Le Tribunal administratif de Nantes, statuant en référé, rejette la demande de suspension d'un refus de visa de long séjour pour études. Le juge estime que le requérant ne démontre pas l'urgence particulière requise par l'article L. 521-1 du code de justice administrative pour suspendre la décision avant l'issue du recours administratif préalable obligatoire devant la commission de recours. La juridiction applique également les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatives à cette procédure préalable.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 février 2026 sous le numéro 2602348, M. B... A..., représenté par Me Olsufiev, demande au juge des référés :
1°) sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la décision du 18 décembre 2025 par laquelle l’autorité consulaire française à Moscou (Russie) lui a refusé la délivrance d’un visa de long séjour pour études ;
2°) d’enjoindre au « réexamen dans un délai bref, sous astreinte ».
Il soutient que :
- la condition d’urgence est satisfaite compte tenu de la proximité de la rentrée et des frais déjà engagés ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Vu :
- la décision attaquée ;
- le recours administratif préalable obligatoire dont l’intéressé a saisi la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France le 29 décembre 2025 ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la directive (UE) 2016/801 du Parlement européen et du Conseil du 11 mai 2016 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (...) ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans instruction ni audience.
Aux termes de l’article D. 312-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Une commission placée auprès du ministre des affaires étrangères et du ministre de l'intérieur est chargée d'examiner les recours administratifs contre les décisions de refus de visa de long séjour prises par les autorités diplomatiques ou consulaires. (…). / La saisine de [cette] autorité (…) est un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux, à peine d'irrecevabilité de ce dernier. ». Ce recours administratif doit, en vertu de l’article D. 312-4 du même code, être formé dans un délai de trente jours à compter de la notification de la décision de refus de visa.
Dans le cas où une décision administrative ne peut, comme en l’espèce, être déférée au juge qu’après l’exercice d’un recours administratif préalable, une requête tendant à la suspension de cette décision peut être présentée au juge des référés dès que ce recours préalable obligatoire a été formé, la mesure ordonnée en ce sens valant, au plus tard, jusqu'à l'intervention de la décision administrative prise sur le recours présenté par l'intéressé. Le requérant doit toutefois démontrer l’urgence particulière qui justifie la saisine du juge des référés avant même que l’administration ait statué sur le recours introduit devant elle.
M. B... A... a sollicité la délivrance d’un visa de long séjour pour études afin de s’inscrire à l’université de Caen Normandie pour y préparer un diplôme universitaire d’études françaises (DUEF) au second semestre de l’année universitaire 2025-2026, la formation devant se dérouler du 13 janvier au 7 mai 2026. Il ressort des pièces du dossier que l’annulation avec remboursement des frais de formation et d’hébergement de l’inscription à cette formation est possible en cas de refus de visa.
Les circonstances, invoquées par M. B... A..., qui demande la suspension de l’exécution de la décision de refus prise le 18 décembre 2025 par l’autorité consulaire sans attendre que la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France (CRRV) ait statué sur le recours dont il justifie l’avoir saisie le 29 décembre 2025, que la date limite de rentrée est proche et qu’il a déjà engagé des frais sont insuffisantes à caractériser une situation d’urgence particulière, telle qu’évoquée au point 3, justifiant la suspension des effets de la décision litigieuse avant l’intervention de la décision de la CRRV, quand bien même celle-ci serait postérieure à la date de la rentrée. Il ne ressort en effet d’aucune des pièces du dossier, alors que l’octroi d’un visa de long séjour pour études ne constitue pas un droit, l’étudiant engageant des frais à ses risques et périls avant sa délivrance, et qu’il n’est pas allégué que le requérant ne pourrait pas poursuivre des études de français dans son pays d’origine ou bénéficier d’un report d’inscription, que le refus de visa consulaire porte atteinte de manière grave et immédiate à la situation de M. A....
Il y a lieu, par suite, de faire application de l’article L. 522-3 précité du code de justice administrative et de rejeter la requête, en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er :
La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 :
La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....
Fait à Nantes, le 9 février 2026.
La vice-présidente, juge des référés,
A.-C. Wunderlich
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,