique.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2025.
Le magistrat désigné,
M. SARDA
La greffière,
L. LÉCUYER
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026