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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2003717

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2003717

lundi 14 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2003717
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantSCP GERIGNY & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un jugement du 1er avril 2022, le tribunal administratif d'Orléans a, avant de statuer sur les conclusions indemnitaires de la requête de M. C D et après avoir retenu la responsabilité de l'Etat à hauteur de 80 % dans les préjudices subis par le requérant du fait d'un tir de lanceur de balles de défense le 12 janvier 2019, ordonné qu'il soit procédé à une expertise médicale et condamné l'Etat à verser à la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher, à titre de provision, la somme de 16 735,94 euros.

Par une ordonnance du 21 avril 2022, le président du tribunal administratif a désigné la docteure A B pour procéder à l'expertise ordonnée par le jugement du 1er avril 2022.

Le rapport d'expertise a été déposé au greffe du tribunal administratif le 17 février 2023.

Par un mémoire enregistré le 21 juin 2023, M. C D, représenté par Me Bouillaguet, avocate, demande au tribunal :

1°) de condamner l'Etat à lui verser en réparation des préjudices subis la somme globale de 79 057,78 euros ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat les 1 200 euros de frais d'expertise ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que les préjudices subis s'établissent, compte tenu du barème d'indemnisation indicatif de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, à 7 929,90 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire, 45 000 euros au titre du déficit fonctionnel permanent, 10 000 euros au titre des souffrances endurées, 1 612 euros au titre du recours à une tierce personne, 1 000 euros au titre du dommage esthétique temporaire, 1 200 euros au titre du dommage esthétique permanent, 5 700 euros au titre de la perte de gains professionnels, 5 000 euros au titre du retentissement professionnel, 1 500 euros au titre du préjudice d'agrément et 115,88 euros au titre des frais divers.

Par un mémoire enregistré le 11 octobre 2023, la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher, représentée par la société d'avocats Arcole, demande au tribunal :

1°) de condamner à l'Etat à lui régler la somme de 29 233,26 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter de la signification du présent mémoire, en remboursement de sa créance définitive, déduction à faire de la provision judiciairement allouée à hauteur d'une somme de 16 735,94 euros ;

2°) de condamner l'Etat à lui régler la somme de 1 114 euros sur le fondement du 9ème alinéa de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 900 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- aucune faute ne saurait être reprochée à M. D ;

- sa créance définitive s'élève à 29 233,26 euros.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- l'ordonnance du 14 avril 2023, par laquelle le président du tribunal a taxé les frais de l'expertise réalisée par la docteure B à 1 200 euros.

Vu :

- le code civil ;

- le code de la sécurité intérieure ;

- le code de la sécurité sociale ;

- l'arrêté du 14 décembre 2021 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2022 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Lardennois,

- et les conclusions de Mme Doisneau-Herry, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, alors âgé de trente-six ans, a été victime le 12 janvier 2019 d'une blessure grave à la tête à la suite d'un tir de lanceur de balles de défense effectué par les forces de l'ordre alors qu'il se trouvait sur les lieux d'une manifestation à Bourges. Après avoir considéré que les préjudices subis par M. D devaient être regardés comme ayant été causés par un rassemblement ou un attroupement au sens de l'article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure et que la responsabilité de l'Etat se trouvait engagée, même en l'absence de faute, et après avoir reconnu une faute de la victime de nature à exonérer partiellement l'Etat de sa responsabilité à hauteur de 20 %, le tribunal a par un jugement avant dire droit en date du 1er avril 2022, ordonné une expertise afin d'apprécier l'étendue des préjudices subis par M. D. Le rapport d'expertise a été déposé au greffe du tribunal le 17 février 2023. M. D, dans le dernier état de ses écritures, demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser la somme globale de 79 057,78 euros en réparation des préjudices subis. La caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher, dans le dernier état de ses écritures, demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser une somme de 29 233,26 euros en remboursement de sa créance définitive, déduction à faire de la somme de 16 735,94 euros allouée à titre de provision.

Sur les conclusions indemnitaires de M. D :

2. Il résulte du rapport d'expertise, non contesté, que la date de consolidation de l'état de santé de M. D doit être fixée au 12 janvier 2022.

En ce qui concerne les préjudices extrapatrimoniaux :

S'agissant des préjudices temporaires :

3. En premier lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, qu'à la suite de l'impact d'une munition de lanceur de balles de défense l'ayant frappé au niveau de la tempe gauche, M. D a subi tout d'abord un déficit fonctionnel temporaire total du 12 janvier 2019 au 22 janvier 2019, période durant laquelle il a été hospitalisé tout d'abord à Bourges puis au centre hospitalier universitaire de Tours en unité de surveillance continue et enfin de nouveau à Bourges en service de Neurologie, et ensuite un déficit fonctionnel temporaire partiel de classe III (50 %) pendant un mois du 23 janvier 2019 au 23 février 2019. Par la suite, il a souffert d'un déficit fonctionnel temporaire de classe II (25 %) du 24 février 2019 au 12 décembre 2020 puis d'un déficit fonctionnel temporaire partiel de 33 % du 13 décembre 2020 jusqu'à la date de la consolidation de son état de santé, soit le 12 janvier 2022. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation de l'indemnisation du déficit fonctionnel temporaire subi par M. D en lien avec l'évènement survenu le 12 janvier 2019, sur la base d'un montant d'indemnisation journalier de seize euros pour une incapacité totale, en la fixant à 5 154,88 euros.

4. En deuxième lieu, compte tenu des lésions initiales et de leurs conséquences évolutives, l'expert a évalué sur une échelle de 1 à 7 le degré des souffrances endurées par M. D à quatre. Il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en le fixant à 7 200 euros.

5. En dernier lieu, le préjudice esthétique temporaire de M. D, compte tenu de l'hématome, de la fracture et de l'aphasie totale ayant été estimé par l'expert à 2,5 sur une échelle de 7, sera justement évalué à la somme de 1 000 euros.

S'agissant des préjudices permanents :

6. En premier lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que le docteur B a retenu un déficit fonctionnel permanent de 25 % consécutif à des séquelles d'aphasie persistantes, des troubles mnésiques, un stress post-traumatique et des douleurs résiduelles, comme des céphalées. Compte tenu de l'âge de M. D à la date de consolidation de son état de santé, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en le fixant à 45 000 euros.

7. En deuxième lieu, M. D se prévaut d'un dommage esthétique permanent résultant d'une dysarthrie résiduelle provoquant des troubles du langage. Il résulte du rapport de l'expert, que ce dommage a été évalué à 1 sur une échelle de 7. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en l'évaluant à 1 000 euros.

8. En dernier lieu, il résulte de l'instruction, et en particulier de l'attestation du 24 juin 2022 de la trésorière de l'association café des langues de Bourges, que M. D, qui au moment de l'incident était président de l'association, s'est depuis lors mis en retrait de son activité associative de pratique des langues compte tenu des troubles de langage résultant du traumatisme crânien subi. Il peut être fait une juste appréciation de son préjudice d'agrément à ce titre en l'évaluant à la somme de 1 500 euros.

En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :

S'agissant de l'assistance d'une tierce personne :

9. Lorsque le juge administratif indemnise dans le chef de la victime d'un dommage corporel la nécessité de recourir à l'aide d'une tierce personne, il détermine le montant de l'indemnité réparant ce préjudice en fonction des besoins de la victime et des dépenses nécessaires pour y pourvoir. Il doit à cette fin se fonder sur un taux horaire permettant, dans les circonstances de l'espèce, le recours à l'aide professionnelle d'une tierce personne d'un niveau de qualification adéquat, sans être lié par les débours effectifs dont la victime peut justifier. Il n'appartient notamment pas au juge, pour déterminer cette indemnisation, de tenir compte de la circonstance que l'aide a été ou pourrait être apportée par un membre de la famille ou un proche de la victime. Ce taux horaire doit prendre en compte le salaire minimum interprofessionnel de croissance augmenté des cotisations sociales dues par l'employeur, la majoration de rémunérations dues les dimanches et jours fériés, ainsi que des congés payés. Afin de tenir compte des congés payés et des jours fériés prévus par l'article L. 3133-1 du code du travail, il y a lieu de calculer l'indemnisation sur la base d'une année de 412 jours.

10. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que la situation de M. D a requis un besoin d'assistance non spécialisée par une tierce personne une heure par jour au cours de la période du 23 janvier 2019 au 23 février 2019 pendant laquelle il souffrait d'un déficit fonctionnel temporaire partiel évalué à 50 %, soit pendant trente-deux jours, puis une heure par semaine jusqu'à ce que M. D reprenne le travail le 12 décembre 2020, soit durant 94 semaines, période durant laquelle il souffrait d'un déficit fonctionnel temporaire partiel évalué à 25 %. Par ailleurs, il doit être tenu compte du salaire minimum interprofessionnel de croissance, augmenté des charges sociales, pour une année évaluée à 412 jours pour tenir compte des dimanches et jours fériés ainsi que des congés payés et d'un taux horaire pour une aide non spécialisée de 14 euros en ce qui concerne la période comprise entre le 1er janvier 2018 et le 31 décembre 2019 et de 14,21 euros jusqu'au 12 décembre 2020. Compte tenu de ces modalités de calcul, l'indemnité due au titre de l'assistance par une tierce personne doit être évaluée à la somme de 1 972,34 euros pour la période considérée.

S'agissant des préjudices professionnels :

11. En premier lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que M. D, qui exerce les fonctions de technicien de maintenance informatique, a été arrêté à compter du 13 janvier 2019 et n'a pu reprendre une activité professionnelle qu'en septembre 2019 à temps partiel avec un aménagement de poste, et que ce n'est que le 12 décembre 2020 qu'il a pu reprendre à temps complet. Il produit une attestation établie le 24 juin 2022 par le directeur général adjoint de la société Georges Monin SAS l'employant, faisant état d'une perte de revenus sur la période allant du 13 janvier 2019 au 11 décembre 2020 de 5 700 euros. Il résulte de l'instruction que les indemnités journalières versées par la caisse primaire d'assurance maladie n'ont couvert que la période allant du 13 janvier 2019 au 22 mars 2020. Dès lors, il sera fait une juste appréciation des pertes de revenus professionnels subis par M. D sur la période allant du 23 mars 2020 jusqu'à sa date de reprise du travail à temps complet en l'évaluant à la somme de 5 700 euros dont il n'est pas contesté et dont il ne résulte pas de l'instruction qu'elle ait fait l'objet d'une indemnisation particulière par la caisse primaire d'assurance maladie.

12. En second lieu, M. D se prévaut des conclusions de l'expertise médicale pour solliciter une indemnisation à hauteur de 5 000 euros du retentissement qu'a l'accident survenu le 12 janvier 2019 sur sa carrière compte tenu des problèmes attentionnels et de concentration et des difficultés de communication qu'il connaît. S'il ne produit aucun document de nature à justifier les craintes qu'il a pour son avenir professionnel, il ressort du rapport d'expertise qu'il souffre de manière permanente de troubles mnésiques et de difficultés d'expression à l'oral. Par ailleurs, par une décision du 15 décembre 2020, la commission des droits et de l'autonomie du Cher lui a reconnu de manière définitive la qualité de travailleur handicapé. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation du chef de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 2 000 euros.

S'agissant des frais divers :

13. Au titre des frais divers, M. D sollicite le remboursement des sommes restées à sa charge au titre des frais médicaux à hauteur de 36,88 euros ainsi que le remboursement des frais de déplacement entre Bourges et Briare engagés pour se rendre à l'expertise judiciaire. Toutefois, l'indemnisation des frais engagés par M. D pour se rendre à l'expertise médicale ordonnée par le jugement du tribunal administratif du 1er avril 2022 ne relève pas d'un chef de préjudice mais des dépens. Dès lors, alors que M. D justifie des frais médicaux restés à sa charge, seuls doivent être indemnisés au titre des frais divers les 36,88 euros engagés à ce titre par M. D.

14. Il résulte de tout ce qui précède que le montant des préjudices indemnisables subis par M. D s'élève à la somme de 70 564,10 euros. Eu égard au partage de responsabilité retenu par le jugement du 1er avril 2022, la somme que l'Etat doit être condamné à verser au requérant s'élève à 56 451,28 euros.

Sur les conclusions présentées par la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher :

En ce qui concerne les conclusions indemnitaires présentées par la caisse primaire d'assurance maladie :

S'agissant de la créance définitive de la caisse primaire d'assurance maladie :

15. Il résulte du relevé détaillé des débours qu'elle produit que la caisse primaire d'assurance maladie justifie avoir exposé au profit de M. D, en lien direct avec l'accident survenu le 12 janvier 2019, des frais hospitaliers, médicaux, pharmaceutiques, d'appareillage, de transport ainsi que des indemnités journalières pour un montant total de 29 233,26 euros. Compte tenu du partage de responsabilité retenu par le jugement du 1er avril 2022, la somme que l'Etat doit à la caisse primaire d'assurance maladie s'élève à 23 386,61 euros dont il convient de déduire la somme de 16 735,94 euros que l'Etat a déjà été condamné à verser à la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher à titre de provision.

S'agissant des intérêts légaux :

16. Aux termes de l'article 1231-6 du code civil : " Les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent consistent dans l'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure. / Ces dommages et intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d'aucune perte. / Le créancier auquel son débiteur en retard a causé, par sa mauvaise foi, un préjudice indépendant de ce retard, peut obtenir des dommages et intérêts distincts de l'intérêt moratoire ". Lorsqu'ils ont été demandés, et quelle que soit la date de cette demande, les intérêts moratoires courent à compter du jour où la demande de paiement du principal est parvenue au débiteur ou, en l'absence d'une telle demande préalablement à la saisine du juge, à compter du jour de cette saisine.

17. La caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher a droit, à compter du 26 février 2022, date de l'enregistrement de son premier mémoire devant le tribunal administratif, aux intérêts au taux légal sur la somme globale de 23 386,61 euros.

En ce qui concerne les conclusions présentées par la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher au titre de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale :

18. Aux termes du 9ème alinéa de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : " () En contrepartie des frais qu'elle engage pour obtenir le remboursement mentionné au troisième alinéa ci-dessus, la caisse d'assurance maladie à laquelle est affilié l'assuré social victime de l'accident recouvre une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l'organisme national d'assurance maladie. Le montant de cette indemnité est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un montant maximum de 910 euros et d'un montant minimum de 91 euros. A compter du 1er janvier 2007, les montants mentionnés au présent alinéa sont révisés chaque année, par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget, en fonction du taux de progression de l'indice des prix à la consommation hors tabac prévu dans le rapport économique, social et financier annexé au projet de loi de finances pour l'année considérée () ".

19. Compte tenu du montant du remboursement obtenu, la caisse primaire d'assurance maladie a droit, au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue par les dispositions précitées de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale, à la somme de 1 191 euros.

Sur les dépens de l'instance :

20. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. L'Etat peut être condamné aux dépens ". En vertu de ces dispositions, il appartient au juge saisi au fond du litige de statuer, au besoin d'office, sur la charge des frais de l'expertise ordonnée par la juridiction administrative.

21. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge définitive de l'Etat les frais de l'expertise liquidés et taxés à la somme globale de 1 200 euros par ordonnance du 14 avril 2023 du président du tribunal administratif d'Orléans ainsi que les frais engagés par M. D pour se rendre à ladite expertise médicale pour un montant de 79 euros.

Sur les conclusions présentées au titre des frais de l'instance :

22. Dans les circonstances de l'espèce et en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros à verser à M. D et à la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher.

D E C I D E :

Article 1er : L'Etat est condamné à verser à M. D la somme de 56 451,28 euros.

Article 2 : L'Etat est condamné à verser à la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher une somme de 23 386,61 euros dont il conviendra de déduire les sommes déjà versées au titre de la provision de 16 735,94 euros allouée par le jugement du tribunal administratif d'Orléans du 1er avril 2022. La somme de 23 386,61 euros portera intérêt au taux légal à compter du 26 février 2022.

Article 3 : L'Etat est condamné à verser à la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher la somme de 1 191 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.

Article 4 : Les frais de l'expertise judiciaire taxés et liquidés à la somme de 1 200 euros sont mis à la charge de l'Etat.

Article 5 : Les frais de déplacement engagés par M. D pour se rendre à l'expertise judiciaire sont mis à la charge de l'Etat pour un montant de 79 euros.

Article 6 : L'Etat versera une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à M. D ainsi qu'à la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher.

Article 7 : Le surplus des conclusions de la requête de M. D est rejeté.

Article 8 : Le présent jugement sera notifié à M. C D, au ministre de l'intérieur et à la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher.

Délibéré après l'audience du 20 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Dorlencourt, président,

Mme Le Toullec, première conseillère,

M. Lardennois, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 octobre 2024.

Le rapporteur,

Stéphane LARDENNOIS

Le président,

Frédéric DORLENCOURT

Le greffier,

Alexandre HELLOT

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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