Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 septembre 2025, M. F... D... et Mme A... D..., agissant en leur nom propre et en qualité de représentants légaux des enfants I... D..., B... D..., C... D..., G... D..., et M. H... D... représentés par Me Gommeaux, demandent au juge des référés :
1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution des décisions implicites par lesquelles la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a implicitement rejeté le recours formé contre les décisions du 9 février 2025 par lesquelles les autorités consulaires à Téhéran (Iran) ont refusé de délivrer un visa d’entrée et de séjour en France au titre de la réunification familiale à M. F... D..., Mme A... D... et aux enfants I... D..., B... D..., C... D..., G... D...;
2°) d’enjoindre à l’administration de procéder au réexamen des demandes de visas et de prendre une décision expresse sur celles-ci dans un délai de sept jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat le versement de la somme de 1800 euros en application des dispositions l’article L.761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la condition tenant à l’urgence est satisfaite dès lors que le réunifiant est séparé de ses parents et de ses frères et sœurs depuis cinq années ; il a été diligent ; la famille est dans une situation précaire en Iran ; elle est exposée à un risque d’expulsion vers l’Afghanistan ; les conditions de vie de la famille sont difficiles ; le casier judiciaire du réunifiant est vierge, la plainte pour viol le visant ayant été classée sans suite.
- il existe un doute sérieux sur la légalité des décisions attaquées.
Vu
- la requête en annulation des décisions attaquées ;
- les autres pièces du dossier.
Vu
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. E... pour statuer sur les demandes de référé en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ». Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique (...) ». Aux termes de l’'article L. 522-3 de ce code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».
2. La condition d’urgence à laquelle est subordonné le prononcé d’une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande tendant à la suspension d’une telle décision, d’apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue.
3. Pour justifier l’urgence d’une suspension de l’exécution des décisions implicites par lesquelles la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France (CRRV) a implicitement rejeté le recours formé contre les décisions du 9 février 2025 par lesquelles les autorités consulaires à Téhéran (Iran) ont refusé de délivrer un visa d’entrée et de séjour en France au titre de la réunification familiale à M. F... D..., Mme A... D... et aux enfants I... D..., B... D..., C... D..., G... D..., les requérants, ressortissants afghans, mettent en avant la durée de séparation de la famille, les conditions de vie de celle-ci en Iran ainsi que les risques pesant sur ses membres dans leur pays d’origine. Cependant, il ne ressort pas des pièces du dossier que les demandeurs de visas sont soumis à une situation de précarité ou à des traitements inhumains ou dégradants graves en Iran. S’ils se prévalent de l’irrégularité de leur séjour dans ce pays depuis le 5 février 2025, ils n’établissent pas y avoir sollicité en vain ou s’être vu refuser un renouvellement de leurs visas iraniens. Enfin, il n’est pas établi que les demandeurs de visas sont exposés personnellement et à brève échéance, d’une part, à risque d’expulsion vers l’Afghanistan, d’autre part, à des risques pour leur vie ou leur santé dans leur pays d’origine. Au regard de l’ensemble de ces éléments, les décisions de la CRRV ne portent pas une atteinte suffisamment grave aux intérêts des requérants nécessitant l’intervention du juge des référés avant qu’il ne soit statué sur le recours en annulation déposé par les intéressés. Dans ces conditions, la condition d’urgence à laquelle est subordonné le prononcé d’une mesure de suspension sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie en l’espèce.
4. Par conséquent, il y a lieu de rejeter la présente requête, en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de MM. et Mme D... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. F... D..., à Mme A... D... et à M. H... D....
Copie en sera adressée au ministre d’Etat, ministre de l’intérieur.
Fait à Nantes, le 2 octobre 2025.
Le juge des référés,
Y. E...
La République mande et ordonne au ministre d’Etat, ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 septembre 2025, M. F... D... et Mme A... D..., agissant en leur nom propre et en qualité de représentants légaux des enfants I... D..., B... D..., C... D..., G... D..., et M. H... D... représentés par Me Gommeaux, demandent au juge des référés :
1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution des décisions implicites par lesquelles la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a implicitement rejeté le recours formé contre les décisions du 9 février 2025 par lesquelles les autorités consulaires à Téhéran (Iran) ont refusé de délivrer un visa d’entrée et de séjour en France au titre de la réunification familiale à M. F... D..., Mme A... D... et aux enfants I... D..., B... D..., C... D..., G... D...;
2°) d’enjoindre à l’administration de procéder au réexamen des demandes de visas et de prendre une décision expresse sur celles-ci dans un délai de sept jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat le versement de la somme de 1800 euros en application des dispositions l’article L.761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la condition tenant à l’urgence est satisfaite dès lors que le réunifiant est séparé de ses parents et de ses frères et sœurs depuis cinq années ; il a été diligent ; la famille est dans une situation précaire en Iran ; elle est exposée à un risque d’expulsion vers l’Afghanistan ; les conditions de vie de la famille sont difficiles ; le casier judiciaire du réunifiant est vierge, la plainte pour viol le visant ayant été classée sans suite.
- il existe un doute sérieux sur la légalité des décisions attaquées.
Vu
- la requête en annulation des décisions attaquées ;
- les autres pièces du dossier.
Vu
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. E... pour statuer sur les demandes de référé en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ». Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique (...) ». Aux termes de l’'article L. 522-3 de ce code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».
2. La condition d’urgence à laquelle est subordonné le prononcé d’une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande tendant à la suspension d’une telle décision, d’apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue.
3. Pour justifier l’urgence d’une suspension de l’exécution des décisions implicites par lesquelles la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France (CRRV) a implicitement rejeté le recours formé contre les décisions du 9 février 2025 par lesquelles les autorités consulaires à Téhéran (Iran) ont refusé de délivrer un visa d’entrée et de séjour en France au titre de la réunification familiale à M. F... D..., Mme A... D... et aux enfants I... D..., B... D..., C... D..., G... D..., les requérants, ressortissants afghans, mettent en avant la durée de séparation de la famille, les conditions de vie de celle-ci en Iran ainsi que les risques pesant sur ses membres dans leur pays d’origine. Cependant, il ne ressort pas des pièces du dossier que les demandeurs de visas sont soumis à une situation de précarité ou à des traitements inhumains ou dégradants graves en Iran. S’ils se prévalent de l’irrégularité de leur séjour dans ce pays depuis le 5 février 2025, ils n’établissent pas y avoir sollicité en vain ou s’être vu refuser un renouvellement de leurs visas iraniens. Enfin, il n’est pas établi que les demandeurs de visas sont exposés personnellement et à brève échéance, d’une part, à risque d’expulsion vers l’Afghanistan, d’autre part, à des risques pour leur vie ou leur santé dans leur pays d’origine. Au regard de l’ensemble de ces éléments, les décisions de la CRRV ne portent pas une atteinte suffisamment grave aux intérêts des requérants nécessitant l’intervention du juge des référés avant qu’il ne soit statué sur le recours en annulation déposé par les intéressés. Dans ces conditions, la condition d’urgence à laquelle est subordonné le prononcé d’une mesure de suspension sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie en l’espèce.
4. Par conséquent, il y a lieu de rejeter la présente requête, en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de MM. et Mme D... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. F... D..., à Mme A... D... et à M. H... D....
Copie en sera adressée au ministre d’Etat, ministre de l’intérieur.
Fait à Nantes, le 2 octobre 2025.
Le juge des référés,
Y. E...
La République mande et ordonne au ministre d’Etat, ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,