mercredi 8 octobre 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2516084 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ALOUANI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 septembre 2025, M. A... B... et Mme D... C..., représentés par Me Alouani, demandent au juge des référés :
1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision implicite par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d’entrée en France a rejeté le recours administratif préalable obligatoire formé contre la décision du 16 avril 2025 de l’autorité consulaire française à Tunis (Tunisie) refusant de délivrer à M. B... un visa de long séjour en qualité de conjoint de ressortissant français;
2°) d’enjoindre au ministre de l’intérieur de procéder à un nouvel examen de la demande de visa de M. B... dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la condition d’urgence est satisfaite dès lors que les requérants vivent en concubinage depuis 2023, qu’ils sont mariés depuis le 29 juin 2024 et justifient de la réalité et du maintien de leur communauté de vie ; ils se sont engagés dans un protocole de procréation médicalement assistée qui ne peut se réaliser sans la présence de M. B... et vivent très mal cette séparation ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, entachée de vice de procédure et d’erreur de fait puisque Mme C... s’est rendue en Tunisie pour retrouver son époux du 29 novembre au 16 décembre 2024 et du 18 mars au 31 mars 2025.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er octobre 2025, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
la condition d’urgence n’est pas satisfaite dès lors qu’un refus de visa ne constitue pas une urgence ; ensuite, pour justifier du maintien de leur relation, les requérants ne produisent que deux photos de 2024 et ne versent aucun document pour démontrer leur vie commune avant ou après leur mariage ; en outre, ils ne produisent qu’un seul certificat médical du 5 avril 2023 faisant état du suivi par le couple d’un dans un centre d’assistance médicale à la procréation ; enfin, les requérants n’ont pas fait preuve d’une diligence particulière puisqu’ils ont attendu deux mois avant de saisir le juge des référés de la décision contestée ;
aucun des moyens soulevés par les requérants n’est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée : le moyen tiré du vide de procédure manque en fait et un faisceau d’indices permet d’établir que M. B... a contracté mariage dans le seul but de s’établir sur le territoire français alors que la décision ne porte pas une atteinte excessive à leur vie privée et familiale.
Vu :
- la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, a désigné M. Rosier, premier conseiller, pour statuer en matière de référés.
Ont été entendus au cours de l’audience publique du 3 octobre 2025 à 9h30, à laquelle les parties ont été régulièrement convoquées :
- le rapport de M. Rosier, juge des référés,
- et les observations de la représentante du ministre de l’intérieur.
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.
Considérant ce qui suit :
M. A... B... et Mme D... C... demandent au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, d’ordonner la suspension de l’exécution de la décision implicite par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d’entrée en France a rejeté le recours administratif préalable obligatoire formé contre la décision du 16 avril 2025 de l’autorité consulaire française à Tunis (Tunisie) refusant de délivrer à M. B... un visa de long séjour en qualité de conjoint de ressortissant français.
Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (...) ».
La condition d’urgence à laquelle est subordonné le prononcé d’une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande tendant à la suspension d’une telle décision, d’apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue.
Pour justifier de l’urgence à suspendre l’exécution de la décision en litige refusant de délivrer à M. B..., ressortissant tunisien, un visa de long séjour en qualité de conjoint de ressortissante française, les requérants font valoir, que mariés en France le 29 juin 2024, ils sont contraints de vivre séparés, ce qui préjudicie à leur situation. Il résulte toutefois des propres écritures de Mme C..., corroborées par les pièces versées à l’instance, que celle-ci se rend régulièrement en Tunisie pour visiter son époux depuis qu’il a quitté la France le 29 novembre 2024 pour y solliciter un visa, sans que les contraintes professionnelles alléguées, responsables selon la requérante de la limitation de la fréquence et de la durée de ses déplacements, ne soient justifiées. En outre, la seule production d’un certificat médical daté du 18 août 2025, faisant état d’une demande d’avis sur un suivi pour une procréation médicalement assistée, ne suffit pas à justifier l’urgence, au sens et pour l’application de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, qui s’attacherait à la suspension de la décision en litige avant que le juge du fond ne se prononce.
Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l’existence d’un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, qu’il y a lieu d rejeter la requête en toutes ses conclusions.
O R D O N N E:
Article 1er : La requête de M. B... et de Mme C... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B..., à Mme D... C... et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.
Fait à Nantes, le 8 octobre 2025.
Le juge des référés,
P. ROSIER
La greffière,
J. DIONIS
La République mande et ordonne au ministre d’Etat, ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026