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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2517473

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2517473

mercredi 15 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2517473
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantZIMMERMANN

Résumé IA

Cette ordonnance du Tribunal Administratif de Nantes rejette une demande de suspension de refus de visa de long séjour pour réunification familiale présentée par Mme C... et M. B... sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Le juge des référés constate que les requérants avaient déjà vu leur précédente demande rejetée pour défaut d'urgence par une ordonnance du 24 juin 2025. Il estime que les certificats médicaux produits, bien qu'attestant d'un stress psychologique et d'un syndrome anxio-dépressif, ne démontrent pas une aggravation récente de leur état de santé depuis cette première ordonnance, et ne constituent donc pas des circonstances nouvelles suffisantes pour justifier une nouvelle saisine. En conséquence, la demande est rejetée comme manifestement mal fondée en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 octobre 2025, Mme A... C... et M. D... B..., représentés par Me Zimmermann, demandent au juge des référés :

1°) d’ordonner sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative la suspension de l’exécution de la décision implicite par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d’entrée en France a rejeté leur recours administratif préalable obligatoire formé contre la décision du 15 janvier 2025 par laquelle l’autorité consulaire française à Téhéran (Iran) a refusé de délivrer un visa de long séjour au titre de la réunification familiale à Mme A... C... ;

2°) d’enjoindre au ministre de l’intérieur de délivrer à titre provisoire le visa demandé dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de la demande de visa dans les mêmes conditions de délai et d’astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l’article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition tenant à l’urgence est satisfaite compte tenu de la durée de séparation du couple, des conditions de vie particulièrement dégradées de Mme C... en Afghanistan où elle a perdu son emploi et vit recluse, cette situation crée des troubles chez elle médicalement constatés et chez son mari qui souffre psychologiquement de cette séparation, ce dernier ayant dû attendre d’avoir les conditions matérielles et financières adaptées pour accueillir son épouse ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée :

Vu
- la décision attaquée ;
- la requête enregistrée le 16 juin 2025 sous le n°2510423 par laquelle les requérants demandent l’annulation de la décision contestée ;
- l’ordonnance n°2510436 du 24 juin 2025 ;
- les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Rosier, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ». Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique (...) ». Aux termes de l’'article L. 522-3 de ce code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».

2. Si les ordonnances par lesquelles le juge des référés fait usage de ses pouvoirs de juge de l’urgence sont exécutoires et, en vertu de l’autorité qui s’attache aux décisions de justice, obligatoires, elles sont, compte tenu de leur caractère provisoire, dépourvues de l’autorité de chose jugée. Il en résulte que la circonstance que le juge des référés a rejeté une première demande de suspension présentée sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative ne fait pas obstacle à ce que la même partie saisisse ce juge d’une nouvelle demande ayant le même objet, notamment en soulevant des moyens ou en faisant valoir des éléments nouveaux, alors même qu’ils auraient pu lui être soumis dès sa première saisine.

3. En l’espèce, il ressort des pièces du dossier que, par une ordonnance n°2510436 du 24 juin 2025, le juge des référés du tribunal de céans a rejeté pour défaut d’urgence une première requête présentée par Mme C... et M. B... tendant à la suspension de la décision implicite par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d’entrée en France a rejeté le recours contre la décision du 15 janvier 2025 par laquelle l’autorité consulaire française à Téhéran (Iran) a refusé de délivrer un visa de long séjour au titre de la réunification familiale à Mme C....

5. Pour justifier de l’existence de circonstances nouvelles leur permettant de saisir le juge des référés d’une nouvelle demande tendant à la suspension de la même décision, les requérants soutiennent qu’ils souffrent de leur séparation. Toutefois, les certificats médicaux produits, postérieurs à la décision contestée, celui du 23 mai 2025 pour Mme C..., qui évoque un stress psychologique, et celui du 1er juillet 2025 pour M. B..., qui indique que ce dernier présente un syndrome anxio-dépressif réactionnel lié à la situation familiale, ne justifient pas d’une aggravation récente de l’état de santé des requérants depuis la précédente ordonnance. Ainsi, ces seuls éléments, pour douloureux qu’ils soient, ne sont pas de nature à justifier suffisamment d’une situation pour les demandeurs de visa telle qu’elle remette en cause l’appréciation portée par le juge des référés sur l’urgence à suspendre la décision attaquée.

6. Il résulte de tout ce qui précède, que les requérants ne se prévalent d’aucune circonstance nouvelle par rapport aux motifs pour lesquels leur précédente demande de suspension a été rejetée, motifs qu’ils n’ont d’ailleurs pas contestés par la voie d’un pourvoi en cassation. Par suite, la requête doit être rejetée en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative.


ORDONNE :


Article 1er : La requête de Mme C... et de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... C..., à M. D... B... et au ministre de l’intérieur.

Fait à Nantes, le 15 octobre2025.

Le juge des référés,




P. ROSIER


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,

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