mercredi 13 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2001215 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL TEISSONNIERE TOPALOFF LAFFORGUE ANDREU |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête et des mémoires, enregistrés sous le n° 2001215, les 20 mars 2020, 15 avril 2020 et 27 juillet 2021, M. E A, représenté par Me Macouillard, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 6 août 2019 par laquelle le maire de Tours ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de travaux déposée par la société Cellnex pour l'installation de six antennes de relais de téléphonie mobile sur le toit d'un immeuble ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux adressé à la commune du 22 novembre 2019 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Tours la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- il justifie d'un intérêt à agir contre la décision attaquée ;
- la signataire de la décision attaquée ne justifie pas d'une délégation de signature ;
- le signataire de la déclaration préalable ne justifie pas d'un mandat pour représenter la société Cellnex ;
- la société Cellnex ne pouvait sans méconnaître l'article A. 424-16 du code de l'urbanisme ne pas préciser l'emprise des antennes relais sur la toiture de l'immeuble ;
- en l'absence d'indication dans le dossier de demande sur l'emprise au sol et la surface de plancher des installations techniques projetées permettant de vérifier si le projet relevait du permis de construire ou de la déclaration préalable, le maire ne pouvait que s'opposer à la déclaration préalable ;
- le projet relève du permis de construire aux motifs que la hauteur des antennes excède la hauteur maximale du toit en violation du PLU et que l'immeuble est situé dans une zone protégée au sens des articles R. 421-1 et R. 421-9 du code de l'urbanisme et aux abords de monuments historiques ;
- le projet contesté a été autorisé en méconnaissance des principes de précaution et de prévention prévus par les articles R. 111-15 du code de l'urbanisme par renvoi aux articles L. 110-1 et L. 110-2 du code de l'environnement et les stipulations des articles 1er, 3, 5 et 6 de la charte de l'environnement compte tenu des incertitudes qui subsistent sur l'existence et la portée des risques que ces installations font porter sur la santé humaine.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 décembre 2020, la commune de Tours, représentée par Me Cebron de Lisle, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, au sursis à statuer en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme ou à l'annulation partielle de la décision attaquée sur le fondement de l'article L. 600-5 du même code et en tout état de cause à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge du requérant sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. A n'est fondé.
Par des mémoires enregistrés les 9 décembre 2020 et 21 septembre 2021, la société Cellnex, représentée par Me Hamri, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge du requérant sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le requérant ne justifie pas d'un intérêt à agir ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par des mémoires en intervention, enregistrés les 9 décembre 2020 et 21 septembre 2021, la société Bouygues telecom, représentée par Me Hamri, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge du requérant sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le requérant ne justifie pas d'un intérêt à agir ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
II. Par une requête et des mémoires, enregistrés sous le n° 2001528, les 24 avril 2020 et 27 juillet 2021, M. A, représenté par Me Macouillard, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 6 août 2019 par laquelle le maire de Tours ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de travaux déposée par la société Cellnex pour l'installation de six antennes de relais de téléphonie mobile sur le toit d'un immeuble ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux adressé à la commune du 6 décembre 2019 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Tours la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- il justifie d'un intérêt à agir contre la décision attaquée ;
- la signataire de la décision attaquée ne justifie pas d'une délégation de signature ;
- le signataire de la déclaration préalable ne justifie pas d'un mandat pour représenter la société Cellnex ;
- la société Cellnex ne pouvait sans méconnaître l'article A. 424-16 du code de l'urbanisme ne pas préciser l'emprise des antennes relais sur la toiture de l'immeuble ;
- en l'absence d'indication dans le dossier de demande sur l'emprise au sol et la surface de plancher des installations techniques projetées permettant de vérifier si le projet relevait du permis de construire ou de la déclaration préalable, le maire ne pouvait que s'opposer à la déclaration préalable ;
- le projet relève du permis de construire aux motifs que la hauteur des antennes excède la hauteur maximale du toit en violation du PLU et que l'immeuble est situé aux abords de monuments historiques ;
- le projet contesté a été autorisé en méconnaissance des principes de précaution et de prévention prévus par les articles R. 111-15 du code de l'urbanisme par renvoi aux articles L. 110-1 et L. 110-2 du code de l'environnement et les stipulations des articles 1er, 3, 5 et 6 de la charte de l'environnement compte tenu des incertitudes qui subsistent sur l'existence et la portée des risques que ces installations font porter sur la santé humaine.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 décembre 2020, la commune de Tours, représentée par Me Cebron de Lisle, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, au sursis à statuer en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme ou à l'annulation partielle de la décision attaquée sur le fondement de l'article L. 600-5 du même code et, en tout état de cause, à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge du requérant sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. A n'est fondé.
Par des mémoires enregistrés les 9 décembre 2020 et 21 septembre 2021, la société Cellnex, représentée par Me Hamri, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge du requérant sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le requérant ne justifie pas d'un intérêt à agir ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par des mémoires en intervention, enregistrés les 9 décembre 2020 et 21 septembre 2021, la société Bouygues Telecom, représentée par Me Hamri, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge du requérant sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le requérant ne justifie pas d'un intérêt à agir ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu l'avis de renvoi d'audience.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Charte de l'environnement ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme H a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Le 6 juin 2019, la société Cellnex, mandatée par la société Bouygues Telecom, a déposé une déclaration préalable portant sur l'installation de six antennes de relais de téléphonie mobile sur un immeuble situé au 4 rue Victor Grossein sur le territoire de la commune de Tours. Le 18 juillet 2019, l'architecte des bâtiments de France a émis un avis favorable au projet. Par arrêté du 6 août 2019, le maire de Tours ne s'est pas opposé à la déclaration préalable. Par lettres du 22 novembre 2019, reçue le 25 novembre suivant, puis du 6 décembre 2019, M. A a présenté deux recours gracieux contre cet arrêté. Par les requêtes enregistrées sous les n°s 2001215 et 2001528, M. A demande l'annulation de l'arrêté du 6 août 2019 ainsi que des deux décisions portant rejet implicite de ses recours gracieux.
Sur la jonction des requêtes :
2. Les requêtes susvisées n° 2001215 et n° 2001528, présentées pour M. A présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur l'intervention de la société Bouygues Telecom :
3. La société Bouygues Telecom a intérêt au maintien de la décision attaquée. Ainsi son intervention est recevable.
Sur les conclusions en annulation :
4. En, premier lieu, aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints () ". L'article L. 2131-1 du même code dispose que : " Les actes pris par les autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'il a été procédé à leur publication ou affichage ou à leur notification aux intéressés ainsi qu'à leur transmission au représentant de l'Etat dans le département ou à son délégué dans l'arrondissement. () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 30 octobre 2017, une délégation de fonctions a été accordée à Mme D F, 11ème adjointe du maire, signataire de la décision attaquée dans le champ de l'urbanisme ainsi qu'une délégation de signature à l'effet de signer tous les " actes, arrêtés, documents et correspondances se rapportant à cette question ". Il ressort des mentions de cet arrêté, qui font foi jusqu'à preuve contraire, qu'il a été transmis à la préfecture le 30 octobre 2017 et publié à cette même date. Le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision attaquée doit, par suite, être écarté comme manquant en fait.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme : " () les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux () ". Aux termes de l'article R. 431-5 du même code, dans sa rédaction applicable : " La demande de permis de construire précise : / a) L'identité du ou des demandeurs, qui comprend son numéro SIRET lorsqu'il s'agit d'une personne morale en bénéficiant et sa date de naissance lorsqu'il s'agit d'une personne physique () /. La demande comporte également l'attestation du ou des demandeurs qu'ils remplissent les conditions définies à l'article R. 423-1 pour déposer une demande de permis ".
7. Il résulte des dispositions citées au point 6 que, sous réserve de la fraude, le pétitionnaire qui fournit l'attestation prévue à l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme selon laquelle il remplit les conditions fixées par l'article R. 423-1 du même code doit être regardé comme ayant qualité pour présenter sa demande. Il résulte également de ces dispositions qu'une demande d'autorisation d'urbanisme concernant un terrain soumis au régime juridique de la copropriété peut être régulièrement présentée par son propriétaire, son mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par lui à exécuter les travaux, alors même que la réalisation de ces travaux serait subordonnée à l'autorisation de l'assemblée générale de la copropriété, une contestation sur ce point ne pouvant être portée, le cas échéant, que devant le juge judiciaire. Une telle contestation ne saurait, par elle-même, caractériser une fraude du pétitionnaire entachant d'irrégularité la demande d'autorisation d'urbanisme.
8. Il est constant que la déclaration préalable en litige a été signée par M. G, qui a attesté, dans la rubrique n° 8 du formulaire Cerfa de déclaration préalable, avoir qualité pour présenter cette déclaration pour le compte de la société Cellnex, représentée par Mme B. Il ressort des pièces du dossier, d'une part, que la société Cellnex a donné mandat à la société Bouygues Telecom, notamment, de constituer, déposer et signer les dossiers de demandes d'autorisation pour le déploiement des sites de communications électroniques et l'a autorisée à sous-traiter l'ensemble de ces missions, d'autre part, que la société Bouygues Telecom a donné mandat, le 2 janvier 2019, à la société Axione d'accomplir l'ensemble de ces missions et, enfin, que M. G, responsable " Unité Production " au sein de la société Axione disposait d'une délégation de signature " pour l'ensemble du contrat Bouygues Telecom " consentie le 2 janvier 2019, par M. C, directeur Région Ouest de cette société. Il ressort des tampons dateurs apposés sur les pièces produites en défense que l'ensemble de ces mandats et délégation étaient joints dans le dossier de déclaration préalable. Il s'ensuit et, alors qu'il n'apparaît pas que la commune aurait disposé, lorsqu'elle a statué, d'informations de nature à établir l'existence d'une fraude ou que le signataire du dossier de déclaration préalable n'aurait justifié d'aucun droit à déposer la déclaration, que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme doit être écarté.
9. En troisième lieu, aux termes de l'article A. 424-16 du code de l'urbanisme : " Le panneau prévu à l'article A. 424-15 indique le nom, la raison sociale ou la dénomination sociale du bénéficiaire, le nom de l'architecte auteur du projet architectural, la date de délivrance, le numéro du permis, la nature du projet et la superficie du terrain ainsi que l'adresse de la mairie où le dossier peut être consulté () ".
10. Le requérant ne saurait utilement se prévaloir de l'article A. 424-16 du code de l'urbanisme pour critiquer l'absence d'indication, dans les plans de masse joints à la déclaration préalable, des dimensions précises des installations accessoires de l'antenne dès lors que cet article a trait à l'affichage sur le terrain de la déclaration préalable. Le moyen doit, par suite, être écarté.
11. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 421-1 du code de l'urbanisme : " Les constructions nouvelles doivent être précédées de la délivrance d'un permis de construire, à l'exception : / () b) Des constructions mentionnées aux articles R. 421-9 à R. 421-12 qui doivent faire l'objet d'une déclaration préalable. ". Aux termes de l'article R. 421-9 du même code : " En dehors du périmètre des sites patrimoniaux remarquables, des abords des monuments historiques et des sites classés ou en instance de classement, les constructions nouvelles suivantes doivent être précédées d'une déclaration préalable, à l'exception des cas mentionnés à la sous-section 2 ci-dessus : / () j) Les antennes-relais de radiotéléphonie mobile et leurs systèmes d'accroche, quelle que soit leur hauteur, et les locaux ou installations techniques nécessaires à leur fonctionnement dès lors que ces locaux ou installations techniques ont une surface de plancher et une emprise au sol supérieures à 5 m2 et inférieures ou égales à 20 m2. ". Aux termes de l'article R. 421-14 du même code : " Sont soumis à permis de construire les travaux suivants, exécutés sur des constructions existantes, à l'exception des travaux d'entretien ou de réparations ordinaires : a) Les travaux ayant pour effet la création d'une surface de plancher ou d'une emprise au sol supérieure à vingt mètres carrés ; b) Dans les zones urbaines d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu, les travaux ayant pour effet la création d'une surface de plancher ou d'une emprise au sol supérieure à quarante mètres carrés ; toutefois, demeurent soumis à permis de construire les travaux ayant pour effet la création de plus de vingt mètres carrés et d'au plus quarante mètres carrés de surface de plancher ou d'emprise au sol, lorsque leur réalisation aurait pour effet de porter la surface ou l'emprise totale de la construction au-delà de l'un des seuils fixés à l'article R. 431-2 () ". Aux termes de l'article R. 421-17 du même code : " Doivent être précédés d'une déclaration préalable lorsqu'ils ne sont pas soumis à permis de construire en application des articles R. 421-14 à R. 421-16 les travaux exécutés sur des constructions existantes, à l'exception des travaux d'entretien ou de réparations ordinaires, et les changements de destination des constructions existantes suivants : a) Les travaux ayant pour effet de modifier l'aspect extérieur d'un bâtiment existant, à l'exception des travaux de ravalement ; () f) Les travaux qui ont pour effet la création soit d'une emprise au sol, soit d'une surface de plancher supérieure à cinq mètres carrés et qui répondent aux critères cumulatifs suivants : - une emprise au sol créée inférieure ou égale à vingt mètres carrés ; - une surface de plancher créée inférieure ou égale à vingt mètres carrés. Ces seuils sont portés à quarante mètres carrés pour les projets situés en zone urbaine d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu, à l'exclusion de ceux impliquant la création d'au moins vingt mètres carrés et d'au plus quarante mètres carrés de surface de plancher ou d'emprise au sol lorsque cette création conduit au dépassement de l'un des seuils fixés à l'article R. 431-2 du présent code () ".
12. D'une part, il est constant que l'immeuble sur lequel les antennes relais de téléphonie mobile doivent être installées se situe aux abords de monuments historiques. M. A ne saurait dès lors invoquer utilement la méconnaissance de l'article R. 421-9 du code qui ne trouve à s'appliquer qu'aux projets situés en-dehors, notamment, des abords des monuments historiques. A supposer que le requérant ait entendu invoquer la méconnaissance de l'article R. 421-11 du même code, applicable aux projets situés notamment aux abords des monuments historiques, ce dernier article n'est pas davantage applicable au projet en cause dès lors qu'il ne régit que les " constructions nouvelles " et non les " travaux exécutés sur des constructions existantes ", catégorie à laquelle appartient le projet contesté et qui est régie par les dispositions des articles R. 421-13 et suivants du même code. D'autre part, si ce type d'ouvrage, pour être soumis à simple déclaration préalable, doit respecter les critères fixés par les articles R. 421-14 et R. 421-17 cités au point 11 et, notamment, avoir pour effet, pour l'ensemble constitué par la ou les antennes-relais et par l'armoire technique, la création d'une surface hors œuvre brute comprise entre cinq et 40 mètres carrés en zone urbaine, en revanche, sa hauteur est sans incidence sur la détermination du régime applicable. M. A ne saurait dès lors soutenir que la hauteur des antennes relais en cause méconnaîtrait les dispositions du code de l'urbanisme. S'il soutient que la hauteur des antennes méconnaîtrait également le règlement du plan local d'urbanisme, il ne précise nullement la disposition du règlement du plan local d'urbanisme qui serait ainsi méconnue. Enfin, en se bornant à soutenir que les plans de masse joints à la déclaration préalable laissent à penser que l'emprise au sol et la surface de plancher des installations des antennes semble excéder le seuil maximal de 40 m² admis pour les projets situés en zone urbaine d'un plan local d'urbanisme, le requérant n'établit pas que le projet ne relèverait pas de la déclaration préalable mais du régime du permis de construire, alors qu'il ressort du dossier de déclaration préalable, notamment des plans de masse initial et projeté daté du 1er novembre 2018, tels qu'éclairés par le plan d'emprise également daté du 1er novembre 2018 permettant d'apprécier les emprises de chacun des modules que, quand bien même les dimensions précises des installations accessoires de l'antenne n'étaient pas mentionnées dans les plans de masse joints à la déclaration préalable, le projet répondait aux critères cumulatifs énoncés par les dispositions précitées et relevait, par suite, du régime de la déclaration préalable et non du permis de construire. Le moyen doit, par suite, être écarté.
13. En cinquième lieu, aux termes de l'article 5 de la Charte de l'environnement : " Lorsque la réalisation d'un dommage, bien qu'incertaine en l'état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l'environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution et dans leurs domaines d'attributions, à la mise en œuvre de procédures d'évaluation des risques et à l'adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage ". Aux termes de l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme : " Le permis ou la décision prise sur la déclaration préalable doit respecter les préoccupations d'environnement définies aux articles L. 110-1 et L. 110-2 du code de l'environnement. Le projet peut n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si, par son importance, sa situation ou sa destination, il est de nature à avoir des conséquences dommageables pour l'environnement () ". Aux termes enfin du II de l'article L. 110-1 du code de l'environnement : " () / 1° Le principe de précaution, selon lequel l'absence de certitudes, compte tenu des connaissances scientifiques et techniques du moment, ne doit pas retarder l'adoption de mesures effectives et proportionnées visant à prévenir un risque de dommages graves et irréversibles à l'environnement à un coût économiquement acceptable () ".
14. S'il appartient à l'autorité administrative compétente pour se prononcer sur la délivrance d'une autorisation en application de la législation sur l'urbanisme, de prendre en compte le principe de précaution énoncé à l'article 5 de la Charte de l'environnement et auquel se réfère l'article L. 110-1 du code de l'environnement auquel renvoie l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme, ces dispositions ne lui permettent pas, indépendamment des procédures d'évaluation des risques et des mesures provisoires et proportionnées susceptibles, le cas échéant, d'être mises en œuvre par les autres autorités publiques dans leur domaine de compétence, de refuser légalement la délivrance d'une autorisation d'urbanisme en l'absence d'éléments circonstanciés sur l'existence, en l'état des connaissances scientifiques, de risques, même incertains, de nature à justifier un tel refus d'autorisation.
15. En l'espèce, en se référant à l'avis de l'agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) du 8 juillet 2016 et au communiqué de presse du centre international de recherche sur le cancer, dépendant de l'Organisation mondiale de la santé, du 31 mai 2011, qui classe les champs électromagnétiques de radiofréquences comme " peut-être cancérogènes pour l'homme ", dans les suites d'une étude portant principalement sur l'utilisation du téléphone individuel et non sur les antennes de radiotéléphonie installées sur les toits, M. A n'apporte aucun élément circonstancié de nature à établir l'existence, en l'état des connaissances scientifiques, d'un risque pouvant résulter pour le requérant de son exposition aux champs électromagnétiques émis par les antennes relais de téléphonie mobile et justifiant en l'espèce que, indépendamment des procédures d'évaluation des risques et des mesures provisoires et proportionnées susceptibles, le cas échéant, d'être mises en œuvre par les autorités compétentes, le maire de Tours s'oppose à la déclaration préalable présentée par la société Cellnex, en application de la législation de l'urbanisme. Il s'ensuit que c'est sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation au regard du principe de précaution, tel qu'énoncé par l'article 5 de la Charte de l'environnement, que le maire de Tours ne s'est pas opposé à la déclaration préalable.
16. En dernier lieu, d'une part, aux termes de l'article 3 de la Charte de l'environnement : " Toute personne doit, dans les conditions définies par la loi, prévenir les atteintes qu'elle est susceptible de porter à l'environnement ou, à défaut, en limiter les conséquences ". Il résulte de ces dispositions que l'obligation incombant à toute personne de prévenir ou limiter les atteintes qu'elle est susceptible de porter à l'environnement ne s'impose que dans les conditions définies par les dispositions législatives ainsi que par les dispositions réglementaires et les autres actes adoptés pour les mettre en œuvre. Elles ne sont dès lors pas directement invocables à l'encontre d'une décision individuelle.
17. D'autre part, aux termes du II de l'article L. 110-1 du code de l'environnement auquel renvoie l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme cité au point 10 : " () 2° Le principe d'action préventive et de correction, par priorité à la source, des atteintes à l'environnement, en utilisant les meilleures techniques disponibles à un coût économiquement acceptable () implique d'éviter les atteintes à la biodiversité et aux services qu'elle fournit ; à défaut, d'en réduire la portée ; enfin, en dernier lieu, de compenser les atteintes qui n'ont pu être évitées ni réduites, en tenant compte des espèces, des habitats naturels et des fonctions écologiques affectées () ". Il résulte des dispositions de l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme qu'elles ne permettent pas à l'autorité administrative de refuser un permis de construire, mais seulement de l'accorder sous réserve du respect de prescriptions spéciales relevant de la police de l'urbanisme, telles que celles relatives à l'implantation ou aux caractéristiques des bâtiments et de leurs abords, si le projet de construction est de nature à avoir des conséquences dommageables pour l'environnement.
18. Si M. A soutient que le principe de prévention imposait que les antennes relais contestées soient implantées dans des zones beaucoup moins dangereuses pour les riverains qui occupent l'immeuble, il n'établit pas la réalité des risques qu'il invoque, ainsi qu'il a été dit au point 12 susceptibles de fonder la décision attaquée, alors qu'il ressort des pièces du dossier qu'il a été procédé à différentes mesures de l'altitude d'implantation des antennes, de leur direction, de leur inclinaison et de leur fréquence aux fins de vérifier que leur intensité d'exposition soit conforme aux valeurs limites d'exposition fixées par le décret du 3 mai 2002. Le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit, par suite, être écarté.
19. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non recevoir opposée par la société Cellnex, que les conclusions en annulation de la requête doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
20. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Tours, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. A les sommes de 1 200 euros au titre des frais exposés respectivement par la commune de Tours et par la société Cellnex et non compris dans les dépens. En revanche, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative s'opposent à ce qu'il soit fait droit aux conclusions présentées à ce titre par la société Bouygues Telecom, qui n'est pas partie à l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : L'intervention de la société Bouygues Telecom est admise.
Article 2 : La requête de M. A est rejetée.
Article 3 : M. A versera à la commune de Tours la somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : M. A versera à la société Cellnex la somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Les conclusions présentées par la société Bouygues Telecom sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. E A, à la commune de Tours, à la société Cellnex et à la société Bouygues Telecom.
Délibéré après l'audience du 6 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Montes-Derouet, présidente, première conseillère faisant fonction de présidente,
Mme Dumand, première conseillère,
Mme Pajot, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2022.
La présidente, première conseillère
faisant fonction de présidente,
Isabelle H
L'assesseure la plus ancienne,
Séverine DUMAND
La greffière,
Aurore MARTIN
La République mande et ordonne à la préfète d'Indre-et-Loire en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
N°s 2001215
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026