mardi 18 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2003956 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCP FORESTIER & HINFRAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 6 novembre 2020, le 28 avril 2021, le 8 août 2021 et le 27 octobre 2021, la société civile d'exploitation agricole (SCEA) du Château de l'Estang, représentée par Me Bollani, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 mai 2020 par lequel le maire de la commune de Sancerre a refusé de lui délivrer un permis de construire (de régularisation) pour la construction d'une piscine et d'un local technique au Château de l'Estang ainsi que la décision implicite portant rejet du recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à la commune de Sancerre de lui délivrer le permis de construire sollicité dans un délai de trois mois à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Sancerre la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est recevable ;
- l'arrêté est entaché d'insuffisance de motivation et est fondé sur des motifs non pertinents n'ayant aucune valeur juridique ;
- le motif du refus tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article A2 du règlement du plan local d'urbanisme est illégal.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 2 mars 2021, le 14 juin 2021 et le 15 septembre 2021, la commune de Sancerre, représentée par Me Silvestre, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la SCEA du Château de l'Estang la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la SCEA du Château de l'Estang ne dispose pas de la capacité à agir, n'étant pas représentée par une personne morale ou physique, dûment habilitée pour ce faire ;
- elle demande au tribunal de procéder à une substitution de motifs de sa décision en ce que la demande méconnaît également les dispositions de l'article A2 du plan local d'urbanisme relatives à l'interdiction des affouillements des sols sans lien avec l'activité agricole ou viticole ;
- elle demande de procéder à une substitution de base légale en ce que M. B n'avait pas la qualité pour déposer la demande de permis de construire, ce dernier ayant démissionné de ses fonctions à compter du 1er février 2019, de sorte qu'une fraude est caractérisée ;
- les autres moyens soulevés par la SCEA Château de l'Estang ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de Mme Dumand, rapporteure publique,
- et les observations de Me Ennamate substituant Me Bollani, représentant la SCEA du Château de l'Estang et de Me Silvestre, représentant la commune de Sancerre.
Une note en délibéré, présentée par Me Bollani pour la SCEA du Château de l'Estang, a été enregistrée le 31 mars 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Le 28 janvier 2020, la SCEA du Château de l'Estang a déposé une demande de permis de construire de régularisation pour la construction d'une piscine et d'un local technique au lieu-dit le Château de l'Etang sur le territoire de la commune de Sancerre. Par un arrêté du 15 mai 2020, le maire de la commune de Sancerre a refusé de délivrer le permis de construire sollicité. La SCEA du Château de l'Estang a formé un recours gracieux à l'encontre de cet arrêté. Par la requête ci-dessus enregistrée, elle demande l'annulation de l'arrêté du 15 mai 2020 et de la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Il ressort des pièces du dossier que le refus de permis de construire est fondé sur la méconnaissance de l'article A2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Sancerre en ce que la construction de la piscine et du local technique ne constitue pas " une annexe d'une construction nécessaire à l'activité viticole ". Cette décision comporte ainsi les éléments de fait et de droit qui en constituent le fondement et permettent aux requérants d'en contester le bien-fondé. Elle est ainsi suffisamment motivée sans que la circonstance que l'arrêté fasse également mention de deux réponses ministérielles au JO du Sénat et d'une décision du Conseil d'Etat n'ait d'incidence.
3. Aux termes des dispositions applicables aux zones agricoles A du plan local d'urbanisme de la commune de Sancerre, la zone A est une zone réservée à l'activité agricole au sein de laquelle sont seules autorisées les constructions et installations nécessaires aux services publics ou d'intérêt collectif et à l'exploitation agricole. Aux termes de l'article A2 du règlement de ce plan relatif aux occupations et utilisations du sol soumises à des conditions particulières se trouvent : " les constructions liées et nécessaires à l'exploitation agricole et en particulier, l'ensemble des constructions et installations répondant aux besoins de l'activité vitivinicole, ainsi que les constructions nécessaires au logement des exploitants agricoles, sous réserve de leur intégration dans le site. Les constructions annexes aux bâtiments liés à l'activité agricole et vitivinicole. L'amélioration, l'agrandissement ou la reconstruction sur place des constructions existantes, liés à l'activité agricole et vitivinicole. Les constructions et installations nécessaires aux services publics. Les affouillement et exhaussements des sols liés à l'activité agricole ou vitivinicole. Les installations classées, hormis les carrières, quel que soit le régime (autorisation ou déclaration) auquel elles sont soumises, liées et nécessaires aux constructions et activités existantes agricoles ou vitivinicole (). Les bâtiments agricoles ou ensemble de bâtiments, pastillés sur le plan de zonage, en raison de leur intérêt architectural ou patrimonial, peuvent faire l'objet d'un changement de destination à condition que ce dernier ne compromette pas l'exploitation agricole. "
4. Il ressort du dossier de demande de permis de construire, et plus particulièrement de la notice descriptive architecturale du projet, que la piscine est aménagée pour un usage d'agrément lié à l'activité viticole du Château de l'Estang, lequel constitue le siège social de la SCEA du Château de l'Estang. Tout d'abord, la piscine ne saurait être regardée comme constituant une construction liée et nécessaire à l'exploitation agricole et répondant aux besoins de l'activité vitivinicole ou comme une construction nécessaire au logement des exploitants agricoles, au sens des dispositions précitées de l'article A2 du règlement du plan local d'urbanisme. Par ailleurs, s'il ressort des termes mêmes de l'arrêté litigieux que le bâtiment principal est utilisé dans le prolongement de l'activité viticole, en ce qu'il sert de lieu d'accueil des clients pour la présentation et la dégustation des vins, la piscine ne présente toutefois aucun lien de fonctionnalité avec ce bâtiment principal, et ce, alors que le lien de fonctionnalité est nécessaire pour être qualifié d'annexe au sens du lexique du plan local d'urbanisme. Dès lors, la piscine et le local technique ne peuvent pas non plus être regardés comme une construction annexe aux bâtiments liés à l'activité agricole et vitivinicole, au sens des dispositions de l'article A2 du règlement du plan local d'urbanisme. Par suite, les considérations invoquées par la société requérante tenant à l'intégration de la piscine dans le site sont sans incidence sur sa légalité. Ainsi, le maire n'a pas entaché son arrêté d'erreur de droit en retenant le motif tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article A2 du règlement du plan local d'urbanisme.
5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense et sur les demandes de substitutions de motif et de base légale sollicitées par la commune de Sancerre, que les conclusions à fin d'annulation présentées par la SCEA du Château de l'Estang doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte doivent également être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par la société requérante doivent dès lors être rejetées.
7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la SCEA du Château de l'Estang la somme de 1 500 euros à verser à la commune de Sancerre au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SCEA du Château de l'Estang est rejetée.
Article 2 : La SCEA du Château de l'Estang versera à la commune de Sancerre la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SCEA du Château de l'Estang et à la commune de Sancerre.
Délibéré après l'audience du 28 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Rouault-Chalier, présidente,
Mme Bertrand, première conseillère,
Mme Pajot, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2023
La rapporteure,
Anne-Laure A
La présidente,
Patricia ROUAULT-CHALIERLa greffière,
Aurore MARTIN
La République mande et ordonne au Préfet du Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026