jeudi 22 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2003567 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCP LBG & COLLABORATEURS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 9 octobre 2020 et le 11 mai 2022, la SAS Quai 22, représentée par Me Lavisse, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la commune d'Orléans a rejeté sa demande préalable ;
2°) de condamner la commune d'Orléans à lui verser la somme de 135 102 euros en réparation de ses préjudices, assortie des intérêts au taux légal à compter du 23 juin 2020 ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Orléans la somme de 3 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la responsabilité de la commune d'Orléans est engagée tant sur le fondement de la responsabilité contractuelle que sur celui de la responsabilité quasi délictuelle ; pour la période du 23 septembre 2017 au 31 décembre 2017, les parties étaient liées par une convention temporaire d'occupation et il appartenait dès lors à la commune de mettre à la disposition des locaux conformes à l'exploitation de l'Inexplosible ; à compter de 2018, la responsabilité de la commune est engagée sur le fondement de la responsabilité quasi-délictuelle ;
- selon les dispositions de l'article L. 2125-3 du code général de la propriété des personnes publiques : " La redevance due pour l'occupation ou l'utilisation du domaine public tient compte des avantages de toute nature procurés au titulaire de l'autorisation. " ; au cas particulier, il n'y avait ni occupation effective compte tenu de la fermeture du bateau ni d'avantages procurés par l'exploitation dudit bien ; si la commune entendait réellement résilier la convention pour ce motif, il lui appartenait, conformément à l'article 11 de la convention d'occupation, d'adresser à l'occupant une mise en demeure suivie d'une lettre recommandée avec accusé réception après un délai d'un mois ;
- il ressort également de la convention d'occupation, dans son article 6.4 entretien-réparation-remplacement que les travaux étaient à la charge de la mairie d'Orléans ;
- la commune a proposé une indemnisation à hauteur de laquelle il y a un accord, soit 13 350 euros au titre de la période du 23 septembre au 31 décembre 2017 ; le contentieux est lié ;
- s'agissant de la période débutant en 2018, le préjudice matériel est de 11 072 euros ; le préjudice lié à la perte d'activité en raison de la fermeture jusqu'en juillet 2018 est de 86 880 euros HT ; les frais d'avocat et d'expert-comptable sont de 7 000 euros HT ; il est demandé 17 000 euros au titre du préjudice moral.
Par des mémoires, enregistrés le 29 septembre 2021 et le 30 juin 2022, la commune d'Orléans, représentée par Me Rainaud, conclut au rejet de la requête et demande que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de la requérante sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le 30 juin 2017, la sous-commission départementale de sécurité a rendu un avis défavorable à la poursuite de l'exploitation de l'activité ; pour la période courant du 1er janvier 2017 au 31 décembre 2017, la commune d'Orléans a mis en œuvre des mesures visant à favoriser la poursuite de l'activité de la SAS Quai 22 ;
- par courrier du 21 septembre 2018, la SAS Quai 22 a refusé une proposition d'avenant et a remis les clés du bateau à la commune ;
- la demande indemnitaire est irrecevable pour la période du 23 septembre 2017 au 31 décembre 2017, à défaut de liaison du contentieux ; à expiration du terme de la convention initiale, le 31 décembre 2016, aucun avenant n'a été régularisé et la SAS Quai 22 ne peut prétendre à aucune indemnisation sur un fondement contractuel, pour une période sur laquelle elle ne disposait d'aucune convention d'occupation ;
- l'article 2.2 de la convention stipule que : " Aucune indemnisation ne pourra être sollicitée par le locataire en cas de résiliation anticipée de la convention d'occupation " ; l'article 6.1 de la convention stipule que : " L'occupant prendra possession de tous les éléments mis à sa disposition dans l'état où ils se trouveront le jour de son entrée en jouissance sans pouvoir prétendre à aucune indemnité pour quelque cause que ce soit, notamment en cas d'erreur, de défaut ou de non-conformité des lieux avec une règlementation quelconque " ; la convention initiale d'occupation a été conclue le 28 avril 2016, soit à une date à laquelle le bateau ne disposait d'ores et déjà pas de titre de navigation ; la délivrance d'un titre de navigation est prévue par une règlementation distincte, intéressant les bateaux à passagers en navigation ; jusqu'alors, il n'apparaissait pas que " L'inexplosible N°2 " soit soumis à cette règlementation et la commune n'a été informée de ce que la préfecture entendait désormais exiger ce titre de navigation qu'à l'occasion de la visite de la sous-commission départementale de sécurité le 30 juin 2017 ; le titre de navigation n'avait pas vocation à conditionner l'exploitation à quai du bateau ; la commune n'a pas décidé de la fermeture de l'établissement et n'a que constaté la fermeture de " L'Inexplosible " par les forces de l'ordre ;
- la SAS Quai 22 n'a payé aucune redevance d'occupation du domaine public à la commune pour les mois d'octobre, novembre et décembre 2017 ; ses propres fautes justifiaient la résiliation de la convention ; la SAS Quai 22 n'a jamais procédé à la réalisation des travaux demandés par la sous-commission de sécurité, qui ont été effectués par la commune en ses lieu et place ;
- la requérante n'apporte aucun élément de nature à démontrer que la commune lui aurait laissé croire qu'elle serait titulaire d'une convention d'occupation pour la période courant du 1er janvier à juillet 2018.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des transports ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Jaosidy,
- les conclusions de Mme Dumand, rapporteure publique ;
- et les observations de M A, gérant de la SAS Quai 22, et de Me Tissier-Lotz, représentant la commune d'Orléans.
Considérant ce qui suit :
1. La commune d'Orléans et la SAS Quai 22 ont conclu le 28 avril 2016 une convention d'occupation temporaire portant notamment sur la mise à disposition du bateau l'Inexplosible n°2, apponté au 3 du quai du Châtelet à Orléans, en vue de l'exploitation d'une activité de bar. L'occupation, précaire et révocable, est autorisée du 1er mars 2016 au 31 décembre 2016. L'article 3 de la convention prévoit la possibilité d'une reconduction expresse de l'occupation, par voie d'avenant, pour une durée d'un an et dans la limite d'une durée totale maximum de 3 ans. Un avenant est conclu le 26 janvier 2017 pour la période du 1er janvier au 31 décembre 2017. Une visite de la commission de sécurité est réalisée le 19 juin 2017, à l'issue de laquelle la commission émettra un avis défavorable à la poursuite de l'exploitation dans un rapport remis le 30 juin 2017, en raison du défaut de validité du titre de navigation prévu à l'article L. 4221-1 du code des transports. Le 23 septembre 2017, la ville d'Orléans ordonne la fermeture du bateau pour une période indéterminée. A l'issue d'une nouvelle visite réalisée le 14 juin 2018, la commission de sécurité émet le 29 juin 2018 un avis favorable à la réouverture du bateau. Par la présente requête, la SAS Quai 2022 demande la condamnation de la ville d'Orléans au paiement d'une somme totale de 135 102 euros en réparation des préjudices entraînés par l'arrêt de l'exploitation du navire.
En ce qui concerne la période du 1er janvier au 31 décembre 2017 :
2. La commune d'Orléans soutient que la requérante n'a pas lié le contentieux s'agissant de l'année 2017, dans la mesure où la demande indemnitaire présentée le 23 juin 2020 ne portait que sur une somme de 121 752 euros. Il résulte de l'instruction que cette demande mentionne que, s'agissant de la période du 23 septembre au 31 décembre 2017, " cette période ne constitue pas réellement une difficulté " puisque la commune avait proposé une indemnité de 13 350 euros. Il résulte de l'instruction que par une lettre du 12 juillet 2018, à l'issue d'une négociation menée avec la SAS Quai 22, la commune d'Orléans avait proposé à la requérante une compensation financière de 13 350 euros et que dans le cas d'une résiliation pour motif d'intérêt général, la ville s'engageait à verser l'indemnité due, déduction faite des charges incombant à la requérante. Il ne résulte toutefois pas de l'instruction que cette lettre fait suite à une réclamation préalable présentée par la société requérante exposant les faits litigieux, les prétentions de la SAS Quai 22, ainsi que les moyens les appuyant, ni que la société requérante avait manifesté son accord au versement d'une telle somme préalablement à sa réclamation du 23 juin 2020. Dans ces conditions, la commune est fondée à soutenir que le requérant n'a pas lié le contentieux pour la période relative à l'année 2017 et que sa demande indemnitaire est irrecevable.
En ce qui concerne la période débutant en janvier 2018 :
6. La SAS Quai 22 demande, en invoquant un fondement quasi-contractuel, la condamnation de la commune d'Orléans à lui verser la somme de 114 952 euros au titre de la période débutant en 2018. Cette somme inclut 11 702 euros au titre du préjudice matériel, 86 880 euros au titre de la perte d'activité, 7 000 euros au titre des frais d'avocat et d'expert-comptable et 17 000 euros au titre du préjudice moral.
7. Le titulaire d'une autorisation d'occupation domaniale ne peut se prévaloir d'aucun droit au renouvellement de son titre. Il est constant, d'une part, qu'aucune convention ne liait la commune et la société requérante postérieurement au 31 décembre 2017. Il résulte de l'instruction, d'autre part, que l'arrêt de l'activité commerciale exercée sur le navire était fondée sur un motif d'intérêt général. Si la SAS Quai 22 soutient que la commune a envisagé, par lettre du 12 juillet 2018, la " prolongation " de la convention jusqu'au 31 décembre 2019, il est constant que par une lettre du 25 septembre 2018, la société requérante a refusé de signer un nouvel avenant. Il ne résulte dès lors pas de l'instruction que la responsabilité quasi-contractuelle de la commune d'Orléans doit être engagée.
Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Orléans, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la société requérante sur le fondement des dispositions précitées. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la commune d'Orléans au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SAS Quai 22 est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune d'Orléans sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Quai 22 et à la commune d'Orléans.
Délibéré après l'audience du 8 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Delamarre, présidente,
M. Jaosidy, premier conseiller,
Mme Pajot, conseillère.
Lu en audience publique le 22 juin 2023.
Le rapporteur,
Jean-Luc JAOSIDY
La présidente,
Anne-Laure DELAMARRE
La greffière,
Aurore MARTIN
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026