mercredi 4 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2002165 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES -JUGE UNIQUE |
| Avocat requérant | SCP LE METAYER & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er juillet 2020, M. A C, représenté par Me Cesareo, demande au tribunal :
1°) d'annuler la contrainte décernée le 24 avril 2016 par Pôle Emploi pour le recouvrement d'un montant d'allocation d'aide au retour à l'emploi de 9 266,07 euros au titre de la période du 22 avril 2014 au 31 août 2014 et de prononcer la décharge de l'obligation de payer cette somme ;
2°) de condamner Pôle Emploi à lui payer la somme de 9 266,07 euros en réparation de son préjudice financier et la somme de 2 000 euros en réparation de son préjudice moral ;
3°) de mettre à la charge de Pôle Emploi la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- Pôle Emploi a manqué à son devoir d'information, alors qu'il avait fait connaître sa situation personnelle et professionnelle : l'aide au retour à l'emploi lui a été attribuée le 18 avril 2014 pour 730 jours calendaires ; alors qu'il avait été informé par le ministère de la défense le 26 juin 2014 de l'impossibilité pour un ancien militaire de cumuler une pension à taux maximum avec cette aide, il a perçu à nouveau perçu l'ARE le 15 juillet 2014 , le 5 août 2014 et le 8 septembre 2014 une ARE partielle, cumulée avec le salaire de son nouvel emploi d'agent d'exploitation ; le 1er novembre 2014, un conseiller Pôle Emploi lui a expliqué qu'il pourrait bénéficier du maintien partiel de l'ARE sans condition et qu'il disposait de 602 jours d'indemnisation ; l'indu lui a été notifié le 8 décembre 2014 ;
- son préjudice financier est causé par les erreurs commises par Pôle Emploi dans la gestion de son dossier ;
- son préjudice moral est causé par la procédure initiée par Pôle Emploi, l'envoi de mises en demeure de payer, une contrainte notifiée par voie d'huissier et un commandement aux fins de saisie-vente.
Par un mémoire enregistré le 17 septembre 2020, Pôle Emploi Centre, représenté par Me Da Costa, conclut au rejet de la requête et demande la condamnation du requérant à lui payer la somme de 9 270,71 euros, majorée des intérêts au taux légal à compter du 13 janvier 2015 et la capitalisation de ces intérêts et que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge du requérant sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que les conclusions tendant à la réparation d'un préjudice financier sont irrecevables et de ce que Pôle Emploi n'est pas recevable à demander la condamnation de M. C au paiement de l'indu.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de la défense ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- et les observations de Me da Costa, représentant Pôle Emploi.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, militaire sous contrat depuis le 1er mai 2006, a démissionné de ses fonctions le 1er janvier 2014 et a été engagé à compter du 6 janvier 2014 en qualité de directeur d'exploitation par une société. Il a été mis fin à sa période d'essai le 7 avril 2014. Le 18 avril 2014, Pôle emploi Orléans lui a accordé, sur le fondement de la convention de gestion prévue par l'article L. 5424-2 du code du travail, le bénéfice de l'allocation de retour à l'emploi au titre de sa période d'emploi comme militaire sous contrat puis a interrompu le versement de cette allocation. Par une décision du 8 décembre 2014, Pôle emploi Orléans a notifié à M. C un trop-perçu pour un montant de 9 266,07 euros. Le 24 février 2016, Pôle emploi a émis à son encontre une contrainte, qui lui a été signifiée le 7 mars 2016, pour un indu d'allocation de retour à l'emploi d'un montant de 9 463,32 euros.
Sur l'opposition à contrainte :
2. Aux termes de l'article L. 5426-8-2 du code du travail : " Pour le remboursement des allocations, aides, ainsi que de toute autre prestation indûment versées par Pôle emploi pour son propre compte, pour le compte de l'organisme chargé de la gestion du régime d'assurance chômage mentionné à l'article L. 5427-1, pour le compte de l'Etat ou des employeurs mentionnés à l'article L. 5424-1, le directeur général de Pôle emploi ou la personne qu'il désigne en son sein peut, dans les délais et selon les conditions fixés par voie réglementaire, et après mise en demeure, délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement et confère le bénéfice de l'hypothèque judiciaire ".
3. Aux termes de l'article R. 4123-36 du code de la défense : " Ne peuvent pas bénéficier de l'allocation de chômage les militaires involontairement privés d'emploi qui ont droit à la liquidation immédiate de leur pension de retraite au taux maximum prévu à l'article L. 13 du code des pensions civiles et militaires de retraite ".
4. L'indu litigieux est fondé sur les dispositions précitées du code de la défense. Il est constant que M. C a perçu une pension de retraite au taux plein de 75 % défini à l'article L. 13 du code des pensions civiles et militaires de retraite à compter de sa démission de son contrat de militaire le 1er janvier 2014. Il ne pouvait ainsi bénéficier de l'aide au retour à l'emploi. La circonstance, au demeurant non établie, que le requérant aurait été induit en erreur par les services de Pôle Emploi est sans incidence sur le bien-fondé de cet indu.
S'agissant de la responsabilité pour faute de Pôle Emploi :
5. En premier lieu, il ne résulte pas de l'instruction que l'indu litigieux est la conséquence d'une mauvaise gestion de la situation du requérant par les services de Pôle Emploi. Contrairement aux allégations de M. C, la convocation au premier entretien du 17 avril 2014 destiné à valider l'inscription du requérant ne précisait pas qu'il devait se munir d'un justificatif de pension. Cette convocation invitait le requérant à présenter les attestations de l'employeur justifiant les périodes d'emploi. Il résulte de l'instruction que le requérant n'était pas titulaire d'une attestation de l'employeur mais d'une " attestation de fin d'emploi " délivrée par le ministère de la défense mentionnant qu'il ne pouvait bénéficier des allocations chômage en application de l'article R. 4123-36 du code de la défense. Il ne résulte d'aucune pièce du dossier que Pôle Emploi avait continué à verser cette allocation en ayant connaissance de la situation réelle du requérant au regard de son droit aux allocations chômage. Si le requérant produit une lettre du 26 juin 2014 du ministère de la défense l'ayant informé de l'impossibilité de bénéficier de l'aide au retour à l'emploi, il ne soutient pas avoir communiqué cette lettre à l'organisme payeur.
6. En tout état de cause, les conclusions du requérant tendant à la condamnation de Pôle Emploi à lui verser la somme de 9 266,07 euros en réparation d'un préjudice financier causé par la notification d'une contrainte ont en réalité le même objet que l'opposition à la contrainte. Le requérant dispose ainsi d'une voie de recours en vue du règlement d'un tel litige devant les juridictions administratives, qu'il a d'ailleurs exercée. Ses conclusions indemnitaires sont par suite irrecevables.
7. Si M. C demande la réparation du préjudice moral causé par la procédure de recouvrement de l'indu d'aide au retour à l'emploi, ces conclusions doivent être rejetées en l'absence de faute de Pôle Emploi, pour les motifs exposés au point 5.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête présentée par M. C doit être rejetée.
En ce qui concerne les conclusions présentées par Pôle Emploi :
9. Pôle Emploi tient de l'article L. 5426-8-2 du code du travail le pouvoir d'assurer l'exécution forcée du recouvrement de ses créances par l'émission d'une contrainte pouvant donner lieu à recouvrement forcé. Par suite, Pôle Emploi n'est pas recevable à demander au juge de condamner un allocataire à lui verser une somme au titre de sa créance, une telle condamnation n'étant susceptible d'emporter aucun effet juridique qu'il n'avait les moyens de produire lui-même. Il suit de là que les conclusions tendant à la condamnation de M. C au paiement de la somme de 9 266,07 euros sont irrecevables et doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et sur les dépens :
10. Les dispositions précitées font obstacle à ce que soit mise à la charge de Pôle Emploi, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande M. C. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. C la somme que demande Pôle Emploi sur le fondement de ces dispositions. La présente instance ne comportant aucun dépens, les conclusions tendant à leur remboursement doivent en tout état de cause être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. A C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions reconventionnelles présentées par Pôle Emploi Centre-Val de Loire sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion.
Copie en sera adressée à Pôle Emploi Centre- Val de Loire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 janvier 2023.
Le magistrat désigné,
Jean-Luc B
Le greffier,
Roger MBELANI
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026