vendredi 6 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2002097 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL SYMCHOWICZ WEISSBERG ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 27 juin 2020 et le 16 mai 2022, M. C, représenté par Me Rothdiener, avocat, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 juin 2020 du maire de la commune de Salbris portant opposition à la déclaration préalable pour la réalisation d'un enclos de 29 hectares, d'une hauteur de 2,20 mètres avec un grillage fin ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Salbris dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, à titre principal, de lui délivrer un arrêté de non-opposition à la déclaration préalable, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande dans les mêmes conditions ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Salbris la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'incompétence ;
- il est entaché d'une insuffisance de motivation en fait en méconnaissance de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions de l'article R. 421-2 du code de l'urbanisme dès lors que le projet n'était pas soumis à la procédure de déclaration préalable, celui-ci portant sur des clôtures nécessaires à l'activité agricole ou forestière et ne rentrant pas dans les cas prévus à l'article R. 421-12 du même code (dès lors que l'arrêté ne vise aucune délibération du conseil municipal soumettant toutes les clôtures à l'obligation de déposer une déclaration préalable) ;
- l'arrêté est entaché d'une erreur de droit dès lors que les dispositions de l'article N2 du règlement du plan local d'urbanisme ne sont pas opposables aux clôtures agricoles et sylvicoles et que ces dispositions ne font aucune référence à la circulation de la faune et aux espèces sauvages.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 27 avril 2022 et le 9 juin 2022, la commune de Salbris, représentée par son maire en exercice et par Me Saint-Supery, avocate, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge du requérant la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable en ce qu'elle est dirigée contre une décision purement confirmative ;
- elle sollicite en tant que besoin une substitution de motifs, la décision d'opposition pouvant également être fondée sur le fait que le projet méconnaît les dispositions des article N2 et N 11.5 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- les autres moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de Mme Dumand, rapporteure publique,
- et les observations de Me Rothdiener, représentant M. C, et de Me Lucas, représentant la commune de Salbris.
Considérant ce qui suit :
1. Le 15 mai 2020, M. C a déposé un dossier de déclaration préalable pour l'installation d'un enclos de 29 hectares d'une hauteur de 2,20 mètres avec un grillage fin. Par un arrêté du 10 juin 2020, le maire de la commune de Salbris s'est opposé à la déclaration préalable.
Sur la fin de non-recevoir opposée par la commune de Salbris :
2. Lorsque l'administration réitère les termes d'une décision déjà intervenue, cette nouvelle décision statuant sur une demande ayant le même objet, le cas échéant au terme d'une nouvelle instruction, constitue une décision confirmative de la précédente. La notification d'une telle décision confirmative d'une décision initiale devenue définitive ne peut en toute hypothèse faire courir un nouveau délai de recours. En outre, une deuxième décision dont l'objet est le même que la première revêt un caractère confirmatif, dès lors que ne s'est produit entre temps aucun changement dans les circonstances de droit ou de fait de nature à emporter des conséquences sur l'appréciation des droits ou prétentions en litige.
3. La commune de Salbris oppose une fin de non-recevoir tirée de ce que la requête serait dirigée contre une décision purement confirmative. D'une part, il ressort des pièces du dossier que M. C a déposé une première déclaration préalable le 19 mars 2020 portant sur la construction " d'un enclos d'une superficie d'environ 29ha respectant les normes d'enclos (piquets bois hauteur grillage fort empêchant l'entrée des animaux et des hommes 2,20m, grillage fin enterré de 50cm. L'enclos ne sera pas en limite de route et sera caché par des plantations, essentielle des pins sylvestres et de sapins. Sur la commune de LA FERTE IMBAULT l'enclos ne sera posé que sur la parcelle 233 ". Cette demande a fait l'objet d'une première décision d'opposition à déclaration préalable le 16 avril 2020. Le 15 mai 2020, M. C a soumis au service instructeur de la commune une nouvelle déclaration préalable dont le tracé était modifié, de sorte que les modifications apportées dans la seconde demande préalable ont permis de régulariser certains des vices opposés dans le première décision d'opposition à déclaration préalable. Le deuxième arrêté d'opposition à déclaration préalable ne saurait dès lors être regardé comme ayant le caractère d'une décision purement confirmative de la décision du 16 avril 2020. D'autre part, il est constant qu'à la date de l'introduction de la requête contre l'arrêté du 10 juin 2020, le délai de recours contre la première décision du 16 avril 2020, laquelle comportait bien la mention des voies et délais de recours, n'était pas expiré de sorte que cette décision n'avait pas acquis un caractère définitif. Par suite, la commune de Salbris n'est pas fondée à soutenir que la requête serait irrecevable en ce qu'elle serait dirigée contre d'une décision purement confirmative du premier arrêté lequel aurait acquis un caractère définitif. La fin de non-recevoir doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et, en l'absence ou en cas d'empêchement des adjoints ou dès lors que ceux-ci sont tous titulaires d'une délégation à des membres du conseil municipal. () ". Aux termes de l'article L. 2131-1 du même code : " Les actes pris par les autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'il a été procédé à leur publication ou à leur notification aux intéressés ainsi qu'à leur transmission au représentant de l'Etat dans le département ou son délégué dans l'arrondissement. Le maire certifie sous sa responsabilité, le caractère exécutoire de ces actes ". Aux termes de l'article L. 2131-2 dudit code : " Sont soumis aux dispositions de l'article L. 2131-1 les actes suivants : 2° les actes à caractère réglementaire pris par les autorités communales qui relèvent de leur compétence en application de la loi ".
5. Il résulte de ces dispositions que les arrêtés du maire portant délégation de fonction à un de ses adjoints doivent cumulativement faire l'objet de la mesure de publicité par affichage ou publication et être transmis au représentant de l'Etat pour revêtir un caractère exécutoire.
6. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 10 juin 2020 a été signé par M. B D, adjoint au maire chargé des travaux communaux, de l'urbanisme et de l'environnement et que par un arrêté du 30 avril 2014, il a reçu délégation de fonctions et de signature à l'effet de signer notamment " tous courriers, documents, actes relatifs aux domaines de sa délégation, y compris ceux relatifs aux certificats d'urbanisme, aux autorisations ou déclarations d'urbanisme () ". S'il ressort bien de la lecture dudit arrêté que celui-ci a été transmis au représentant de l'Etat le 30 avril 2014, comme en atteste le tampon, il n'en ressort pas en revanche qu'il aurait été affiché ou publié. Par ailleurs, malgré le rappel de son moyen par le requérant dans son mémoire, enregistré le 16 mai 2022 et qui lui a été communiqué, la commune n'a pas justifié du caractère exécutoire dudit arrêté par la preuve de sa publication ou son affichage. Dès lors, en l'absence d'une telle justification, il n'est pas établi que l'arrêté de délégation est devenu exécutoire. La circonstance que le premier arrêté d'opposition du 16 avril 2020 ait été signé par le maire lui-même est sans incidence sur la légalité de la décision du 10 juin 2020. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que l'arrêté a été pris par une autorité incompétente et à demander l'annulation pour ce motif.
7. La décision en litige n'étant pas annulée pour un vice tenant aux motifs qui la fondent mais pour un vice d'incompétence, la substitution de motifs ne peut être utilement demandée.
8. Par application des dispositions de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun des autres moyens invoqués n'est susceptible, en l'état du dossier, de fonder l'annulation de cette décision.
9. Il résulte de ce qui précède que M. C est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 10 juin 2020 du maire de la commune de Salbris.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. L'exécution du présent jugement implique nécessairement, eu égard au motif d'annulation retenu au point 6, que le maire de la commune de Salbris se prononce à nouveau sur la déclaration préalable de M. C. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de lui enjoindre d'y procéder dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
11. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de la commune de Salbris la somme de 1 000 euros à verser à M. C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, ces dispositions font obstacle à ce qu'une somme soit mise au même titre à la charge de M. C, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 10 juin 2020 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au maire de la commune de Salbris de se prononcer à nouveau sur la déclaration préalable de M. C dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Salbris versera à M. C la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5: Le présent jugement sera notifié à M. E C et à la commune de Salbris.
Délibéré après l'audience du 8 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Delamarre, présidente,
Mme Bailleul, conseillère,
Mme Pajot, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 janvier 2023.
La rapporteure,
Anne-Laure A
La présidente,
Anne-Laure DELAMARRELa greffière,
Aurore MARTIN
La République mande et ordonne au préfet du Loir-et-Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026