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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2604980

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2604980

vendredi 27 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2604980
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSIMON

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nantes, statuant en référé, a été saisi d'une demande de suspension d'un refus de visa de tourisme. Le juge constate que l'administration a, postérieurement à la requête, donné instruction de délivrer le visa, rendant ainsi la demande de suspension sans objet. Il n'y a donc pas lieu de statuer sur le fond, mais l'État est condamné à verser 550 euros au requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 12, 19 et 24 mars 2026, M. B... A..., représenté par Me Simon, demande au juge des référés :

1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision du 17 février 2026 par laquelle le consulat de France au Congo-Brazzaville a refusé de lui délivrer un visa d’entrée sollicité pour motif de tourisme ;

2°) d’enjoindre au ministre de l’intérieur de réexaminer sa demande de visa dans un délai d’une semaine à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1800 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- le recours est recevable ;
- la condition d’urgence est remplie dès lors qu’il doit venir en France pour le suivi de son état de santé et le traitement de son cancer ; il a des rendez-vous médicaux programmés les 25 mars 2026 et 2 avril 2026 ; il souhaite être entouré de ses enfants pendant ces moments ; il a été diligent dans ses démarches ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* elle est entachée d’une erreur manifeste d'appréciation au regard de la fiabilité des documents qu’il a produit à l’appui de sa demande de visa et de ce qu’il remplit les conditions pour se voir délivrer un visa de court séjour.


Par un mémoire en défense, enregistré le 25 mars 2026, le ministre de l'intérieur conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins de suspension de la requête et s’en remet à la sagesse du tribunal quant aux conclusions de la requête relatives aux frais de l’instance.

Il fait valoir qu’il a donné instruction aux autorités consulaires à Brazzaville de délivrer le visa sollicité.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Marowski, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience puis informées, le 25 mars 2026, de la radiation de l’affaire du rôle de l’audience du 27 mars 2026.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées au titre de l’article L. 521-1 du code de justice :

Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ».

Lorsque le juge des référés a estimé, au vu de la requête dont il est saisi, qu’il y avait lieu, non de la rejeter en l’état pour l’un des motifs mentionnés à l’article L. 522-3 du code de justice administrative, mais d’engager la procédure prévue à l’article L. 522-1 de ce code, il lui incombe de poursuivre cette procédure et, notamment, de tenir une audience publique. Il en va cependant différemment lorsque, après que cette procédure a été engagée, intervient un désistement ou un évènement rendant sans objet la requête. Dans ce cas, le juge des référés peut, dans le cadre de son office, donner acte du désistement ou constater un non-lieu sans tenir d’audience.

Postérieurement à l’introduction de la requête, le ministre de l’intérieur fait valoir qu’il a donné instruction au poste consulaire à Brazzaville, par courriel du 25 mars 2026 versé à l’instance, de délivrer le visa sollicité par M. A.... Dans ces conditions, la décision attaquée a implicitement mais nécessairement été retirée. Par suite, les conclusions présentées par la requérante sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, ainsi que celles à fins d’injonction sous astreinte sont devenues sans objet. Il n’y a, dès lors, pas lieu d’y statuer.

Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l’Etat le versement d’une somme de 550 euros (cinq cent cinquante euros) sur le fondement des dispositions de l’article L.761-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête aux fins de suspension et d’injonction sous astreinte.

Article 2 : L’Etat versera à M. A... la somme de 550 euros (cinq cent cinquante euros) au titre des dispositions de l’article L. 761‑1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et au ministre de l’intérieur.

Fait à Nantes, le 27 mars 2026.


Le juge des référés,




Y. Marowski


La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,

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