lundi 14 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2001446 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | POITOUT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 10 avril 2020 et 22 septembre 2020, l'EARL Luc B, représenté par Me Poitout, demande au tribunal dans ses dernières écritures :
1°) d'annuler la délibération du 20 février 2020 par laquelle le conseil communautaire de la communauté de communes " Portes Euréliennes d'Ile de France " a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal des Quatre Vallées, en ce qu'il crée une zone Ns, d'une part, en ce qu'il classe en zone N les parcelles vouées à l'élevage où est établi le siège de son exploitation, d'autre part ;
2°) d'enjoindre à la communauté de communes " Portes Euréliennes d'Ile de France " de prendre toutes dispositions, dans le mois qui suivra la notification du jugement à intervenir, pour procéder au classement en zone A de l'ensemble de ces parcelles, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la communauté de communes "Portes Euréliennes d'Ile de France" la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la zone Ns créée sur la seule commune de Nogent Le Roi ne comporte aucun règlement et n'a donc de ce fait aucune existence, ce qui rend illégal le classement de certaines de ses parcelles dans cette zone ;
- le règlement de la zone N est illégal en ce qu'il ne permet pas les constructions et installations nécessaires à l'exploitation agricole et forestière ;
- le règlement de la zone N est en contradiction avec les objectifs du projet d'aménagement et de développement durables (PADD) et plus spécialement avec les objectifs 1, 2, 3 et 7 de l'axe 2 ;
- le classement de ses parcelles ZP 50, 51, 52, 53, 129 en zone N est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 02 août 2020 et 18 novembre 2020, la communauté de communes "Portes Euréliennes d'Ile de de France" représentée par Me Schmidt-Sarels, conclut au rejet de la requête et à la condamnation de l'Earl Luc B à lui verser la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 19 avril 2021, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 17 mai 2021.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre le classement des terrains situées au lieu-dit " les Vacheresses " en zone Ns.
Par un mémoire enregistré le 4 octobre 2022, l'EARL Luc B représenté par Me Poitout a répondu au moyen d'ordre public.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de Mme Dumand, rapporteure publique,
- et les observations de Me Poitout, représentant l'EARL Luc B et Me Avonture- Herbault représentant la communauté de communes.
Considérant ce qui suit :
1. Par délibération du 6 novembre 2015, le conseil communautaire de la communauté de communes des Quatre Vallées a décidé de prescrire l'élaboration d'un plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) sur le territoire des douze communes membres de l'établissement public, à savoir les communes de Bréchamps, Chaudon, Coulombs, Croisilles, Faverolles, Lormaye, Néron, Nogent le Roi, Les Pinthières, Saint-Laurent la Gâtine, Saint-Lucien, Senantes. En janvier 2017, la communauté de communes des Quatre Vallées a fusionné avec d'autres communautés de communes au sein de la communauté de communes " Portes Euréliennes d'Ile de France " qui regroupe 39 communes. Le nouvel établissement public ainsi créé a décidé de poursuivre l'élaboration du plan local d'urbanisme, sans en étendre le périmètre, et par délibération du 7 février 2019 a débattu des orientations générales du projet d'aménagement et de développement durables (PADD). Par délibérations du 27 juin 2019, il a tiré le bilan de la concertation et arrêté le projet de PLUi. Après recueil de l'avis des personnes publiques et enquête publique, le projet de PLUi a été approuvé par délibération du 20 février 2020. Par la présente requête, l'EARL Luc B demande l'annulation de la délibération du 20 février 2020 approuvant le projet de PLUi en tant qu'il classe pour partie en zone NS et pour partie en zone N les parcelles dont il est propriétaire, situées au lieu-dit " les Vacheresses " sur la commune de Nogent le Roi. Il demande également l'annulation de la délibération approuvant le PLUi en tant qu'il classe l'ensemble de ces parcelles en zone N.
Sur l'irrecevabilité d'une partie des conclusions :
2. Il ressort des pièces du dossier que le projet de PLUi arrêté le 27 juin 2019 avait classé les parcelles 399ZP50, 399ZP51, 399ZP53, et 99ZP129, propriété de M. A B, en zone NS. Toutefois, pour tenir compte de l'avis des personnes publiques associées et plus spécialement de la direction départementale des territoires, il a été décidé par les auteurs de PLUi de ne pas maintenir ce classement, lequel a été supprimé. Alors que le PLUi approuvé le 20 février 2020 ne comporte aucune parcelle inscrite en zone Ns, les conclusions du requérant sont, sur ce point, sans objet et par suite, irrecevables.
Sur les conclusions à fins d'annulation et d'injonction :
3. Aux termes de l'article R 151-24 du code de l'urbanisme : " Les zones naturelles et forestières sont dites " zones N ". Peuvent être classés en zone naturelle et forestière, les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison : 1° Soit de la qualité des sites, milieux et espaces naturels, des paysages et de leur intérêt, notamment du point de vue esthétique, historique ou écologique ; / 2° Soit de l'existence d'une exploitation forestière ; / 3° Soit de leur caractère d'espaces naturels ; / 4° Soit de la nécessité de préserver ou restaurer les ressources naturelles ; / 5° Soit de la nécessité de prévenir les risques notamment d'expansion des crues. ". En outre, aux termes de l'article R 151-25 de ce même code : " Peuvent être autorisées en zone N : 1° Les constructions et installations nécessaires à l'exploitation agricole et forestière, ou au stockage et à l'entretien de matériel agricole par les coopératives d'utilisation de matériel agricole agréées au titre de l'article L. 525-1 du code rural et de la pêche maritime ; / 2° Les constructions, installations, extensions ou annexes aux bâtiments d'habitation, changements de destination et aménagements prévus par les articles L. 151-11, L. 151-12 et L. 151-13, dans les conditions fixées par ceux-ci. ".
4. Le requérant soutient, en premier lieu, que le règlement de zone N est illégal en ce qu'il ne permet pas les constructions et installations nécessaires à l'exploitation agricole et forestière D'une part, le rapport de présentation définit la zone N comme correspondant aux milieux et espaces naturels identifiés comme constitutifs de la trame verte et bleue laquelle regroupe le lit mineur de l'Eure et ses plans d'eaux artificiels, les peuplements forestiers des coteaux et les zones humides, ayant soit une fonction de réservoir de biodiversité, soit une fonction de corridor écologique, soit correspondant à un ensemble boisé à préserver. Il s'agit de secteurs à préserver au regard de la biodiversité ou de leur qualité en termes paysagers. Un tel classement correspond aux prescriptions posées par l'article précité R. 151-24 du code de l'urbanisme. D'autre part, la circonstance que le règlement de la zone N n'autorise pas " les constructions et installations nécessaires à l'exploitation agricole et forestière " et ne permet que l'évolution des constructions existantes en l'encadrant strictement n'est pas de nature à entacher le PLU d'erreur de droit dès lors qu'aux regard des termes de l'article R. 151-25, rappelés au point 3, il ne s'agit que d'une faculté et non d'une obligation. Alors même que les auteurs du PLUi n'étaient pas tenus de prévoir une telle possibilité dans le règlement, et qu'ils ont justifié leur choix au regard des enjeux environnementaux pesant sur les zones en cause, le moyen doit être écarté.
5. En deuxième lieu, le requérant soutient que le classement de ses parcelles en zone N est en contradiction avec les objectifs du PADD, se prévalant tout à la fois de l'objectif 2 de l'axe 1 relatif à la " préservation des prairies humides de fond de vallée, potentiel de développement de l'activité d'élevage (bovin / ovin, équestre, etc.) " et de l'objectif 7 de ce même axe en vue de " pérenniser les activités agricoles et accompagner leurs évolutions potentielles ". Il souligne que le règlement de la zone, qui interdit toute construction nouvelle à usage agricole, contrevient à ces objectifs et ne favorisera pas le maintien d'une activité pastorale sur ses parcelles. Toutefois, le PADD prévoit au titre de l'objectif 1 de l'axe 2 " Assurer la préservation de la trame verte et bleue et son intégration dans les milieux urbains ", de limiter l'artificialisation des sols sur les secteurs inondables dont fait partie le secteur du ruisseau de Vacheresses. Il invite également à la préservation ou replantation et à la gestion durable des haies et des éléments boisés, refuge pour la faune sur certains secteurs de lisière agricoles et notamment sur les fonds de vallée. L'objectif n° 6 de ce même axe prévoit encore la mise en valeur et en accessibilité du patrimoine lié à l'eau et notamment des ruisseaux. Alors que les terrains concernés se situent de part et d'autre du ruisseau de Vacheresses, affluent du Roulebois, lequel se jette dans l'Eure, au sein d'un vaste espace naturel composé de prairies et de bois, le classement des parcelles en cause, lequel traduit le choix des auteurs du PLUi de privilégier la protection d'un milieu écologique de qualité, n'apparaît pas en contradiction avec les objectifs du PADD. Le moyen doit donc être écarté.
6. En dernier lieu, le requérant soutient que le classement de ses parcelles 399ZP50, 399ZP51, 399ZP53, et 99ZP129 est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation. A ce titre, il affirme que leur valeur écologique n'est pas démontrée, ajoutant que suite à la construction de la nouvelle déviation, des terrassements de plus de 5 m de haut ont été réalisés ce qui ne s'accorde pas avec la " prétendue volonté " de préservation du site. Il se prévaut en outre de l'avis des services de l'Etat, lesquels ont souligné l'intérêt de maintenir une activité pastorale sur ces parcelles. Toutefois, ainsi que l'indique le rapport de présentation du PLUi, le fond de vallée présent à l'entrée de Vacheresses les Basses, inclut à la fois une zone humide d'importance, un boisé conséquent, un dénivelé aux risques notables et mène au ruisseau de Vacheresses " proposant un milieu écologique de qualité ". Les auteurs du PLUi ont entendu préserver cet espace qui, ainsi qu'il a été dit au point 6, s'inscrit de part et d'autre du ruisseau de Vacheresses. Dès lors, nonobstant l'absence d'étude spécifique sur le secteur, au demeurant non exigée par les dispositions législatives et réglementaires applicables, et contrairement à ce que prétend le requérant, sa valeur écologique est établie. C'est d'ailleurs ce qui avaient conduit les auteurs du précédent PLU à classer ces parcelles en zone naturelle. De plus, le plan des contraintes, fait apparaître sur ces parcelles un risque d'inondabilité, bien que le secteur ne soit pas couvert par un plan de prévention des risques d'inondation (PPRI), peu compatible avec la construction d'un hangar de 2 500 m2 envisagée par le requérant. Par suite, la seule circonstance qu'elles bénéficient d'une subvention au titre de la politique agricole commune ne suffit pas à établir qu'en ne procédant pas au classement de ces parcelles en zone agricole, les auteurs du PLUi auraient commis une erreur manifeste d'appréciation de leur situation. Il s'ensuit que le moyen doit être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de l'EARL Luc B tendant à l'annulation de la délibération du 20 février 2020 portant approbation du PLU de la communauté de communes " Portes Euréliennes d'Ile de France " en tant qu'il classe pour partie en zone N les parcelles dont il est propriétaire, situées au lieu-dit " les Vacheresses ", doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fins d'injonction.
Sur les frais liés à l'instance :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la communauté de communes " Portes Euréliennes d'Ile de France ", qui n'est pas la partie perdante dans la présente affaire, verse à l'EARL Luc B la somme demandée au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de mettre à la charge de l'EARL Luc B, sur ce même fondement, la somme de 1 500 euros à verser à la communauté de communes " Portes Euréliennes d'Ile de France ".
D E C I D E :
Article 1er : La requête de l'EARL Luc B est rejetée.
Article 2 : L'EARL Luc B versera à la communauté de communes " Portes euréliennes d'Ile de France " la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'EARL Luc B, à la communauté de communes " Portes euréliennes d'Ile de France ".
Délibéré après l'audience du 21 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Delamarre, présidente,
Mme Defranc-Dousset, première conseillère,
Mme Pajot, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 novembre 2022.
La rapporteure,
Hélène C
La présidente,
Anne-Laure DELAMARRE La greffière,
Aurore MARTIN
La République mande et ordonne à la préfète d'Eure-et-Loir en ce qui la concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
2001446
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026