LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-1904214

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-1904214

lundi 18 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-1904214
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème chambre
Avocat requérantSELARL ETHIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 29 novembre 2019 et un mémoire, enregistré le 31 août 2020, Mme F B, représentée par Me Gentilhomme, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions des 18 et 19 juin 2019 par lesquelles le centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Tours l'a placée en congé de maladie ordinaire à compter du 7 juin 2019, ensemble la décision du 27 septembre 2019 par laquelle le CHRU de Tours a rejeté son recours gracieux ;

2°) d'enjoindre au CHRU de Tours de la placer en congé maladie pour accident du travail à compter du 15 mars 2018 et, subsidiairement, de lui enjoindre de réexaminer son dossier ;

3°) de mettre à la charge du CHRU de Tours une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.

Elle soutient que :

- le signataire de la décision attaquée n'est pas compétent ;

- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;

- l'avis de la commission de réforme n'est pas motivé ;

- le CHRU n'a pas exercé sa compétence propre et n'a pas apprécié l'ensemble du dossier ;

- les décisions sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur de droit dès lors que son état n'est pas consolidé.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 17 juillet 2020 et le 16 novembre 2021, le centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Tours, représenté par Me Tertrais, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Le centre hospitalier soutient que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n°86-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. E,

- les conclusions de Mme Palis De Koninck, rapporteure publique,

- et les observations de Me Gentilhomme, représentant Mme B et de Me Capul, substituant Me Tertrais, représentant le CHRU de Tours.

Considérant ce qui suit :

1. Mme F B, aide-soignante au service de radiologie de l'hôpital Trousseau du centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Tours, a déclaré un accident de service au titre d'une " persistance NCB avec épicondylite associée " reconnu imputable au service. Trois expertises médicales ont été réalisées en 2015, 2017 et le 15 mars 2018. En dernier lieu, le docteur A a conclu à une consolidation de l'accident de service au jour de l'expertise. Le 3 mai 2018, la commission de réforme d'Indre-et-Loire a retenu la consolidation de l'accident et évalué le taux d'incapacité permanente partielle (IPP) à 1%. Sur demande de Mme B, une contre-expertise médicale a été réalisée par le docteur G, qui a estimé que la consolidation n'était pas acquise. Par courrier du 13 décembre 2018, le CHRU de Tours a demandé au docteur D de procéder à l'examen médical de Mme B. Ce dernier a conclu, le 8 février 2019, que l'accident du 9 août 2015 était consolidé au 15 mars 2018 et que le taux d'IPP était évalué à 2 %. La commission de réforme s'est de nouveau réunie le 6 juin 2019 et a confirmé la consolidation de l'accident de service au 15 mars 2018 ainsi que le taux d'IPP à 2 %.

2. Par décision du 18 juin 2019, le directeur général du CHRU de Tours a placé

Mme B en congé maladie ordinaire à compter du 7 juin 2019. Par courrier du 19 juin 2019, la direction des ressources humaines a informé Mme B du sens de l'avis de la commission de réforme. Par courrier du 12 août 2019, l'intéressée a formé un recours gracieux contre la décision du 18 juin 2019 la plaçant en congé maladie ordinaire et, ce faisant, a contesté la décision de mettre un terme à la période couverte par son accident de travail. Le recours a été rejeté le 27 septembre 2019. Mme B demande au tribunal d'annuler les décisions des 18 et 19 juin 2019 ainsi que la décision de rejet de son recours gracieux du 27 septembre 2019.

Enfin, le 16 septembre 2019, le CHRU, sur avis du comité médical, a placé Mme B en congé de longue maladie.

Sur la légalité des décisions attaquées :

3. En premier lieu, par une décision n° DG DS 067-2017 du 29 décembre 2017, la directrice générale du CHRU de Tours, Mme H I a délégué sa signature à Mme C pour " tous les actes de gestion du personnel relevant du Titre IV du statut général de la fonction publique hospitalière ". Le moyen tenant à l'incompétence du signataire de la décision attaquée est, par suite, écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

5. En plaçant Mme B en congé maladie ordinaire à compter du 7 juin 2019, le CHRU de Tours a implicitement refusé de lui accorder un congé de maladie pris en charge au titre de l'accident de service qui avait été auparavant reconnu. Cette décision devait, ainsi, être motivée en application des dispositions précitées. Il ressort des termes mêmes de la décision du 18 juin 2019 que celle-ci vise les dispositions législatives et réglementaires dont l'administration a entendu faire application, rappelle la date de déclaration de l'accident de service, l'existence de certificats médicaux sur la période du 3 juin 2016 au 30 juin 2019, l'expertise médicale du docteur D, l'avis de la commission de réforme et mentionne que la requérante est placée en congé de maladie ordinaire à compter du 7 juin 2019 en raison de la consolidation de son état de santé à compter de cette date. La décision attaquée comprend ainsi l'indication des considérations de fait et de droit sur lesquelles l'administration s'est fondée. Le moyen tenant à l'insuffisante motivation de la décision attaquée est écarté.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article 17 de l'arrêté du 4 aout 2004 : " () Les avis sont émis à la majorité des membres présents. Ils doivent être motivés, dans le respect du secret médical. () ". L'avis de la commission de réforme du 6 juin 2019 vise l'article 16 du décret n° 88-386 du 19 avril 1988, mentionne l'existence d'un premier accident de service consolidé en 1994 avec un taux d'IPP de 1% et précise que l'accident de service du 9 août 2015 est consolidé au 15 mars 2018 avec un taux d'IPP de 2 %. Enfin, il est mentionné l'avis favorable des membres présents. Ainsi, cet avis satisfait à l'exigence de motivation qui résulte de l'article 17 de l'arrêté du 4 août 2004.

7. En quatrième lieu, si la requérante soutient que le centre hospitalier régional universitaire s'est contenté de suivre l'avis de la commission de réforme, entachant ainsi sa décision d'une incompétence négative, ni les termes de la décision du 18 juin 2019, ni ceux de la décision du 19 juin 2019 ne permettent d'établir que l'administration n'aurait pas exercé sa compétence propre et n'aurait pas appréhendé l'ensemble du dossier de Mme B. Le moyen doit, par suite, être écarté.

8. En cinquième lieu, aux termes de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière : " Le fonctionnaire en activité a droit : / () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. () / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. / Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de la maladie ou de l'accident est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales () ". Constitue un accident de service, pour l'application de ces dispositions, un événement survenu à une date certaine, par le fait ou à l'occasion du service, dont il est résulté une lésion, quelle que soit la date d'apparition de celle-ci. Il appartient au juge administratif, saisi d'un litige portant sur l'imputabilité au service d'un accident survenu en cours de service, de se prononcer au vu des circonstances de l'espèce.

9. La requérante soutient que les décisions attaquées refusant de reconnaitre imputables au service, au-delà du 7 juin 2019, les soins et arrêts de travail concernant l'accident de service du 9 août 2015, sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur de droit dès lors que son état de santé n'est aucunement consolidé, ainsi que l'a reconnu le docteur G et ainsi que le révèle la décision de placement en congé de longue maladie. Si la date de consolidation de l'état de santé correspond au moment où cet état est stabilisé, permettant d'évaluer le taux d'incapacité permanente partielle en résultant, cette date ne permet pas, en elle-même, de déduire la nécessité de poursuivre ou d'arrêter les soins nécessités par l'accident, et partant, le lien qui existerait entre les soins ou les périodes d'arrêt de travail et l'accident.

Dès lors, la requérante ne saurait utilement se prévaloir de l'absence de consolidation de son état de santé pour soutenir que les décisions attaquées sont entachées d'une erreur de droit ou d'appréciation au regard du caractère imputable au service des arrêts de travail en cause.

10. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que le 15 mars 2018, le docteur A a conclu à la consolidation de l'accident de service au jour de l'expertise en retenant que l'importance relative de l'accident de service et la durée d'évolution du substratum organique ne permettaient pas de conclure à l'existence d'un lien direct entre l'accident initial et les arrêts de travail. Le docteur D, le 8 février 2019, a conclu que l'accident du 9 août 2015 était consolidé au 15 mars 2018 et que le taux d'IPP était évalué à 2 % en retenant que la pathologie justifiant les arrêts de travail évoluait pour son propre compte. Enfin, si le docteur G a pu estimer, seulement, que la consolidation n'est pas acquise, la requérante ne démontre pas pour autant par les pièces qu'elle produit que les arrêts de travail en litige résulteraient directement de l'accident de travail du 9 août 2015. Le moyen doit, par suite, être écarté.

11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

12. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B n'implique aucune mesure d'exécution particulière. Les conclusions à fin d'injonction sont, dès lors, rejetées.

Sur les frais de justice :

13. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge du CHRU de Tours, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement à la requérante de la somme qu'elle réclame au titre des frais de justice. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la requérante une somme de 1 500 euros à verser au CHRU de Tours sur le fondement de ces mêmes dispositions.

14. D'autre part, la présente instance ne comportant pas de dépens au sens des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, les conclusions présentées par Mme B tendant à ce qu'ils soient mis à la charge du CHRU de Tours ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Mme B versera une somme de 1 500 euros au centre hospitalier régional universitaire de Tours en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme F B et au centre hospitalier régional universitaire de Tours.

Délibéré après l'audience du 30 juin 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Rouault-Chalier, présidente,

M. Viéville, premier conseiller,

M. Nehring, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe du tribunal le 18 juillet 2022.

Le rapporteur,

Sébastien VIEVILLE

La présidente,

Patricia ROUAULT-CHALIER

La greffière,

Emilie DEPARDIEU

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions