jeudi 17 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2000308 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET CASADEI-JUNG |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 21 janvier 2020, 30 janvier 2020 et 23 novembre 2020, M. A C, représenté par Me Grand d'Esnon, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 13 janvier 2020 du directeur du centre hospitalier de l'agglomération montargoise ;
2°) d'ordonner les mesures d'exécution que le jugement impose, assorties d'une astreinte ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de l'agglomération montargoise la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision contestée est entachée d'incompétence dès lors que seule la directrice générale du CNG est compétente pour refuser la prolongation d'activité d'un praticien hospitalier titulaire ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnait l'arrêté du 20 novembre 2019 par lequel la directrice générale du CNG lui a accordé une prolongation d'activité ;
- elle méconnait les articles R. 6152-329 et R. 6152-330 du code de la santé publique ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il est le seul praticien de la spécialité d'oncologie de l'établissement hospitalier et que l'intérêt public commandait de le maintenir en activité ;
- elle est entachée d'erreur de fait et de détournement de pouvoir.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 1er septembre 2020 et 12 avril 2022, le centre hospitalier de l'agglomération montargoise, représenté par Me Rainaud, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. C la somme de 1 500 euros au titre des frais liés au litige.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de Mme Palis De Koninck, rapporteure publique,
- et les observations de Me Lescanne, substituant Me Grand d'Esnon, représentant M. C et de Me Rainaud, représentant le centre hospitalier de l'agglomération montargoise.
Considérant ce qui suit :
1. Le 8 mars 2019, le centre hospitalier de l'agglomération montargoise a informé M. C, praticien hospitalier titulaire exerçant ses fonctions dans l'établissement, qu'il atteindrait l'âge limite de la retraite le 18 juillet 2019. M. C a sollicité de son employeur la prolongation de son activité par courrier du 29 mars 2019. Par arrêté du 10 avril 2019, la directrice du centre national de gestion (CNG) a refusé de prolonger l'activité de M. C et l'a admis à la retraite à compter du 18 juillet 2019. M. C a formé un recours contre cet arrêté devant le tribunal administratif d'Orléans le 3 juin 2019. L'intéressé a ensuite été recruté par le centre hospitalier de l'agglomération montargoise en qualité de praticien contractuel du 18 juillet 2019 au 17 janvier 2020. Par arrêté du 20 novembre 2019, la directrice générale du CNG a retiré l'arrêté du 10 avril 2019 refusant la prolongation d'activité de M. C. Le 13 janvier 2020, le directeur du centre hospitalier de l'agglomération montargoise a refusé de renouveler le contrat de travail en tant que praticien hospitalier de l'intéressé et a refusé d'exécuter l'arrêté du 20 novembre 2019 de la directrice générale du CNG autorisant la prolongation d'activité de M. C en tant que praticien hospitalier titulaire au sein de l'établissement. Par la requête ci-dessus analysée, M. C demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité externe :
2. En premier lieu, M. C soutient que la décision du 13 janvier 2020 qu'il conteste est entachée d'incompétence dès lors que seul le CNG est compétent pour décider de refuser une demande de prolongation d'activité. Toutefois, cette décision n'a pas pour objet de refuser la prolongation d'activité de l'intéressé en tant que praticien hospitalier mais de refuser de mettre en œuvre l'arrêté du 20 novembre 2019. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence doit être écarté.
3. En second lieu, la décision contestée comporte l'exposé des considérations de droit et de fait sur lesquelles le directeur du centre hospitalier s'est fondé pour refuser de renouveler le contrat à durée déterminée de M. C. Il suit de là que le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait insuffisamment motivée manque, en tout état de cause, en fait.
En ce qui concerne la légalité interne :
4. En premier lieu, si M. C soutient qu'il a fait l'objet de menaces et d'intimidations entre les 17 et 20 janvier 2020 et souligne que ses mots de passe ainsi que la serrure de son bureau ont été changés et qu'il lui a été fait sommation de rendre sa blouse et son ordinateur et interdiction de pénétrer dans les locaux du centre hospitalier, ces circonstances, au demeurant postérieures à la date de la décision contestée, ne sauraient caractériser une erreur de fait.
5. En deuxième lieu, M. C soutient que le centre hospitalier de l'agglomération montargoise a méconnu l'arrêté de la directrice générale du CNG du 20 novembre 2019 autorisant la prolongation de son activité de praticien hospitalier titulaire et retirant l'arrêté du 10 avril 2019 portant refus de prolongation. Toutefois, par jugement mis à disposition le même jour dans le dossier n° 2000289, le tribunal administratif a annulé l'arrêté du 20 novembre 2019. Par suite, cet acte ayant disparu de l'ordonnancement juridique, M. C n'est pas fondé à se prévaloir d'une méconnaissance de cet arrêté.
6. En troisième lieu, en vertu du principe général de rétroactivité des annulations contentieuses, l'annulation par le tribunal administratif de l'arrêté du 20 novembre 2019 autorisant M. C à prolonger son activité a eu pour effet de remettre en vigueur l'arrêté du 10 avril 2019 refusant la prolongation d'activité de l'intéressé. Par suite, M. C n'était pas, à la date de la décision contestée, autorisé à prolonger son activité de praticien hospitalier titulaire. Ainsi, l'établissement hospitalier n'a pas méconnu les articles R. 6152-329 et R. 6152-330 du code de la santé publique.
7. En quatrième lieu, M. C soutient que la décision qu'il conteste est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il existait un intérêt public à son maintien en activité en raison de la pénurie de praticiens oncologues à laquelle était confronté l'établissement hospitalier. Il précise qu'il fournissait un travail équivalent à celui de deux praticiens et que les patients dont il avait la charge ont été confiés à un autre praticien hématologue non spécialiste de la cancérologie. Il se prévaut, enfin, d'un avis de recrutement d'un médecin oncologue publié par le centre hospitalier au mois d'août 2020 ainsi que d'un courrier adressé par une organisation syndicale d'infirmiers à la direction de l'établissement faisant part de son inquiétude quant au départ de l'intéressé. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, et notamment de l'organigramme du service oncologie, que d'autres praticiens hospitaliers exerçaient dans la spécialité d'oncologie. En outre, le centre hospitalier soutient, sans être contredit, qu'un praticien hospitalier a été recruté au mois de mars 2020 afin de succéder au requérant. Il ressort également des pièces du dossier, et notamment de l'avis délivré par la présidente de la commission médicale rendu le 23 mars 2019, que M. C était opposé à la fusion de l'activité d'oncologie au sein d'un unique service de l'établissement voulue par la direction et que son attitude entravait le fonctionnement de l'hôpital de jour. Par suite, le directeur du centre hospitalier de l'agglomération montargoise n'a pas, en tout état de cause, entaché son appréciation d'une erreur manifeste en édictant la décision contestée.
8. En dernier lieu, le requérant soutient que la décision contestée a été prise dans le but de lui nuire personnellement et de le mettre en difficulté, en raison notamment d'un conflit avec la présidente de la commission médicale de l'établissement, expliquant l'avis défavorable émis par cette commission lors de l'instruction de sa demande de prolongation d'activité. Il précise qu'il a fait l'objet de tentatives de déstabilisation, notamment dans un courrier de la direction de l'établissement en date du 16 janvier 2020 lui reprochant des absences et a été sommé de rendre sa blouse, son ordinateur, dont les codes ont été modifiés, et qu'il s'est vu interdire l'accès au bâtiment à partir du 18 janvier 2020. Toutefois, d'une part, il ne produit aucun élément démontant une animosité particulière de la présidente de la commission médicale de l'établissement à son égard. D'autre part, les circonstances invoquées par M. C, si elles traduisent l'existence d'un conflit entre ce dernier et la direction du centre hospitalier, sont cependant insuffisantes pour établir que la décision contestée est entachée de détournement de pouvoir.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 13 janvier 2020 du directeur du centre hospitalier de l'agglomération montargoise présentées par M. C doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
10. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution particulière. Par suite, les conclusions de M. C présentées aux fins d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. C une somme de 1 500 euros à verser au centre hospitalier de l'agglomération montargoise sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : M. C versera une somme de 1 500 euros au centre hospitalier de l'agglomération montargoise en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D C et au centre hospitalier de l'agglomération montargoise.
Délibéré après l'audience du 27 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Rouault-Chalier, présidente,
M. Viéville, premier conseiller,
M. Nehring, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 novembre 2022.
Le rapporteur,
Virgile B
La présidente,
Patricia ROUAULT-CHALIER
La greffière,
Emilie DEPARDIEU
La République mande et ordonne au ministre de la prévention et de la santé, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026