Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 novembre 2025, M. A... C... et Mme B... C..., sa fille, représentés par l’association PACE ATMF, demandent au tribunal :
1°) d’annuler les décisions du 4 novembre 2025 par lesquelles les autorités consulaires françaises à Oran (Algérie) ont refusé de leur délivrer des visas de court séjour ;
2°) d’enjoindre au ministre de l’intérieur, à titre principal, de délivrer les visas sollicités et à titre subsidiaire, de réexaminer leurs demandes de visas dans un délai de 15 jours.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…), les premiers vice-présidents des tribunaux (…) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (...) / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ».
Aux termes de l’article R. 431-2 du code de justice administrative : « Les requêtes et les mémoires doivent, à peine d’irrecevabilité, être présentés soit par un avocat, soit par un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, lorsque les conclusions de la demande tendent au paiement d'une somme d'argent, à la décharge ou à la réduction de sommes dont le paiement est réclamé au requérant ou à la solution d'un litige né de l'exécution d'un contrat (…) ». Aux termes de l’article R. 431-4 du même code : « Dans les affaires où ne s'appliquent pas les dispositions de l'article R. 431-2, les requêtes et les mémoires doivent être signés par leur auteur (…) ». L’article R. 431-5 de ce code dispose : « Les parties peuvent également se faire représenter : / 1° Par l'un des mandataires mentionnés à l'article R. 431-2 (…) ».
Aux termes de l’article D. 312-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « (…) Le sous-directeur des visas, au sein de la direction générale des étrangers en France du ministère de l'intérieur, est chargé d'examiner les recours administratifs contre les décisions de refus de visa de court séjour prises par les autorités diplomatiques ou consulaires. / La saisine de l'une ou l'autre de ces autorités, selon la nature du visa sollicité, est un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux, à peine d'irrecevabilité de ce dernier ». Aux termes de l’article D. 312-4 du même code : « Les recours administratifs doivent être formés dans un délai de trente jours à compter de la notification de la décision de refus de visa ».
En premier lieu, la requête, introduite pour M. C... et Mme C..., sa fille, a pour objet la contestation des refus de délivrance des visas de court séjour. Les requérants sont représentés par l’association PACE ATMF. Les dispositions de l’article R. 431-5 du code de justice administrative ne permettent pas à une partie de se faire représenter par un mandataire autre que l’un de ceux mentionnés à l’article R. 431-2 du même code. L’association PACE ATMF, qui ne fait pas partie des mandataires mentionnés à l’article R. 431-2 du code de justice administrative, ne peut donc valablement agir au nom de M. C... et de Mme C.... La demande de régularisation, adressée par lettre recommandée avec demande d’avis de réception, a été régulièrement présentée le 31 décembre 2025 à l’adresse indiquée par l’association et retournée au tribunal à l’expiration du délai de conservation prévu par la réglementation postale avec la mention « pli avisé et non réclamé ». Dès lors que les intéressés ont été avisés et ne sont pas allés retirer le pli dans le délai fixé par la réglementation postale, la notification doit être réputée avoir été régulièrement effectuée à la date de sa présentation. Ainsi, l’association PACE ATMF n’a pas, à l’expiration du délai d’un mois qui lui était imparti, régularisé la présente requête en y faisant apparaître la signature de M. C... et de Mme C....
En second lieu, il ressort des pièces du dossier que les décisions du 4 novembre 2025 par lesquelles les autorités consulaires françaises à Alger ont refusé de délivrer des visas de court séjour à M. C... et à Mme C... comportaient la mention des voies et délais de recours, notamment la nécessité d’exercer un recours administratif préalable obligatoire devant le sous-directeur des visas dans le délai de trente jours. La requête de M. C... et de Mme C... n’était pas accompagnée d’une copie de la décision du sous-directeur des visas, ni de la preuve du recours exercé devant cette autorité. La demande de régularisation, adressée le 26 décembre 2025 aux requérants par lettre recommandée avec demande d’accusé de réception, a été régulièrement présentée le 31 décembre 2025 à l’adresse indiquée par l’association et a été retournée avec la mention « pli avisé et non réclamé ». Dès lors que les intéressés ont été avisés et n’ont pas retiré le pli dans le délai fixé par la réglementation postale, la notification doit être réputée avoir été régulièrement effectuée à la date de sa présentation. En dépit de cette demande de régularisation, les requérants n’ont pas, dans le délai d’un mois qui leur était imparti, produit une copie de la décision du sous-directeur des visas ou la preuve du dépôt de leur recours devant cette autorité.
Il résulte de ce qui précède que cette requête, qui n’a pas été régularisée, est entachée d’une irrecevabilité manifeste et ne peut qu’être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C... et de Mme C... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... C..., à Mme B... C... et à l’association PACE ATMF.
Fait à Nantes, le 8 avril 2026.
La présidente,
M. D...
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,