mardi 18 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2002139 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | UBILEX - SCP FOUGERAY LE ROY LEBAILLY NOUVELLON ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
A une requête et des mémoires, enregistrés le 30 juin 2020, le 16 octobre 2020, le
21 octobre 2020 et le 4 février 2021, M. C F, représenté A Me Gibier, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 11 mars 2020 A laquelle le conseil municipal de la commune de Montigny-le-Chartif a autorisé le maire à signer tous actes et à faire toutes les démarches en vue de la cession du chemin rural n° 53 du Boulay au profit de M. et Mme D ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Montigny-le-Chartif une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la délibération litigieuse méconnait l'article L. 2131-11 du code général des collectivités territoriales dès lors que Mme D, qui était intéressée en son nom personnel à l'objet de cette délibération, a participé au vote sur l'attribution du chemin rural n° 53 ;
- elle méconnait également l'article L. 161-10 du code rural et de la pêche maritime dès lors que le chemin rural en litige n'a pas cessé d'être affecté à l'usage du public.
A des mémoires en défense, enregistrés le 3 septembre 2020 et le 2 décembre 2020, la commune de Montigny-le-Chartif, représentée A Me Le Roy, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du requérant la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
A des mémoires, enregistrés le 27 août 2020 et le 30 novembre 2020, M. B D doit être regardé comme concluant au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
A ordonnance du 12 janvier 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au
15 février 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code rural et de la pêche maritime ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme E,
- et les conclusions de Mme Dumand, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C F est propriétaire d'une parcelle cadastrée ZO 3 située sur le territoire de la commune de Montigny-le-Chartif et séparée de la propriété de M. et Mme D A le chemin rural n° 53 du Boulay. A la suite d'une enquête publique qui s'est déroulée entre le 28 janvier et le 11 février 2019 et qui portait, notamment, sur le projet d'aliénation totale ou partielle de chemins ruraux sur le territoire de la commune, le commissaire enquêteur a émis un avis favorable à la cession du chemin rural n° 53 du Boulay. Le conseil municipal de la commune de Montigny-le-Chartif ayant décidé la vente de ce chemin rural A une délibération du 24 octobre 2019, il a été proposé aux riverains de l'acquérir. En réponse, tant M. F que les époux D se sont portés acquéreurs. C'est dans ce contexte que, A une délibération du 11 mars 2020, le conseil municipal de Montigny-le-Chartif, après avoir fixé le prix de vente à 811,24 euros, a décidé d'attribuer la parcelle aux époux D et autorisé le maire de la commune à signer toutes les pièces se rapportant à cette vente. A sa requête ci-dessus analysée, M. F demande l'annulation de cette délibération.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2131-11 du code général des collectivités territoriales, dans sa rédaction applicable à la date de la délibération attaquée : " Sont illégales les délibérations auxquelles ont pris part un ou plusieurs membres du conseil intéressés à l'affaire qui en fait l'objet, soit en leur nom personnel, soit comme mandataires ". Il résulte de ces dispositions que la participation au vote permettant l'adoption d'une délibération d'un conseiller municipal intéressé à l'affaire qui fait l'objet de cette délibération, c'est-à-dire y ayant un intérêt qui ne se confond pas avec ceux de la généralité des habitants de la commune, est de nature à en entraîner l'illégalité. De même, sa participation aux travaux préparatoires et aux débats précédant l'adoption d'une telle délibération est susceptible de vicier sa légalité, alors même que cette participation préalable ne serait pas suivie d'une participation à son vote, si le conseiller municipal intéressé a été en mesure d'exercer une influence sur la délibération.
3. M. F soutient que Mme D, propriétaire avec son conjoint de parcelles riveraines du chemin rural en litige, a participé en sa qualité de conseillère municipale à la séance du 11 mars 2020 au cours de laquelle il a été délibéré sur la vente du bien et qu'elle a pris part au vote. Le requérant se prévaut à cet égard des mentions figurant sur la délibération attaquée, dont il ressort que sur les neuf membres du conseil municipal présents à la séance, dont Mme D, neuf conseillers ont participé au vote sur les points à l'ordre du jour, dont celui tendant à l'approbation du choix des acquéreurs du chemin rural. S'il est constant que Mme D, qui avait fait connaître avec son époux dès 2012, puis confirmé en 2019, son intention d'acquérir cette parcelle, avait un intérêt particulier à l'adoption de la délibération attaquée, il ressort toutefois des pièces du dossier, et notamment de l'extrait du registre des délibérations du conseil municipal de la commune de Montigny-le-Chartif, qu'elle est sortie de la salle avant les débats ayant précédé l'adoption de cette délibération, auxquels elle n'a donc pas participé. Cette circonstance est en outre confirmée A le procès-verbal de la session du conseil municipal ainsi que A une attestation de la secrétaire de la mairie qui précise que l'absence de rectification du nombre de votants (huit au lieu de neuf) est due à une erreur matérielle. Ainsi, quand bien même Mme D avait en l'espèce un intérêt particulier à l'opération d'aliénation du chemin rural n° 53, aucun des éléments versés au dossier ne permet d'établir qu'elle a pris part au vote et aux débats qui ont précédé ce dernier. Enfin, il n'est ni établi ni même allégué qu'elle aurait participé aux travaux préparatoires à la délibération en litige et été en mesure d'exercer une influence effective sur le sens de cette délibération. Dans ces conditions, les dispositions de l'article L. 2131-11 du code général des collectivités territoriales n'ont pas été méconnues.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 161-2 du code rural et de la pêche maritime, dans sa rédaction applicable : " L'affectation à l'usage du public est présumée, notamment A l'utilisation du chemin rural comme voie de passage ou A des actes réitérés de surveillance ou de voirie de l'autorité municipale. / La destination du chemin peut être définie notamment A l'inscription sur le plan départemental des itinéraires de promenade et de randonnée. ". Aux termes de l'article L. 161-10 du même code : " Lorsqu'un chemin rural cesse d'être affecté à l'usage du public, la vente peut être décidée après enquête A le conseil municipal, à moins que les intéressés groupés en association syndicale conformément à l'article L. 161-11 n'aient demandé à se charger de l'entretien dans les deux mois qui suivent l'ouverture de l'enquête. / Lorsque l'aliénation est ordonnée, les propriétaires riverains sont mis en demeure d'acquérir les terrains attenant à leurs propriétés. / Si, dans le délai d'un mois à dater de l'avertissement, les propriétaires riverains n'ont pas déposé leur soumission ou si leurs offres sont insuffisantes, il est procédé à l'aliénation des terrains selon les règles suivies pour la vente des propriétés communales ".
5. D'une part, M. F soutient que le chemin rural en litige est toujours affecté à l'usage du public puisqu'il lui sert de voie de passage et qu'il l'utilise pour circuler avec ses engins agricoles, et qu'il ne pouvait donc pas être aliéné. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, et notamment des photos et des nombreuses attestations produites à l'instance, que ce chemin est une voie en impasse que les époux D utilisent pour rejoindre une partie de leur propriété et qu'ils sont les seuls à l'entretenir. Ces mêmes attestations contredisent A ailleurs les allégations de M. F quant à son propre usage de ce chemin rural en tant que voie de passage, notamment avant l'engagement de la procédure d'aliénation. En outre, et à la supposer avérée, la seule circonstance que le chemin rural serait effectivement emprunté A le requérant pour accéder à sa parcelle agricole, n'est pas de nature à faire regarder ce chemin comme affecté à la circulation générale et continue. Enfin, le commissaire enquêteur a constaté que " l'aliénation du chemin rural n° 53 du Boulay n'entrainerait pas de restriction à l'usage du public " et a émis un avis favorable au projet de cession le concernant, après avoir relevé qu'il n'est plus affecté à l'usage du public. D'autre part, si le requérant soutient que le chemin rural a fait l'objet d'actes de voirie, il ne l'établit pas. Dans ces conditions, le chemin rural n° 53 du Boulay ne peut être regardé comme étant affecté à l'usage du public. A suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 161-10 du code rural et de la pêche maritime doit être écarté.
6. Il résulte de ce qui précède que M. F n'est pas fondé à demander l'annulation de la délibération du 11 mars 2020 autorisant le maire à signer tous actes et à faire toutes les démarches en vue de la cession du chemin rural n° 53 du Boulay au profit de M. et Mme D, propriétaires riverains. A suite, les conclusions à fin d'annulation de sa requête doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Montigny-le-Chartif, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme dont M. F demande le versement au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces mêmes dispositions et de mettre à la charge de M. F une somme de 1 500 euros à verser à la commune de Montigny-le-Chartif au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. F est rejetée.
Article 2 : M. F versera une somme de 1 500 euros à la commune de Montigny-le-Chartif au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C F, à la commune de Montigny-le-Chartif et à M. B D.
Délibéré après l'audience du 28 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Rouault-Chalier, présidente,
Mme Bertrand, première conseillère,
Mme Pajot, conseillère.
Rendu public A mise à disposition au greffe le 18 avril 2023.
La rapporteure,
Valérie E
La présidente,
Patricia ROUAULT-CHALIERLa greffière,
Aurore MARTIN
La République mande et ordonne à la préfète d'Eure-et-Loir en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026