Le Tribunal administratif de Nantes rejette par ordonnance une requête en excès de pouvoir contre l'ajournement d'une demande de naturalisation. La juridiction estime la requête manifestement irrecevable car elle a été introduite hors délai, le recours contentieux n'ayant pas été formé dans les deux mois suivant la notification de la décision attaquée. La décision s'appuie sur les articles R. 222-1, R. 421-1 et R. 421-5 du code de justice administrative relatifs aux délais de recours et au rejet des requêtes irrecevables.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 janvier 2026, Mme A... demande au tribunal d’annuler la décision du 29 août 2025 par laquelle le ministre de l’intérieur a ajourné à deux ans sa demande de naturalisation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (...) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : / (…) 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser (…) ; »
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée (…) ». L’article R. 421-5 du même code dispose : « Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu’à la condition d’avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ».
3. Il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée du 29 août 2025 a été notifiée à Mme A... le 6 septembre 2025 et que la notification de cette décision mentionnait les voies et délais de recours. Mme A... a transmis parmi les pièces du dossier une lettre, datée du 11 septembre 2025, par laquelle elle entend former auprès du ministre de l’intérieur un recours gracieux contre la décision du 29 août 2025 qu’elle a adressée à tort à l’adresse du tribunal de céans et non au ministre de l’intérieur. Ainsi il ressort des pièces du dossier qu’aucun recours gracieux n’a été envoyé au ministre de l’intérieur dans le délai de recours de deux mois contre la décision du 29 août 2025 et que ce délai de recours n’a donc pas été prorogé. La requête présentée par Mme A... tendant à l’annulation de la décision du 29 août 2025, notifiée le 6 septembre 2025, n’a été enregistrée au greffe que le 6 janvier 2026, soit après l’expiration du délai du recours contentieux. Par suite, cette requête, qui est tardive, ne saurait être régularisée et doit donc être rejetée comme entachée d’une irrecevabilité manifeste.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....
Fait à Nantes, le 9 février 2026.
La présidente,
H. DOUET
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,