jeudi 22 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2002991 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL ISALEX AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 août 2020, M. B C et Mme D A veuve C, représentés par Me Mazier, doivent être regardés comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite née le 20 janvier 2020 du silence gardé par la préfète de la région Centre-Val de Loire sur la demande d'autorisation d'exploiter portant sur les parcelles cadastrées ZA46, ZA36, ZA 35 à Luray et ZK 65 à Vernouillet, présentée par M. F C ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision attaquée méconnaît l'article L. 331-3 du code rural et de la pêche maritime dès lors que les deux demandes déposées par MM. F et B C auraient dû être considérées comme des demandes concurrentes et non successives ;
- la décision attaquée est également entachée d'une erreur de fait dès lors que la surface déjà exploitée par M. F C est supérieure à celle qu'il a déclarée et aurait dû conduire à classer sa demande à un rang de priorité inférieur à celle déposée par M. B C.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er avril 2021, la préfète de région Centre-Val de Loire conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens invoqués par M. B C et Mme C ne sont pas fondés.
Par un mémoire, enregistré le 12 avril 2021, M. F C, représenté par Me Guérin, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge solidaire de M. B C et de Mme D A veuve C la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens invoqués par M. B C et Mme D A veuve C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code rural et de la pêche maritime ;
- l'arrêté du préfet de région Centre Val-de-Loire en date du 27 juin 2016 fixant le schéma directeur régional des exploitations agricoles Centre-Val de Loire ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bernard ;
- et les conclusions de Mme Palis De Koninck, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D A veuve C est propriétaire de parcelles d'une contenance de 15 hectares et 15 ares référencées au cadastre sous les numéros ZA46, ZA36, ZA35 situées à Luray, et référencées ZK65 à Vernouillet. Ces terres étaient mises en valeur par M. E C, son fils, depuis la conclusion d'un bail d'une durée de neuf ans en 1982, tacitement renouvelé pour la dernière fois en 2018 jusqu'au 13 juin 2027. Le 27 décembre 2019, M. B C a déposé une demande complète d'autorisation d'exploiter ces parcelles auprès de la préfète de la région Centre Val-de-Loire, Mme D C ayant déclaré vouloir lui céder le bail au moment du départ en retraite de M. E C. La clôture du dépôt des demandes ayant été fixée au 20 décembre 2019, la préfète de la région Centre-Val de Loire a toutefois fait instruire sa demande et lui a accordé, par un arrêté du 9 mars 2020, une autorisation d'exploiter les parcelles en litige, sur une surface totale de 15 hectares 15 ares. Or, ces mêmes parcelles avaient déjà fait l'objet d'une autorisation d'exploiter accordée par la préfète de la région Centre-Val de Loire à M. F C, fils de M. E C et petit-fils de Mme D C, sur sa demande préalable déposée le 20 septembre 2019. Cette autorisation, tacitement accordée le 20 janvier 2020, a été confirmée par un arrêté préfectoral du 9 mars 2020. Le tribunal paritaire des baux ruraux de Dreux a été saisi le 12 mars 2020 d'une demande de cession de bail déposée par M. E C au profit de son fils M. F C. Par la requête ci-dessus analysée, Mme A veuve C, bailleresse et usufruitière des parcelles en litige et M. B C, détenteur d'une autorisation de les exploiter, contestent l'autorisation d'exploiter ces mêmes parcelles accordée par la préfète de la région Centre-Val de Loire à M. F C.
2. En premier lieu, selon l'article L. 331-3 du code rural et de la pêche maritime : " L'autorité administrative assure la publicité des demandes d'autorisation dont elle est saisie, selon des modalités définies par décret. / Elle vérifie, compte tenu des motifs de refus prévus à l'article L. 331-3-1, si les conditions de l'opération permettent de délivrer l'autorisation mentionnée à l'article L. 331-2 et se prononce sur la demande d'autorisation par une décision motivée. ". L'article R. 331-4 du même code précise que " La demande de l'autorisation mentionnée à l'article L. 331-2 est établie selon le modèle défini par le ministre de l'agriculture et accompagnée des éléments justificatifs dont la liste est annexée à ce modèle. / Si la demande porte sur des biens n'appartenant pas au demandeur, celui-ci doit justifier avoir informé par écrit de sa candidature le propriétaire. ". L'article D. 331-4-1 du même code dispose par ailleurs : " La publicité prévue à l'article R. 331-4 précise la date de l'enregistrement de la demande et indique la date limite de dépôt des dossiers de demande d'autorisation. / Les demandes d'autorisation d'exploiter sont affichées pendant un mois à la mairie des communes où sont situés les biens qui font l'objet de la demande et publiées sur le site de la préfecture chargée de l'instruction. / A l'expiration du délai de publicité, il est dressé la liste de toutes les candidatures enregistrées pour un même bien. ". Enfin, aux termes de l'article L. 411-35 : " () toute cession de bail est interdite, sauf si la cession est consentie, avec l'agrément du bailleur, au profit du conjoint ou du partenaire d'un pacte civil de solidarité du preneur participant à l'exploitation ou aux descendants du preneur ayant atteint l'âge de la majorité ou ayant été émancipés. A défaut d'agrément du bailleur, la cession peut être autorisée par le tribunal paritaire. ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. F C a déposé sa demande dans le délai limite fixé au 20 décembre 2019 par l'appel à candidatures, après en avoir informé préalablement Mme A veuve C, propriétaire des parcelles, par une lettre d'information datée du 13 septembre 2019. Si M. B C soutient, quant à lui, avoir déposé sa demande avant la date de clôture des candidatures et produit à l'appui de sa requête un accusé réception daté du 19 décembre 2019, ce dernier ne saurait toutefois suffire à justifier de cette affirmation, aucune liste des pièces jointes à cet envoi n'étant fournie par le requérant. Dès lors, en considérant qu'aucune demande concurrente n'avait été déposée à la date de clôture des candidatures, la préfète de la région Centre-Val de Loire, qui indique n'avoir reçu la demande complète de M. B C que le 27 décembre 2019, n'a donc pas méconnu l'article L. 331-1 du code rural et de la pêche maritime. En tout état de cause, l'arrêté de la préfète de la région Centre-Val de Loire daté du 9 mars 2020, qui accorde à M. B C l'autorisation d'exploiter les parcelles contestées, précise en son article 2 que " la présente décision ne vaut pas accord des propriétaires. Elle ne préjuge en rien de leurs intentions sur le devenir définitif des terres. Le bénéficiaire de la décision de l'autorisation d'exploiter doit obtenir l'accord des propriétaires pour mettre en valeur les biens objets de la présente autorisation d'exploiter. ". Par suite, le moyen doit être écarté.
4. En second lieu, aux termes du 3°de l'article L. 331-1-1 du code rural et de la pêche maritime : " Pour déterminer la superficie totale mise en valeur, il est tenu compte de l'ensemble des superficies exploitées par le demandeur, sous quelque forme que ce soit et toutes productions confondues, en appliquant les équivalences fixées par le schéma directeur régional des exploitations agricoles pour les différents types de production (). ". Selon l'article L. 331-3-1 du même code : " L'autorisation mentionnée à l'article L. 331-2 peut être refusée : / 1° Lorsqu'il existe un candidat à la reprise ou un preneur en place répondant à un rang de priorité supérieur au regard du schéma directeur régional des structures agricoles mentionné à l'article L. 312-1 () ".
5. Le schéma directeur régional des exploitations agricoles de la région Centre-Val de Loire fixé par arrêté préfectoral du 27 juin 2016 définit en son article 3 les niveaux de priorité à prendre en compte pour le contrôle des structures. Les requérants soutiennent que la demande de M. B C aurait dû être classée à un niveau prioritaire par rapport à celle de M. F C, celui-ci ayant falsifié sa déclaration à l'administration. En tout état de cause, et même si la préfète a bien attribué à la demande de M. B C le rang de priorité n°1 et à celle de M. F C un rang de priorité n°4, au vu des éléments indiqués au point 3 du présent jugement, dont il ressort que ces demandes ne présentaient pas le caractère de demandes concurrentes, le moyen doit être écarté.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par Mme A veuve C et M. B C tendant à l'annulation de la décision tacite d'autorisation d'exploiter accordée par la préfète de la région Centre-Val de Loire à M. F C doivent être rejetées, ainsi qu'ensemble, et par voie de conséquence, leurs conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de M. F C présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A veuve C et de M. B C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par M. F C sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A veuve C, à M. B C, au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire et à M. F C.
Copie en sera adressée, pour information, à la préfète de la région Centre-Val de Loire.
Délibéré après l'audience du 1er juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Rouault-Chalier, présidente,
Mme Bernard, première conseillère,
M. Nehring, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juin 2023.
La rapporteure,
Pauline BERNARD
La présidente,
Patricia ROUAULT-CHALIER
La greffière,
Emilie DEPARDIEU
La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision. nr
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026