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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2001066

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2001066

vendredi 16 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2001066
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantSELARL CABINET GENTILHOMME

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un jugement avant dire droit du 4 avril 2022, le tribunal, a sur le fondement des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, sursis à statuer sur la requête de Mme C B tendant à l'annulation des arrêtés du 16 janvier 2020 et du 5 août 2021 par lesquels le maire de la commune de Valloire-sur-Cisse ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de construction d'un relais de téléphonie mobile par la société Orange sur la parcelle cadastrée BL n° 71, pour permettre la notification au tribunal, dans un délai de trois mois, d'une déclaration préalable modificative régularisant le vice relatif à la méconnaissance de l'article A7 du plan local d'urbanisme.

Le 4 juillet 2022, la société Orange, représentée par Me Gentilhomme a transmis le dossier de déclaration préalable de régularisation de construction d'un relais de téléphonie mobile.

Le 2 août 2022, la commune nouvelle de Valloire-sur-Cisse, représentée par Me Touche, a transmis un arrêté du 26 juillet 2022 par lequel le maire de la commune de Valloire-sur-Cisse ne s'est pas opposé à la déclaration préalable pour la construction d'un relais de téléphonie mobile par la société Orange sur la parcelle cadastrée BL n° 71.

Par un mémoire enregistré le 10 août 2022, Mme B, représentée par Me Nicolas, persiste dans ses conclusions et demande en outre au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 26 juillet 2022 par lequel le maire de la commune de Valloire-sur-Cisse ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de régularisation de construction d'un relais de téléphonie mobile par la société Orange ;

2°) de mettre à la charge de la société Orange et de la commune de Valloire-sur Cisse la somme de 5 000 euros à lui verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de les condamner aux entiers dépens.

Elle soutient que :

- ses conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 26 juillet 2022 sont recevables en application de l'article L. 600-5-2 du code de l'urbanisme ;

- l'arrêté du 26 juillet 2022 n'est pas signé en méconnaissance de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, ce qui empêche de vérifier la compétence de son auteur conformément à l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme ;

- la déclaration préalable de régularisation ne régularise pas le vice entachant la déclaration préalable initiale tenant à la méconnaissance de l'article A7 du plan local d'urbanisme en ce que la distance entre l'axe du chemin et le pylône est de 0,6 mètre (celui-ci n'étant donc pas situé sur la limite séparative avec le chemin rural ou à 4 mètres de cette limite).

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 octobre 2022, la commune nouvelle de Valloire-sur-Cisse, représentée par son maire en exercice et par Me Tissier-Lotz, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la requérante la somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A,

- les conclusions de Mme Dumand, rapporteure publique,

- et les observations de Me Tissier-Lotz, représentant la commune nouvelle de Valloire-sur-Cisse, et de Me Gurana, représentant la société Orange.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B avait demandé l'annulation de l'arrêté du 16 janvier 2020 et de l'arrêté du 5 août 2021 pris par le maire de la commune de Valloire-sur-Cisse de non opposition à la déclaration préalable de la société Orange portant sur la construction d'un relais de téléphonie mobile. Le 4 avril 2022, le tribunal a sursis à statuer sur le fondement de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme en fixant à la pétitionnaire un délai de trois mois pour régulariser le projet au regard de l'article A7 du règlement du plan local d'urbanisme. Par arrêté du 26 juillet 2022, dont l'annulation est désormais demandée, le maire de la commune de Valloire-sur-Cisse ne s'est pas opposé à la réalisation du projet modifié de la société Orange.

Sur le cadre juridique applicable :

2. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction désormais applicable : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé. ".

3. Ces dispositions permettent au juge, lorsqu'il constate qu'un vice entachant la légalité du permis de construire peut être régularisé par un permis modificatif, de rendre un jugement avant dire droit par lequel il fixe un délai pour cette régularisation et sursoit à statuer sur le recours dont il est saisi. Le juge peut préciser, par son jugement avant dire droit, les modalités de cette régularisation. Un vice de procédure, dont l'existence et la consistance sont appréciées au regard des règles applicables à la date de la décision litigieuse, doit en principe être réparé selon les modalités prévues à cette même date. S'agissant des vices entachant le bien-fondé du permis de construire, le juge doit se prononcer sur leur caractère régularisable au regard des dispositions en vigueur à la date à laquelle il statue et constater, le cas échéant, qu'au regard de ces dispositions le permis ne présente plus les vices dont il était entaché à la date de son édiction.

4. A compter de la décision par laquelle le juge recourt à l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, seuls des moyens dirigés contre la mesure de régularisation notifiée, le cas échéant, au juge peuvent être invoqués devant ce dernier. A ce titre, les parties peuvent, à l'appui de la contestation de l'acte de régularisation, invoquer des vices qui lui sont propres et soutenir qu'il n'a pas pour effet de régulariser le vice que le juge a constaté dans sa décision avant dire droit. Elles ne peuvent en revanche soulever aucun autre moyen, qu'il s'agisse d'un moyen déjà écarté par la décision avant dire droit ou de moyens nouveaux, à l'exception de ceux qui seraient fondés sur des éléments révélés par la procédure de régularisation.

Sur la régularisation de l'arrêté initial :

5. Par le jugement avant dire droit du 4 avril 2022, le tribunal avait constaté que si les constructions projetées étaient implantées en retrait du chemin rural n° 1, ce recul par rapport à ce chemin était inférieur à 4 mètres, en méconnaissance de l'article A7 du règlement du plan local d'urbanisme.

6. Aux termes de l'article A7 du règlement du plan local d'urbanisme : " () Dans le reste de la zone A, à l'exclusion du secteur Ah, les constructions doivent être implantées : / - soit sur limite(s) séparative(s), / - soit en retrait des limites séparatives, avec un recul minimal de 4 mètres par rapport à la limite. () "

7. La déclaration préalable modificative déposée le 5 juillet 2022 indique que la zone technique en ossature métallique est installée en limite du chemin rural, ce qui ressort aussi du plan de masse détail produit au dossier, de sorte que les dispositions de l'article A7 du règlement du plan local d'urbanisme sont désormais respectées. Si, la requérante soutient que le pylône est, quant à lui, implanté à une distance de 60 centimètres de la limite séparative constituée par le chemin rural, en méconnaissance de l'article A7 du plan local d'urbanisme, il résulte toutefois des motifs retenus par le jugement avant dire droit du 4 avril 2022 que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article A7 du règlement du plan local d'urbanisme a été accueilli en retenant que l'implantation des constructions projetées avait été modifiée par l'arrêté du 5 août 2021, et que si cette nouvelle implantation était en retrait du chemin rural, le recul par rapport à ce chemin était inférieur à 4 mètres. Or, l'implantation des constructions projetées, modifiée par l'arrêté du 5 août 2021 ne concernait que les bâtiments de la zone technique. Il résulte de ce qui vient d'être dit que la déclaration préalable de régularisation a bien rectifié l'implantation des bâtiments de la zone technique. Par suite, le vice retenu dans le jugement du 4 avril 2022, tiré de la méconnaissance de l'article A7 du règlement du plan local d'urbanisme, a été régularisé.

Sur le moyen propre à la décision de régularisation :

8. Aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. " Si Mme B soutient que l'arrêté attaqué n'est pas signé et que son auteur n'est pas identifié, il ressort d'une simple lecture de l'arrêté qu'il comporte le nom, prénom, et qualité de sa signataire, en l'espèce Mme D E, maire déléguée de Chouzy-sur-Cisse, adjointe à l'urbanisme de Valloire-sur-Cisse ainsi que sa signature. Par suite, ce moyen sera écarté comme manquant en fait.

9. L'ensemble des autres moyens ayant été écartés, les conclusions de Mme B présentées à fin d'annulation, sur lesquelles le tribunal avait sursis à statuer, doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

10. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative tant par Mme B que par la société Orange et la commune nouvelle de Valloire-sur-Cisse.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune nouvelle de Valloire-sur-Cisse et la société Orange en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, à la commune nouvelle de Valloire-sur-Cisse, à la société Orange et à la société Circet.

Délibéré après l'audience du 24 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Delamarre, présidente,

Mme Bertrand, première conseillère,

Mme Pajot, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 décembre 2022.

La rapporteure,

Anne-Laure A

La présidente,

Anne-Laure DELAMARRE La greffière,

Aurore MARTIN

La République mande et ordonne au préfet du Loir-et-Cher en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement

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