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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2001448

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2001448

mercredi 6 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2001448
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantCABINET CASADEI-JUNG

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 14 avril 2020, 15 décembre 2020 et 12 mars 2021, la SCI Adlia et M. A et Mme C E, représentés par Me Dalibard, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 7 novembre 2019 par laquelle le maire de Montbazon ne s'est pas opposé à la déclaration préalable déposée par la commune de Montbazon pour la réfection du parc de stationnement du cimetière communal ainsi que la décision du 13 février 2020 portant rejet de leur recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Montbazon la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent, dans le dernier état de leurs écritures, que :

- ils justifient d'un intérêt à agir ;

- la décision attaquée, qui fait expressément référence à " une déclaration préalable avec mise en conformité du PLU ", est entachée d'un vice de procédure en l'absence de toute enquête publique prévue pour les procédures de mise en conformité des plans locaux d'urbanisme (PLU) par l'article L. 153-54 du code de l'urbanisme ;

- la décision attaquée n'est pas motivée dès lors que n'était pas joint l'avis rendu par l'architecte des bâtiments de France ;

- l'appréciation de l'architecte des bâtiments de France a été faussée en l'absence d'indication sur l'existence préalable de la bande végétale ;

- la commune n'a pas tenu compte des prescriptions de l'architecte des bâtiments de France ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit en ce que le projet de la déclaration préalable ne relève pas de la procédure de mise en compatibilité des PLU prévue par les articles L. 153-49 et suivants et R. 153-14 et suivants du code de l'urbanisme ;

- la décision attaquée méconnaît les objectifs du projet d'aménagement et de développement durable préconisant la valorisation des espaces de stationnement par un traitement paysager et l'article UB 13-1 du plan local d'urbanisme ;

- la décision attaquée est entachée d'un détournement de pouvoir.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 9 octobre 2020 et 5 février 2021, la commune de Montbazon, représentée par Me Touche, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les requérants ne justifient pas de leur qualité pour agir au regard de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme ;

- les requérants ne justifient pas d'un intérêt pour agir ;

- aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par ordonnance du 19 mars 2021, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 16 avril 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme D,

- les conclusions de Mme Defranc-Dousset, rapporteure publique,

- et les observations de Me Dalibard, représentant les requérants et de Me Tissier-Lotz, représentant la commune de Montbazon.

Considérant ce qui suit :

1. La commune de Montbazon a déposé, le 11 septembre 2019, un dossier de déclaration préalable, aux fins de réaménager le parc de stationnement du cimetière communal. Après accord, assorti d'une réserve, émis par l'architecte des bâtiments de France le 21 octobre 2019, le maire de Montbazon ne s'est pas opposé à la déclaration préalable par arrêté du 7 novembre 2019. Par lettre du 9 janvier 2020, M. B, pour la SCI Adlia, a formé un recours gracieux contre cette décision. Par décision du 13 février 2020, le maire de Montbazon a rejeté ce recours gracieux. Par la présente requête, les requérants demandent l'annulation de ces décisions.

Sur les conclusions en annulation :

2. En premier lieu, les requérants déduisent de la mention portée dans l'arrêté attaqué selon laquelle la déclaration préalable a pour objet la " réfection du parking du cimetière avec mise en conformité du PLU " que la déclaration de non opposition à déclaration préalable aurait dû être précédée de l'enquête publique que prévoit l'article L. 153-54 du code de l'urbanisme pour les déclarations de projet. Il ressort toutefois des pièces du dossier, notamment du formulaire Cerfa de déclaration préalable, qui décrit dans la rubrique 4 le projet comme consistant à " planter 8 arbres (pommiers d'ornement) sur le parking du cimetière afin de se mettre en conformité avec le PLU ", que la mention portée dans l'arrêté attaqué, pour maladroite qu'elle soit, ne peut être comprise que comme traduisant la volonté de la commune de se mettre en conformité avec le PLU dont l'article UB 13-1 requiert que " les aires de stationnement doivent être plantées pour au moins un arbre de haute tige par 100 m² comme révélant que la commune ". Il s'ensuit, et alors que les autorisations d'urbanisme sont accordées ou refusées pour le seul projet joint au dossier de la demande, que le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée (). / Il en est de même lorsqu'elle est assortie de prescriptions () ".

4. Il ressort des pièces du dossier que la décision de non opposition à déclaration préalable a été émise sous réserve du respect des prescriptions assortissant l'avis de l'architecte des bâtiments de France, qui était visé et dont les termes ont été entièrement reproduits dans la décision attaquée. Il s'ensuit que la circonstance, invoquée par les requérants, que l'avis de l'architecte des bâtiments de France n'était pas joint à l'arrêté attaqué est sans incidence sur le caractère motivé de la décision. Le moyen tiré du défaut de motivation doit, par suite, être écarté.

5. En troisième lieu, les requérants ne sauraient utilement soutenir que la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit au motif que l'objet de la déclaration préalable ne relève pas du régime de la mise en compatibilité du plan local d'urbanisme prévu par les dispositions des articles L. 153-54 et suivants du code de l'urbanisme, dès lors qu'ainsi qu'il a été dit au point 2, il ne saurait être déduit de la rédaction maladroite de l'objet de la déclaration préalable indiqué dans l'arrêté attaqué que la commune entendait mettre en œuvre ce régime. Le moyen doit, par suite, être écarté.

6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 151-2 du code de l'urbanisme : " Le plan local d'urbanisme comprend : / 1° Un rapport de présentation ; / 2° Un projet d'aménagement et de développement durables ; / 3° Des orientations d'aménagement et de programmation ; / 4° Un règlement ; / 5° Des annexes () ". Aux termes de l'article L. 152-1 du même code : " L'exécution par toute personne publique ou privée de tous travaux, constructions, aménagements, plantations, affouillements ou exhaussements des sols, et ouverture d'installations classées appartenant aux catégories déterminées dans le plan sont conformes au règlement et à ses documents graphiques () ". Aux termes de l'article UB 13-1 du plan local d'urbanisme : " Les aires de stationnement doivent être plantées pour au moins un arbre de haute tige par 100 m² ".

7. D'une part, il résulte des dispositions citées au point 6 que le projet d'aménagement et de développement durables (PADD) n'est pas, par lui-même, opposable pour la délivrance d'une autorisation d'urbanisme. Il en résulte que les requérants ne sauraient utilement soutenir que le projet contesté ne respecterait pas les objectifs inscrits dans le chapitre 3 du PADD préconisant " un traitement paysager et urbain valorisant des espaces de stationnement qui mettent en évidence la cohérence, l'accessibilité et la facilité des déplacements au sein d'un espace central élargi englobant les secteurs de la Grange Rouge et de la Farté ". D'autre part, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué prescrit la plantation sur la parcelle, qui présente une superficie de 902 m², de 12 pommiers, dans le respect des dispositions de l'article UB 13-1 du code de l'urbanisme. Il s'ensuit que le moyen doit être écarté dans ses deux branches.

8. En cinquième lieu, les requérants ne sauraient soutenir que la circonstance que le plan du parking du cimetière, soumis à l'architecte des bâtiments de France, ne représentait pas la bande végétale qui a été supprimée lors de l'aménagement réalisé en 2016 pour augmenter les capacités de stationnement, aurait faussé l'appréciation de l'architecte des bâtiments de France au regard des orientations du PADD dès lors, qu'ainsi qu'il a été dit au point 7, les objectifs du PADD sont inopposables aux autorisations individuelles d'urbanisme.

9. En sixième lieu, la circonstance que le traitement paysager réalisé par la commune ne respecterait pas les prescriptions énoncées par l'architecte des bâtiments de France est sans incidence sur la légalité de la décision de non-opposition contestée, dès lors que l'autorisation d'urbanisme n'a d'autre objet que d'autoriser la construction conforme aux plans et indications fournis par le pétitionnaire qui s'engage, sous peine de poursuites pénales, à ce que la construction achevée réponde aux caractéristiques de la construction autorisée. Le moyen doit, par suite, être écarté.

10. Enfin, en soutenant que la décision attaquée n'aurait été prise que dans le but de nuire à leurs intérêts aux motifs qu'elle n'aurait fait l'objet d'aucune instruction et que la commune se serait " auto-octroyée " la décision, les requérants n'établissent nullement le détournement de pouvoir dont elle serait entachée, alors qu'il ressort des pièces du dossier que la commune a suivi la procédure en présentant un dossier de déclaration préalable comprenant l'ensemble des pièces requises qui a, en outre, été soumis à l'avis de l'architecte des bâtiments de France dès lors que le projet se situe dans les abords d'un monument historique. Le moyen doit, par suite, être écarté.

11. Il résulte de toute ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non recevoir opposées par la commune, que les conclusions en annulation de la décision attaquée doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Montbazon, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que les requérants demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge solidaire des requérants la somme demandée par la commune de Montbazon au même titre.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la SCI Adlia et de M. et Mme B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune de Montbazon présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Adlia, à M. A B, à Mme C E et à la commune de Montbazon.

Délibéré après l'audience du 23 juin 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Delamarre, présidente,

Mme Montes-Derouet, première conseillère,

Mme Dumand, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juillet 2022.

La rapporteure,

Isabelle D

La présidente,

Anne-Laure DELAMARRE

La greffière,

Aurore MARTIN

La République mande et ordonne à la préfète d'Indre-et-Loire en ce qui la concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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