jeudi 17 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2002134 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Juge unique 4ème chambre |
| Avocat requérant | CHAUPITRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 30 juin 2020, 5 janvier 2022, 10 et 17 février 2022, M. B A, représenté par Me Toubale, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite du ministre de l'agriculture et de l'alimentation refusant de lui communiquer le document d'aménagement forestier initial portant sur une superficie d'environ 5 337 hectares reçu par les membres du conseil d'administration du domaine national de Chambord au début du mois de novembre 2014 et qui a été approuvé à l'unanimité " sans soustraction " ;
2°) d'annuler les décisions implicites de rejet opposées par le ministre de l'agriculture et de l'alimentation, par le ministre de la culture ainsi que par la direction du domaine de Chambord à sa demande de communication du compte rendu du conseil d'administration du domaine national de Chambord de début novembre 2014, incluant la liste des présents, des mandats et des excusés ainsi que des comptes rendus des conseils d'administration du premier semestre 2015 ;
3°) d'enjoindre aux autorités concernées de lui communiquer ces documents dans un délai de quinze jours.
Il soutient que :
- l'administration a méconnu la procédure énoncée à l'article L. 112-3 du code des relations entre le public et l'administration en ce qu'elle n'a pas accusé réception de sa demande ;
- la Commission d'accès aux documents administratifs n'a pas davantage respecté la formalité de l'accusé de réception, ce qui est contraire à l'article R. 343-1 du code des relations entre le public et l'administration, ni le délai d'un mois pour rendre son avis comme le prévoit l'article R. 343-3 du même code ;
- le document publié sur le site internet auquel renvoie l'avis de la Commission d'accès aux documents administratifs, en ce qu'il retient une surface cadastrale de 5 031,7236 hectares et non de 5 337 hectares, ne correspond pas au document dont il a sollicité la communication, c'est-à-dire dans sa version initiale, de sorte qu'une décision implicite de refus de communication lui a bien été opposée ;
- il appartenait au ministre de l'agriculture, s'il ne détenait pas le document en litige, de transmettre la demande de communication aux autorités compétentes (ministre de la culture ou domaine national de Chambord).
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 octobre 2021, le ministre de l'agriculture et de l'alimentation conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- s'agissant de la communication du document d'aménagement forestier, celui-ci est accessible sur internet de sorte que la demande de M. A est sans objet sur ce point ;
- s'agissant de la communication des comptes rendus des conseils d'administration du domaine national de Chambord, il revient au requérant d'en demander la communication à l'établissement public à caractère industriel et commercial de Chambord ou au ministre de la culture qui exerce la tutelle principale sur cet établissement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 décembre 2021, le domaine national de Chambord, représenté par Me Chaupitre, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. A la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir qu'il produit à l'appui de son mémoire les comptes rendus des conseils d'administration des 5 novembre 2014, 11 février, 31 mars et 20 mai 2015 ainsi que la feuille de présence au conseil d'administration du 5 novembre 2014 et une lettre du ministère de l'agriculture adressée au requérant.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Rouault-Chalier, vice-présidente pour statuer sur le litige en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de Mme Palis De Koninck, rapporteure publique,
- et les observations de M. A.
Considérant ce qui suit :
1. Par deux courriers des 9 et 25 mars 2019, M. B A a sollicité auprès du ministre de l'agriculture la communication du document d'aménagement forestier initial portant sur une superficie d'environ 5 337 hectares reçu par les membres du conseil d'administration du domaine national de Chambord au début du mois de novembre 2014 et approuvé à l'unanimité " sans soustraction ", ainsi que le compte rendu du conseil d'administration du domaine national de Chambord de début novembre 2014, incluant la liste des présents, des mandats et des excusés et les comptes rendus des conseils d'administration de cet établissement au cours du premier semestre 2015. En l'absence de réponse de la part de ce ministère, M. A a saisi la commission d'accès aux documents administratifs (CADA) d'une demande d'avis, enregistrée le 16 mai 2019. Cette dernière a émis le 19 décembre 2019 un avis au terme duquel elle considère, d'une part, que le projet d'aménagement a fait l'objet d'une diffusion publique sur le site internet de la préfecture de Loir-et-Cher rendant la demande de M. A à ce titre irrecevable et, d'autre part, que les autres documents sont communicables à charge pour le ministre de l'agriculture et de l'alimentation de transférer la demande de l'intéressé aux personnes publiques qui les détiennent. Par sa requête ci-dessus analysée, M. A demande au tribunal d'annuler la décision implicite de refus de communication des documents demandés.
Sur l'étendue du litige :
2. Le domaine national de Chambord a transmis au tribunal en pièces jointes à son mémoire en défense, lequel a été communiqué au requérant, le compte rendu signé du conseil d'administration du 5 novembre 2014 et la liste d'émargement des participants à cette séance, ainsi que les comptes rendus signés des conseils d'administration du 11 février 2015, du 31 mars 2015 et du 20 mai 2015. Il n'est pas contesté par M. A que tous les comptes rendus de réunion du conseil d'administration du domaine national de Chambord ainsi que la feuille de présence dont il avait demandé la transmission, lui ont ainsi été communiqués. Il doit donc être regardé comme ayant obtenu, sur ce point, entière satisfaction. Par suite, les conclusions de la requête de M. A tendant à l'annulation des décisions implicites de refus de communication du ministre de l'agriculture et de l'alimentation, du ministre de la culture et de la direction du domaine de Chambord ainsi que ses conclusions en injonction sont, dans cette mesure, devenues sans objet. Il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.
Sur le refus de communication du document d'aménagement forestier :
3. Aux termes de l'article L. 311-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Sous réserve des dispositions des articles L. 311-5 et L. 311-6, les administrations mentionnées à l'article L. 300-2 sont tenues de publier en ligne ou de communiquer les documents administratifs qu'elles détiennent aux personnes qui en font la demande, dans les conditions prévues par le présent livre. " et selon l'article L. 311-2 du même code : " Le droit à communication ne s'applique qu'à des documents achevés. / Le droit à communication ne concerne pas les documents préparatoires à une décision administrative tant qu'elle est en cours d'élaboration. () / Le droit à communication ne s'exerce plus lorsque les documents font l'objet d'une diffusion publique. () ". Sont habituellement considérés comme préparatoires l'ensemble des documents qui concourent à l'élaboration d'une décision administrative et sont inséparables de ce processus.
4. Il est constant que le document d'aménagement forestier 2015-2034 du domaine national de Chambord approuvé par arrêté ministériel du 7 avril 2016 fait l'objet d'une diffusion publique sur le site de la préfecture de Loir-et-Cher. Le requérant soutient toutefois que le document diffusé en ligne, qui retient une surface cadastrale de 5 031,7236 hectares et non de 5 337 hectares et qui a été modifié en septembre 2015, ne correspond pas au document soumis à l'approbation du conseil d'administration de l'établissement public en novembre 2014, qui est celui dont il a sollicité la communication. Cependant, il ressort des pièces du dossier, et en particulier du compte rendu du conseil d'administration du 5 novembre 2014, que le document litigieux, qui a fait l'objet d'un long travail d'élaboration interministériel auquel ont été également associés des représentants du domaine national de Chambord ainsi que des représentants des services de l'Office national des forêts, a été seulement débattu lors de cette séance mais n'a pas été voté. Ainsi, en l'absence de tout élément permettant d'établir que le document qui a été soumis aux membres du conseil d'administration en novembre 2014, et dont M. A entend obtenir communication, aurait présenté un caractère définitif et correspondrait au document d'aménagement de la forêt du domaine national de Chambord approuvé par l'arrêté du 7 avril 2016 et publié par l'établissement public, il doit être regardé comme constituant un document de travail non encore achevé et, par suite, non communicable. Il y a lieu, dès lors, de rejeter les conclusions de M. A en tant qu'elles tendent à l'annulation du refus implicite de communication du document d'aménagement forestier dans sa version de novembre 2014. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction doivent également être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de M. A la somme demandée par le domaine national de Chambord sur leur fondement.
DECIDE :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation du refus implicite de communication du compte rendu du conseil d'administration du domaine national de Chambord de début novembre 2014, incluant la liste des présents, des mandats et des excusés ainsi que des comptes rendus des conseils d'administration du premier semestre 2015.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : Les conclusions présentées par le domaine national de Chambord sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au domaine national de Chambord et au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 novembre 2022.
La magistrate désignée,
Patricia C
La greffière,
Nadine REUBRECHT
La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026