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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2601622

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2601622

mardi 7 avril 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2601622
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nantes rejette par ordonnance une requête en excès de pouvoir visant l'annulation d'un refus de visa de court séjour. La requête est jugée manifestement irrecevable car la requérante, résidant en Turquie et non représentée, n'a pas élu domicile en France comme l'exige l'article R. 431-8 du code de justice administrative, et n'a pas produit la preuve du recours administratif préalable obligatoire devant la sous-directrice des visas, condition prévue aux articles D. 312-3 et D. 312-4 du CESEDA.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 janvier 2026, Mme B... A... demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision implicite par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d’entrée en France a rejeté son recours formé contre la décision du 5 septembre 2025 de l’autorité consulaire française à Ankara (Turquie) refusant de lui délivrer un visa de court séjour ;

2°) d’enjoindre à l’administration de réexaminer sa demande.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…), les premiers vice-présidents des tribunaux (…) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (...) / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ».

Aux termes de l’article R. 431-8 du même code : « Les parties non représentées devant un tribunal administratif par un avocat ou un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation qui ont leur résidence en dehors du territoire de la République et en dehors de l'Union européenne, de l'Espace économique européen ou de la Suisse doivent faire élection de domicile sur l'un de ces territoires. ».


Aux termes de l’article D. 312-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Une commission placée auprès du ministre des affaires étrangères et du ministre de l'intérieur est chargée d'examiner les recours administratifs contre les décisions de refus de visa de long séjour prises par les autorités diplomatiques ou consulaires. / Le sous-directeur des visas, au sein de la direction générale des étrangers en France du ministère de l'intérieur, est chargé d'examiner les recours administratifs contre les décisions de refus de visa de court séjour prises par les autorités diplomatiques ou consulaires. / La saisine de l'une ou l'autre de ces autorités, selon la nature du visa sollicité, est un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux, à peine d'irrecevabilité de ce dernier. ». Aux termes de l’article D. 312-4 du même code : « Les recours administratifs doivent être formés dans un délai de trente jours à compter de la notification de la décision de refus de visa. ».

La requête a été déposée par Mme A... qui réside en Turquie et qui n’est pas représentée dans les conditions prévues aux dispositions de l'article R. 431-8 précité. Par ailleurs, la requête de Mme A... n’était pas accompagnée d’une copie de la décision de la sous-directrice des visas ou d’une preuve de réception de son recours traduite en langue française. En dépit de la demande qui a été adressée le 27 janvier 2026 par le tribunal par le biais de l’application « Télérecours citoyens » et dont il a été accusé réception le 28 janvier 2026, Mme A... n’a pas, dans le délai de quinze jours qui lui était imparti, produit une copie de la décision de la sous-directrice des visas ou la preuve du dépôt de son recours devant elle traduite en langue française, ni élu domicile sur un des territoires visés à l’article R. 431-8 précité. Ainsi, cette requête, qui n’a pas été régularisée, est entachée d’irrecevabilités manifestes et doit être rejetée.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....


Fait à Nantes, le 7 avril 2026.

La présidente,





P. Picquet

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,


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