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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2605838

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2605838

mardi 7 avril 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2605838
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantBALDE

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nantes, statuant en référé, rejette les demandes de suspension de refus de visa de réunification familiale. La juridiction estime que la condition d'urgence n'est pas caractérisée, car les requérants n'ont pas préalablement exercé le recours administratif obligatoire prévu à l'article D. 312-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Les demandes sont donc rejetées sans examen du doute sérieux sur la légalité des décisions consulaires.

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

Par une requête et une pièce complémentaire, enregistrées les 23 mars et 1er avril 2026 sous le n°2605838, Mme E... A..., agissant en qualité de représentante légale de son fils mineur, G... B..., représentée par Me Baldé, demande au juge des référés :

1°) sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative de suspendre l’exécution de la décision du 23 février 2026 par laquelle l’autorité consulaire française à Abidjan (Côte d’Ivoire) a refusé de délivrer un visa de long séjour au titre de la réunification familiale au jeune G... B... ;

2°) d’enjoindre à l’ambassade de France à Abidjan de délivrer le visa demandé ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 600 euros au titre de l’article L. 761- 1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- la condition d’urgence est satisfaite dès lors que son fils mineur, le jeune G... B... réside loin de sa mère, et que le père de l’enfant a également demandé un visa au titre de la réunification familiale pour rejoindre Mme A... ; le refus de visa porte une atteinte grave et disproportionnée à l’intérêt supérieur de l’enfant garanti par l’article 3-1 de la convention internationale des droits de l’enfant ;
- il existe un doute sur la légalité de la décision attaquée.

Par une requête, enregistrée le 23 mars 2026 sous le n°2605839, M. F... B..., représenté par Me Baldé, demande au juge des référés :

1°) sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative de suspendre l’exécution de la décision du 23 février 2026 par laquelle l’autorité consulaire française à Abidjan (Côte d’Ivoire) a refusé de lui délivrer un visa de long séjour au titre de la réunification familiale ;

2°) d’enjoindre à l’ambassade de France à Abidjan de délivrer le visa demandé ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 600 euros au titre de l’article L. 761- 1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- la condition d’urgence est satisfaite dès lors qu’il vit loin de sa compagne, Mme A... ; le refus de visa porte une atteinte grave et disproportionnée à leur droit à une vie privée et familiale garanti par l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- il existe un doute sur la légalité de la décision attaquée.

Par une requête, enregistrée le 23 mars 2026 sous le n°2605853, Mme E... A... et Mme C..., D..., Davila H..., représentée par Me Baldé, demande au juge des référés :

1°) sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative de suspendre l’exécution de la décision du 23 février 2026 par laquelle l’autorité consulaire française à Abidjan (Côte d’Ivoire) a refusé de délivrer un visa de long séjour au titre de la réunification familiale à Mme D..., Davila H... ;

2°) d’enjoindre à l’ambassade de France à Abidjan de délivrer le visa demandé ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 600 euros au titre de l’article L. 761- 1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- la condition d’urgence est satisfaite dès lors que sa fille devenue majeure, Mme C..., D..., Davila H..., réside loin de sa mère, et que le père de l’enfant ne s’occupe plus d’elle ; le refus de visa porte une atteinte grave et disproportionnée à l’intérêt supérieur de l’enfant garanti par l’article 3-1 de la convention internationale des droits de l’enfant ;
- il existe un doute sur la légalité de la décision attaquée.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l’enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, a désigné M. Rosier, premier conseiller, pour statuer en matière de référés.

Considérant ce qui suit :

Sur la jonction :
Les requêtes enregistrées sous les numéros 2605838, 2605839 et 2605853 présentent à juger des questions semblables relatives aux membres d’une même famille et ont fait l’objet d’une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour y statuer par une seule ordonnance.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ». En vertu de l’article L. 522-3 de ce code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter sans instruction ni audience les demandes qui ne présentent pas un caractère d’urgence.

Aux termes de l’article D. 312-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « (…) Le sous-directeur des visas, au sein de la direction générale des étrangers en France du ministère de l'intérieur, est chargé d'examiner les recours administratifs contre les décisions de refus de visa de court séjour prises par les autorités diplomatiques ou consulaires. / La saisine de l'une ou l'autre de ces autorités, selon la nature du visa sollicité, est un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux, à peine d'irrecevabilité de ce dernier. ».

Dans le cas où une décision administrative ne peut, comme en l’espèce, être déférée au juge qu’après l’exercice d’un recours administratif préalable, une requête tendant à la suspension de cette décision peut être présentée au juge des référés dès que ce recours préalable obligatoire a été formé, la mesure ordonnée en ce sens valant, au plus tard, jusqu'à l'intervention de la décision administrative prise sur le recours présenté par l'intéressée. Le requérant doit toutefois démontrer l’urgence particulière qui justifie la saisine du juge des référés avant même que l’administration ait statué sur le recours introduit devant elle.

En se bornant à produire le bordereau d’envoi de la lettre recommandée avec accusé de réception et le courrier que leur conseil aurait adressé à la commission de recours contre les décisions de refus de visa d’entrée en France sans produire l’accusé de réception postal par ladite commission ou le courrier rédigé par celle-ci accusant réception de leur recours, Mme A..., M. B... et Mme H... n’établissent pas avoir exercé le recours administratif préalable obligatoire visé par les dispositions de l’article D. 312-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile préalablement à l’exercice de leur recours contentieux. Leurs requêtes sont dès lors irrecevables.

Il résulte de ce qui précède que les requêtes de Mme A..., de M. B... et de Mme H... doivent être rejetées en toutes leurs conclusions, selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative.


ORDONNE :


Article 1er : Les requêtes nos 2605838, 2605839 et 2605853 de Mme A..., de M. B... et de Mme H... sont rejetées.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme E... A..., à M. F... B..., à Mme C..., D..., Davila H... et au ministre de l’intérieur.

Fait à Nantes, le 7 avril 2026.

Le juge des référés,




P. Rosier

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,

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