Le Tribunal administratif de Nantes rejette par ordonnance une requête en excès de pouvoir visant à annuler le refus de visa de long séjour opposé à un mineur indonésien. La juridiction estime la requête manifestement irrecevable, car le parrain français du requérant n'a pas d'intérêt à agir et ne peut représenter le mineur, dont le représentant légal n'a pas signé la requête malgré une mise en demeure. La décision s'appuie sur les articles R. 222-1, R. 431-2, R. 431-5 et R. 611-8-6 du code de justice administrative relatifs aux conditions de recevabilité des recours et à la notification électronique.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 décembre 2025, M. D... B... et M. A... C... demandent au tribunal :
1°) d’annuler la décision implicite de rejet née du silence de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d’entrée en France sur le recours formé contre la décision du 22 juillet 2025 de l’autorité consulaire française à Jakarta (Indonésie) refusant de délivrer un visa de long séjour à M. C... ;
2°) d’enjoindre au ministre de l’intérieur de délivrer le visa sollicité à M. C....
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…), les premiers vice-présidents des tribunaux (…) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (...) / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ».
Aux termes de l’article R. 431-2 du code de justice administrative : « Les requêtes et les mémoires doivent, à peine d’irrecevabilité, être présentés soit par un avocat, soit par un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, lorsque les conclusions de la demande tendent au paiement d'une somme d'argent, à la décharge ou à la réduction de sommes dont le paiement est réclamé au requérant ou à la solution d'un litige né de l'exécution d'un contrat. (…) » Aux termes de l’article R. 431-4 du même code : « Dans les affaires où ne s'appliquent pas les dispositions de l'article R. 431-2, les requêtes et les mémoires doivent être signés par leur auteur (…) ». Enfin, selon l’article R. 431-5 de ce code : « Les parties peuvent également se faire représenter : / 1° Par l'un des mandataires mentionnés à l'article R. 431-2 ; (…) ».
Aux termes de l’article R. 611-8-3 du code de justice administrative : « I. - La juridiction peut proposer aux personnes physiques et morales de droit privé non représentées par un avocat, autres que les organismes de droit privé chargés de la gestion permanente d'un service public, d'utiliser le téléservice mentionné à l'article R. 414-2. (…) La juridiction peut leur adresser par cette application et pour cette instance, toutes les communications et notifications prévues par le présent livre (…) ». Aux termes de l’article R. 611-8-6 du même code : « Les parties sont réputées avoir reçu la communication ou la notification à la date de première consultation du document qui leur a été adressé par voie électronique, certifiée par l'accusé de réception délivré par l'application informatique, ou, à défaut de consultation dans un délai de deux jours ouvrés à compter de la date de mise à disposition du document dans l'application, à l'issue de ce délai. Sauf demande contraire de leur part, les parties sont alertées de toute nouvelle communication ou notification par un message électronique envoyé à l'adresse choisie par elles (…) ».
La présente requête, introduite par M. C... et M. B..., a pour objet la contestation du refus de visa de long séjour opposé à M. C..., filleul de M. B.... Toutefois, M. B... ne justifie pas, en sa seule qualité de parrain de l’intéressé, d’un intérêt lui permettant de contester, devant le juge administratif, la légalité d’un tel refus de visa. Par ailleurs, M. C..., qui est mineur au regard de la loi indonésienne, ne dispose pas de la capacité pour ester en justice. Les dispositions de l’article R. 431-5 du code de justice administrative ne permettent pas à une partie de se faire représenter par un mandataire autre que l’un de ceux mentionnés à l’article R. 431-2 du même code. M. B..., qui n’est pas le représentant légal de M. C... et ne fait pas partie des mandataires mentionnés à l’article R. 431-2, ne peut donc valablement agir au nom de ce dernier. En dépit de la demande de régularisation adressée le 9 décembre 2025 par le biais de l’application « Télérecours citoyens », et réputée avoir été notifiée deux jours ouvrés plus tard en application de l’article R. 611-8-6 du code précité, les requérants n’ont pas, à l’expiration du délai de quinze jours qui leur était imparti, régularisé la présente requête en la faisant signer par le représentant légal de M. C.... Ainsi, cette requête, qui n’a pas été régularisée, est entachée d’une irrecevabilité manifeste et ne peut qu’être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... et M. C... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D... B... et à M. A... C....
Fait à Nantes, le 20 février 2026.
La présidente,
V. Poupineau
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,