Le Tribunal administratif de Nantes, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension du refus de visa long séjour opposé au jeune B... A... par l'autorité consulaire française à Dakar. Le juge a estimé que la condition d'urgence particulière n'était pas remplie, car le requérant n'a pas démontré une atteinte grave et immédiate à sa situation, notamment en l'absence d'élément établissant qu'il ne pourrait pas être scolarisé dans son pays d'origine. La décision a été prise sur le fondement des articles L. 521-1 et L. 522-3 du code de justice administrative, sans qu'il soit nécessaire d'attendre la décision de la commission de recours contre les refus de visa.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 septembre 2025, M. C... A..., agissant en son nom propre et en qualité de représentant légal de son fils mineur B... A..., représenté par Me Babou, demande au juge des référés :
1°) d’ordonner sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative la suspension de l’exécution de la décision du 26 août 2025 de l’autorité consulaire française à Dakar (Sénégal) refusant de délivrer un visa long séjour au jeune B... A... en qualité de mineur à scolariser ;
2°) d’enjoindre à l’autorité consulaire française à Dakar de lui délivrer le visa demandé dans le délai d’un mois à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros à verser en application des dispositions de l’article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition tenant à l’urgence est satisfaite compte tenu de la rentrée scolaire au sein de la Sports Études Academy prévue le 9 septembre 2025 ; ce retard préjudicie au jeune B... A... et compromet son parcours éducatif spécifique ; il crée un préjudice psychologique et moral pour l’enfant et financier pour son père ; le refus porte atteinte à l’intérêt supérieur de l’enfant garanti par les stipulations de l’article 3-1 de la convention internationale des droits de l’enfant ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.
Vu
- la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Rosier, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Aux termes du premier alinéa de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ». Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique (...) ». Aux termes de l'article L. 522-3 de ce code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».
Dans le cas où une décision administrative ne peut, comme en l’espèce, être déférée au juge qu’après l’exercice d’un recours administratif préalable, une requête tendant à la suspension de cette décision peut être présentée au juge des référés dès que ce recours préalable obligatoire a été formé, la mesure ordonnée en ce sens valant, au plus tard, jusqu'à l'intervention de la décision administrative prise sur le recours présenté par l'intéressé. Le requérant doit toutefois démontrer l’urgence particulière qui justifie la saisine du juge des référés avant même que l’administration ait statué sur le recours introduit devant elle.
En l’espèce, les circonstances invoquées par M. A... pour le jeune B... A..., ressortissant sénégalais né le 16 mars 2011, qui demande la suspension de l’exécution de la décision consulaire sans attendre que la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France ait statué sur le recours dont son père justifie l’avoir saisie, selon laquelle le refus opposé, alors que la rentrée scolaire à la Sports Études Academy a débuté le 9 septembre 2025, génère un retard qui compromet le parcours éducatif spécifique de son fils, porte atteinte à son intérêt supérieur et lui crée un préjudice psychologique, moral et financier pour lui-même, sont insuffisantes à caractériser une situation d’urgence particulière, telle qu’évoquée au point 2, justifiant la suspension des effets de la décision litigieuse avant l’intervention de la décision de la commission, quand bien même celle-ci serait postérieure à la date de la rentrée. Il ne résulte en effet aucunement de l’instruction, alors qu’il n’est pas sérieusement démontré que le demandeur ne pourrait pas faire sa rentrée scolaire dans son pays d’origine, que le refus de visa consulaire porte atteinte de manière grave et immédiate à la situation du jeune B... A....
4. Il résulte de ce qui précède que la requête doit être rejetée en toutes ses conclusions, en application de la procédure prévue aux dispositions de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C... A... et au ministre de l’intérieur.
Fait à Nantes, le 15 octobre 2025.
Le juge des référés,
P. ROSIER
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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