lundi 18 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-1904365 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | AUBRY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 décembre 2019, M. A B, représenté par Me Aubry, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 26 juillet 2019 du directeur de la maison d'arrêt de Blois le suspendant à titre préventif de son poste de travail à compter du 29 juillet 2019 à 7 h 45 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 300 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- cette décision, qui n'est motivée qu'au regard du caractère fautif des faits qui lui sont reprochés et pas au regard des conditions légales de mise en œuvre de la mesure, est insuffisamment motivée ;
- elle n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire ;
- la décision méconnait les dispositions de l'article R. 57-7-22 du code de procédure pénale dès lors que le défaut d'autorisation de prendre un objet des ateliers n'est pas une des motivations prévues par la loi pour justifier le recours à la mesure de suspension temporaire ;
- elle est disproportionnée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 décembre 2020, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
M. B a été admis à l'aide juridictionnelle totale par décision du 11 octobre 2019.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C ;
- et les conclusions de Mme Palis De Koninck, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, incarcéré à la maison d'arrêt de Blois depuis le 6 décembre 2018, a fait l'objet d'une décision de suspension à titre préventif de l'exercice de son activité professionnelle, le 26 juillet 2019, dans l'attente de sa comparution devant la commission de discipline après que des objets en provenance de l'atelier où il travaillait ont été trouvés dans sa cellule à l'occasion d'une fouille. La décision de suspension à titre préventif a été levée le 5 août 2019. Par sa requête ci-dessus analysée, M. B demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision :
2. Aux termes de l'article R. 57-7-22 du code de procédure pénale alors en vigueur : " Lorsque la faute reprochée à la personne détenue a été commise au cours ou à l'occasion de l'emploi qu'elle occupe, le chef d'établissement ou son délégataire peut, à titre préventif et sans attendre la réunion de la commission de discipline, décider de suspendre l'exercice de l'activité professionnelle de cette personne jusqu'à sa comparution devant la commission de discipline, si cette mesure est l'unique moyen de mettre fin à la faute, de faire cesser le trouble occasionné au bon déroulement des activités de travail ou d'assurer la sécurité des personnes ou de l'établissement. ". Aux termes de l'article R. 57-7-23 du même code : " La durée de la suspension à titre préventif est limitée au strict nécessaire et ne peut excéder huit jours ouvrables pour les personnes majeures () ".
3. Il résulte de ces dispositions que pour être justifiée, une mesure de suspension prise à la suite d'une faute commise au cours ou à l'occasion de l'emploi, doit être l'unique moyen de mettre fin à cette faute, de faire cesser le trouble occasionné au bon déroulement des activités de travail ou d'assurer la sécurité des personnes ou de l'établissement.
4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que la mesure de suspension temporaire d'emploi de M. B a été prise à la suite de la découverte, lors d'une fouille réalisée dans la cellule qu'il occupait avec un autre détenu, d'un téléphone contenant une carte SIM, d'un câble pour charger, d'un chargeur, de plusieurs capsules de médicaments, d'1,45 gramme de cannabis, d'un petit paquet contenant de la poudre blanche, ainsi que de deux sprays de produit ménager, d'un rouleau de film plastique transparent et de deux rouleaux de double face, ces trois derniers types d'objets provenant des ateliers. Après avoir relevé, d'une part, que M. B était classé opérateur dans les ateliers en cause et, d'autre part, qu'aucun de ces objets n'avait fait l'objet d'une autorisation préalable de sortie auprès du chef de la détention, l'administration pénitentiaire a prononcé à son encontre la mesure contestée de suspension à titre préventif de son poste de travail. Le requérant ayant reconnu avoir pris sans autorisation aux ateliers une bouteille de spray, la faute reprochée, qui a donné lieu à la décision attaquée, doit être considérée comme ayant été commise par l'intéressé au cours ou à l'occasion de l'emploi. En revanche, il ne ressort pas des pièces du dossier que la suspension à titre préventif de son poste de travail prononcée à l'encontre de M. B était alors l'unique moyen de mettre fin à cette faute, ni que cette mesure avait pour but de faire cesser le trouble occasionné au bon déroulement de son travail ou d'assurer la sécurité des personnes ou de l'établissement. Dans ces conditions, la décision du 26 juillet 2019 suspendant temporairement M. B de son emploi est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions précitées du code de procédure pénale.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision attaquée doit être annulée.
Sur les frais liés au litige :
6. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 visée ci-dessus. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Aubry renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de ce dernier le versement à Me Aubry de la somme de 1 200 euros.
DECIDE :
Article 1er : La décision du 26 juillet 2019 portant suspension à titre préventif de M. B de son poste de travail est annulée.
Article 2 : L'Etat versera la somme de 1 200 euros à Me Aubry, conseil de M. B, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au garde des sceaux, ministre de la justice et à Me Aubry.
Délibéré après l'audience du 30 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Rouault-Chalier, présidente,
M. Viéville, premier conseiller,
M. Nehring, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2022.
La présidente-rapporteure, L'assesseur le plus ancien,
Patricia C Sébastien VIEVILLE
La greffière,
Agnès BRAUD
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026