jeudi 22 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2002958 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCPA SEBAN & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 24 août 2020 et le 28 octobre 2021, la société Aviva Assurances, représentée par la SCP d'avocats Tardivon, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Bourges à lui verser la somme de 48 030,55 euros avec intérêts de droit à compter du 21 août 2017 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Bourges la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- Il résulte du rapport d'expertise en date du 10 août 2016, que l'expert du cabinet Texa a constaté un dysfonctionnement du vérin de manœuvre d'une des pelles de régulation du niveau des eaux du lac d'Auron consécutif à un défaut d'entretien de celles-ci ainsi qu'une absence de manœuvre par les services de la ville de Bourges de la seconde pelle de régulation du niveau ;
- l'état de catastrophe naturelle ne suffit pas, à lui seul et en l'absence de tout autre élément susceptible d'établir le caractère imprévisible et irrésistible des intempéries en cause, à caractériser un cas de force majeure ; l'accord sur l'indemnité signé par les époux A n'avait donc pas à viser expressément la responsabilité administrative du fait d'un ouvrage public ;
- la responsabilité de la commune a été confirmée par trois autres jugements du tribunal administratif du 23 avril 2019 dont la commune n'a pas relevé appel et qui sont revêtus de l'autorité de la chose jugée ; une quatrième affaire opposant la société Aviva Assurances à la commune de Bourges concernant le préjudice subi par Mme B a certes fait l'objet d'un appel, mais cet appel a confirmé en tout point le jugement du tribunal ;
- l'évaluation des préjudices est antérieure et non pas postérieure à la quittance subrogative du 4 avril 2017.
Par un mémoire enregistré le 21 mai 2021,la commune de Bourges, représentée par
Me Gauch, conclut au rejet de la requête et demande que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la société requérante sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la preuve de la réception de la réclamation préalable du 21 août 2017 n'est pas rapportée ;
- l'état de catastrophe naturelle a été constaté sur cette période par un arrêté du 8 juin 2016 ; un évènement pluvieux tout à fait anormal est survenu ; aux termes de son jugement rendu le 16 juin 2020 sous le numéro RG n°1804502 prononcé dans des circonstances exactement similaires le tribunal de céans a rejeté la requête indemnitaire formée par la société MAAF Assurances, le tribunal ayant, à juste titre écarté la responsabilité de la commune de Bourges,
- l'indemnité versée aux victimes par l'assurance se fonde sur l'existence d'une catastrophe naturelle ; la quittance subrogative fait état d'un versement fondé sur la catastrophe naturelle et non pas sur le fait d'un tiers, la responsabilité de la commune étant purement et simplement exclue de la quittance ;
- le procès-verbal de constatations relatives aux " causes circonstances et l'évaluation des dommages " est particulièrement peu étayé et a été établi le 10 août 2016 soit plus de deux mois après l'inondation ; l'estimation du chiffrage des préjudices résulte de la pièce n° 2 laquelle est datée du 28 avril 2017 ; or, la quittance subrogative produite date quant à elle du 4 avril 2017 et est donc antérieure au chiffrage.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des assurances ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Jaosidy pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Jaosidy,
- les conclusions de Mme Dumand, rapporteure publique,
- et les observations de Me Baron, représentant la commune de Bourges.
Considérant ce qui suit :
1. Les 2 et 3 juin 2016, des pluies torrentielles se sont abattues notamment sur la commune de Bourges dans le Cher, entraînant une forte crue de la rivière d'Auron qui alimente le lac du même nom situé au sud-est de la commune, ainsi que le débordement du cours d'eau la Rampenne et du lac artificiel d'Auron encore appelé plan d'eau du val d'Auron. L'état de catastrophe naturelle a été constaté par arrêté du 8 juin 2016. A cette occasion, le terrain appartenant à M. et Mme A sis 2 chemin du Grand Mazières à Bourges, a été envahi par l'eau qui a inondé la maison, endommageant tant l'immeuble que le mobilier. Un procès-verbal d'expertise a été établi le 28 août 2017 par le cabinet Texa, mandaté par la société Aviva assurances, à la suite de réunions d'expertise organisées les 18 juin 2016, 9 septembre 2016 et 30 novembre 2016 et auxquelles étaient notamment présents M. A ainsi qu'un expert du cabinet Saretec mandaté par la commune de Bourges. La société Aviva assurances soutient avoir adressé à la commune de Bourges une réclamation préalable le 21 août 2017, sur le fondement de la responsabilité du fait des ouvrages publics, réclamant le versement de la somme de 54 551,15 euros et que la commune a opposé un rejet implicite à cette demande. La société Aviva assurances, subrogée dans les droits de ses assurés à hauteur de la somme de 48 030,55 euros, demande la condamnation de la commune de Bourges.
2. L'article R. 412-1 du code de justice administrative dispose que : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation. / () ". L'article R. 421-1 du même code énonce que : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. ". Enfin, l'article R. 612-1 de ce code prévoit que : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. / () ".
3. Il résulte des dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative qu'en l'absence d'une décision de l'administration rejetant une demande formée devant elle par le requérant ou pour son compte, une requête tendant au paiement d'une somme d'argent est irrecevable. En revanche, les termes du second alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative n'impliquent pas que la condition de recevabilité de la requête tenant à l'existence d'une décision de l'administration s'apprécie à la date de son introduction. Cette condition doit être regardée comme remplie si, à la date à laquelle le juge statue, l'administration a pris une décision, expresse ou implicite, sur une demande formée devant elle, que cette demande ait été présentée avant ou après l'introduction de la requête.
4. Il résulte de l'instruction que la requête de la société Aviva n'est pas accompagnée de la pièce justifiant de la date du dépôt et de réception de sa demande indemnitaire préalable à la commune de Bourges. En dépit de la demande de régularisation qui a été adressée à son conseil le 14 avril 2023 au moyen de l'application " Télérecours ", la société requérante n'a pas produit la pièce justifiant de la date de dépôt d'une demande indemnitaire préalable. En outre, la lettre du 21 août 2017, produite à la demande du tribunal, ne peut être regardée comme ayant été adressée et reçue par la commune de Bourges. Dès lors, le contentieux indemnitaire engagé devant le juge administratif n'est pas lié. La commune est, par suite, fondée à soutenir que la requérante n'a pas lié le contentieux et que sa demande indemnitaire est irrecevable.
Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Bourges, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance la somme demandée par la requérante. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la Société Aviva Assurances la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Bourges et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Aviva Assurances est rejetée.
Article 2 : La société Aviva Assurances versera à la commune de Bourges la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Aviva Assurances et à la commune de Bourges.
Délibéré après l'audience du 8 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Delamarre, présidente,
M. Jaosidy, premier conseiller ;
Mme Pajot, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juin 2023.
Le rapporteur,
Jean-Luc JAOSIDY
La présidente,
Anne-Laure DELAMARRE
La greffière,
Aurore MARTIN
La République mande et ordonne au préfet du Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026