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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2603242

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2603242

mardi 31 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2603242
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSELARL PUBLI-JURIS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nantes rejette la demande de suspension en référé d'un arrêté préfectoral déclarant la cessibilité et l'urgence des travaux pour un projet de transport. Le juge estime qu'aucun des moyens soulevés par le syndicat de copropriétaires requérant ne crée un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée, condition exigée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative. La demande de provision sur frais est également rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 février 2026 sous le numéro 2603242, complété par un mémoire le 2 mars 2026, le syndicat des copropriétaires du 1/2/3/4 place Mangin, représenté par Me Wistan Plateaux, demande au juge des référés :

1°) sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de l’arrêté du préfet de la Loire-Atlantique en date du 16 décembre 2025 portant cessibilité des parcelles nécessaires au projet de développement des nouvelles lignes de transport & Transformation du pont Anne de Bretagne sur les communes de Nantes, Rezé, Saint-Herblain et Bouguenais et déclarant urgents les travaux, en tant qu’il vise une partie de la propriété n° 00218 cadastrée section DS n° 6 sise 1 à 4 place Mangin à Nantes, d’une superficie de 44 m², jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de cet arrêté ;
2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative ;

Il soutient que :
- la condition d’urgence est présumée satisfaite ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
la compétence de son signataire reste à démontrer,
elle méconnaît les articles R. 132-2 du code de l’expropriation et 7 du décret n° 55-22 du 4 janvier 1955 faute de justification de la réalisation préalable d’un document d’arpentage, non annexé à l’enquête parcellaire,
elle méconnaît l’article L. 132-1 du même code s’agissant de la consistance exacte de l’emprise foncière concernée,
l’illégalité de l’arrêté du 11 octobre 2024 portant déclaration d’utilité publique qui lui sert de base légale est lui-même illégal : la compétence de son signataire n’est pas démontrée, le projet a été substantiellement modifiée postérieurement à l’enquête publique, les réserves relevées par le commissaire-enquêteur, dont l’avis est défavorable, n’ont pas été levées, la compétence de la métropole relative aux transports urbains a été déléguée à la SEMITAN, les dispositions applicables s’agissant du volet environnemental ont été méconnues en l’absence de dispositif suffisant et adéquat de sauvegarde des espèces protégées, tout comme les orientations d’urbanisme, le bilan coût/avantage est défavorable et l’utilité publique non justifiée,
l’urgence des travaux n’est pas démontrée.

Par un mémoire en défense enregistré le 26 février 2026, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par le syndicat des copropriétaires du 1/2/3/4 place Mangin ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense enregistré le 27 février 2026, complété par des pièces le 2 mars 2026, Nantes Métropole, représentée par sa présidente en exercice et par Me Heitzmann, conclut au rejet de la requête et demande que la somme de 4 000 euros soit mise à la charge du syndicat requérant au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative

Elle soutient que les moyens soulevés par le syndicat des copropriétaires du 1/2/3/4 place Mangin ne sont pas fondés.

Vu :
- l’arrêté attaqué ;
- la requête n° 2600334 enregistrée le 9 janvier 2026 par laquelle le syndicat des copropriétaires du 1/2/3/4 place Mangin demande l’annulation de l’arrêté susvisé ;
- les autres pièces du dossier ;

Vu :
- le code de l’environnement ;
- le code de l’expropriation pour cause d’utilité publique ;
- le code de l’urbanisme ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, a désigné Mlle Wunderlich, vice-présidente, pour statuer en matière de référés.

Ont été entendus au cours de l’audience publique du 5 mars 2026, à laquelle les parties ont été régulièrement convoquées :
- le rapport de Mlle Wunderlich, vice-présidente,
- les observations de Me Wistan Plateaux, représentant le syndicat des copropriétaires du 1/2/3/4 place Mangin, qui admet que le deuxième moyen développé dans la requête ne peut prospérer en l’état de la jurisprudence,
- celles de Me Heitzmann, représentant Nantes métropole,
- et celles de la représentante du préfet de la Loire-Atlantique.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.

Une note en délibéré présentée pour le syndicat des copropriétaires du 1/2/3/4 place Mangin, enregistrée le 3 mars 2026, n’a pas été communiquée.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ».

Aucun des moyens invoqués par le syndicat des copropriétaires du 1/2/3/4 place Mangin à l’appui de sa demande de suspension ne paraît, en l’état de l’instruction, propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée. Il y a donc lieu de rejeter les conclusions à fin de suspension présentées par le syndicat des copropriétaires du 1/2/3/4 place Mangin, ainsi, par voie de conséquence, celles présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Dans les circonstances de l’espèce, il n’apparaît pas inéquitable de laisser à la charge de Nantes Métropole les frais exposés par elle et non compris dans les dépens



O R D O N N E :



Article 1er :
La requête du syndicat des copropriétaires du 1/2/3/4 place Mangin est rejetée.

Article 2 :
Les conclusions de Nantes Métropole présentées sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 :
La présente ordonnance sera notifiée au syndicat des copropriétaires du 1/2/3/4 place Mangin, à la ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche et à Nantes Métropole.

Copie en sera adressée au préfet de la Loire-Atlantique.

Fait à Nantes, le 31 mars 2026.

La vice-présidente, juge des référés,

A.-C. Wunderlich
La greffière,

J. Martin


La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière

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