jeudi 11 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2004256 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | ALLAIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 novembre 2020, M. A B, représenté par Me Allain, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 25 septembre 2020 par laquelle la ministre des armées a rejeté sa demande relative à la prise en compte de bonifications pour service aérien dans le calcul de sa pension de retraite, ensemble son titre de pension arrêté au 18 août 2020, et de déclarer illégale la note ministérielle du 22 décembre 2014 ;
2°) d'enjoindre à l'Etat de procéder à un nouveau calcul des bases de liquidation de sa pension militaire de retraite en prenant en compte l'ensemble des bonifications au titre des services aériens, soit 3 ans 1 mois et 19 jours ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Il soutient que :
- la décision du 25 septembre 2020 méconnaît les dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration dès lors que son signataire ne peut être identifié ;
- la décision du 25 septembre 2020 est entachée d'erreurs de droit dès lors, qu'en refusant l'octroi de bonification pour les vols à bord d'aéronefs au cours de missions de secours, le ministère rajoute au droit et que la note de service du 22 décembre 2014 sur laquelle se fonde le ministère pour refuser la prise en compte de ces vols est entachée d'illégalité ;
- la décision du 25 septembre 2020 est entachée d'erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juillet 2021, la ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 25 août 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 25 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de relations entre le public et l'administration ;
- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;
- l'arrêté du 30 juin 1971 relatif aux conditions d'exécution pour les personnels civils et militaires des services aériens, sous-marins ou subaquatiques commandes et calcul des bonifications correspondantes ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Defranc-Dousset,
- et les conclusions de Mme Best-De Gand, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, lieutenant-colonel de l'armée de terre, détaché auprès du ministère de l'intérieur au sein des services de la sécurité civile, a été admis à faire valoir ses droits à la retraite et a été radié des cadres par arrêté du 16 juin 2020. Rendu destinataire d'un titre de pension, arrêté au 17 août 2020, faisant état d'une pension brute mensuelle de 2 573,56 euros, retenant un an et six mois au titre des bonifications pour services aériens commandés, il a formé un recours auprès de la ministre des armées pour contester les modalités de calcul de ces bonifications. Par décision du 25 septembre 2020, la ministre des armées a rejeté sa demande. Par la présente requête, M. B doit être regardé comme demandant l'annulation, d'une part, de la décision du 25 septembre 2020 rejetant son recours gracieux et, d'autre part, de son titre de pension, en tant qu'il ne prend pas en compte l'ensemble des services aériens commandés accomplis au titre de missions de sécurité civile et d'enjoindre à l'Etat de procéder à un nouveau calcul des bases de liquidation de sa pension militaire de retraite.
2. Lorsqu'il est saisi d'un litige en matière de pension, il appartient au juge administratif, en sa qualité de juge de plein contentieux, de se prononcer sur les droits de l'intéressé en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, et aussi, le cas échéant, d'apprécier, s'il est saisi de moyens en ce sens ou au vu de moyens d'ordre public, la régularité de la décision en litige.
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. / () ". M. B soutient que la décision du 25 septembre 2020 méconnaît ces dispositions dès lors qu'elle ne comporte pas les nom, prénom et qualité de son signataire. Toutefois, figurent en en-tête de cette décision, les nom, prénom et qualité de son émetteur, à savoir le général de corps d'armée Frédéric Hingray, directeur des ressources humaines de l'armée de terre. A côté de la signature au bas de l'arrêté a été apposé un cachet représentant une " Marianne " portant le n° 101. Le ministre fait valoir sans être contredit que chaque numéro est attribué à une autorité nommément désignée et que le n° 101 correspond au directeur des ressources humaines de l'armée de terre. Par suite, et alors que le signataire de la décision peut être clairement identifié, le moyen doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 12 du code des pensions civiles et militaires de retraites : " Aux services effectifs s'ajoutent, dans les conditions déterminées par un décret en Conseil d'Etat, les bonifications ci-après : () d) Bonification pour l'exécution d'un service aérien ou sous-marin commandé. Le décompte des coefficients applicables aux heures de vol ou à la durée des services sous-marins est effectué conformément aux dispositions en vigueur au moment où s'est ouvert le droit à ces bonifications ; / () ". Aux termes de l'article R. 20 de ce même code dans ses dispositions applicables depuis le 14 avril 2002 : " I. - Ouvrent droit à des bonifications, au sens de l'article L. 12-d du code des pensions civiles et militaires de retraite : / 1° Les services aériens commandés exécutés en dehors des opérations de guerre dans les conditions suivantes : / A. - Par les personnels militaires () e) Vols à bord d'aéronefs au cours d'une mission de secours ; vols à bord d'aéronefs suivis d'une descente en rappel ou par treuillage et les descentes elles-mêmes ; / () Tous autres vols accomplis en dehors des conditions prévues aux A et B ci-dessus, notamment en qualité de passager, n'ouvrent pas droit à bonification. / () / Des arrêtés conjoints du ministre chargé de la défense nationale et des ministres disposant du personnel exécutant des services aériens, sous-marins ou subaquatiques et du ministre de l'économie et des finances fixent la valeur des coefficients à attribuer à chaque catégorie de services ainsi que les modalités de la constatation et du décompte des droits résultant du présent article ".
5. Le requérant soutient que la décision du 25 septembre 2020 est entachée d'erreur de droit dès lors que l'administration refuse de prendre en compte les vols réalisés en qualité de passager, se bornant à prendre en compte les seules missions de secours et argue de que cette interprétation est fondée sur une note de service du 22 décembre 2014, elle-même entachée d'illégalité.
6. Contrairement à ce que soutient le requérant, la décision du 25 septembre 2020 rappelle les textes applicables, pris en compte pour déterminer et calculer les bonifications auxquelles peuvent donner droit les services aériens commandés exécutés hors des opérations de guerre par des militaires et précise que la valeur de ces bonifications est calculée en fonction du barème prévu par l'arrêté du 30 juin 1971 relatif aux conditions d'exécution pour les personnels civils et militaires des services aériens, sous-marins ou subaquatiques commandés et au calcul des bonifications correspondantes, sans faire aucunement référence à la note du 22 décembre 2014. En application de cet arrêté, ne sont prises en compte pour le calcul de ces bonifications que les missions de secours présentées comme telles, les missions d'assistance au titre de la sécurité civile dans les pays étrangers ou les zones à risques n'y étant nullement mentionnées. Par suite, d'une part, il n'a pas été fait application de la note de service du 22 décembre 2014, et les moyens tirés, par la voie de l'exception, de l'illégalité de cette note de service et de l'erreur de droit qui résulterait de son application doivent donc être écartés. D'autre part, contrairement à ce qui est soutenu, le ministère n'a pas ajouté au droit applicable et le moyen tiré d'une telle erreur de droit doit également être écarté.
7. En troisième lieu, ainsi qu'il a dit au point 4, la valeur des coefficients à attribuer à chaque catégorie de services ainsi que les modalités de la constatation et du décompte des droits résultant de l'application de l'article R. 20 du code des pensions civiles et militaires est fixée par des arrêtés interministériels. Aux termes de l'article 4 de l'arrêté interministériel du 30 juin 1971 relatif aux conditions d'exécution pour les personnels civils et militaires des services aériens, sous-marins ou subaquatiques commandés et au calcul des bonifications correspondantes : " Les services aériens, sous-marins ou subaquatiques commandés sont arrêtés chaque année civile pour l'ensemble du personnel. Un relevé individuel, dont le modèle est fixé par instruction, en est établi. Y sont portés tous les services aériens, sous-marins ou subaquatiques ouvrant droit à bonification en vertu de l'article R. 20 du code des pensions civiles et militaires de retraite et inscrits depuis le 1er janvier de l'année précédente sur les documents destinés à la constatation et au contrôle des services aériens, sous-marins ou subaquatiques définis par le ministre d'État chargé de la défense nationale, par le ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, par le ministre chargé des transports, par le ministre de l'intérieur, par le ministre chargé de la culture, par le président-directeur général de Météo-France et par le ministre des transports pour le personnel relevant de son autorité. / () ". Aux termes de l'article 5 de ce même arrêté : " Les services aériens, sous-marins ou subaquatiques faisant l'objet des relevés établis dans les conditions de l'article 4 donnent lieu à homologation. / Cette homologation est décidée par les autorités déléguées par le ministre d'État chargé de la défense nationale, par le ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, par le ministre chargé des transports, par le ministre de l'intérieur, par le ministre chargé de la culture, par le président-directeur général de Météo-France et le ministre des transports et dont la liste est fixée par instruction. / A cet effet, les relevés individuels arrêtés dans les conditions prévues à l'article 4 sont adressés aux autorités compétentes chaque année et lors d'une cessation de services. Ils sont au préalable émargés par les ayants droit et certifiés par les commandants de formation ou d'unité, les chefs de service ou directeurs en chef d'établissement. () ".
8. Le requérant soutient que le décompte opéré sur son titre de pension est entaché d'erreur d'appréciation et affirme qu'il aurait dû bénéficier de trois ans un mois et dix-neuf jours de bonifications au titre des services aériens commandés, produisant à l'appui de cette affirmation un tableau extrait de son dossier de pension. Toutefois, le tableau produit par l'intéressé pour établir le caractère erroné du décompte opéré ne comporte aucune signature ni aucun cachet établissant sa validation par les autorités militaires et ne peut donc, par application des dispositions combinées de l'article R. 20 du code des pensions civiles et militaires et des articles 4 et 5 de l'arrêté ministériel du 30 juin 1971 citées au point 7, être pris en compte. Alors qu'il ressort des pièces du dossier que le décompte opéré par l'administration, figurant sur son titre de pension, correspond en tous points aux relevés individuels des services aériens commandés (RISA) produits par le ministre des armées en annexe à ses écritures en défense et dont le décompte conduit à un total de bonification de dix-huit mois, ce qui correspond à la bonification d'un an et six mois figurant sur son titre de pension, l'erreur d'appréciation soulevée n'est pas établie. Le moyen doit donc être écarté.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. B tendant, à l'annulation de la décision rejetant son recours gracieux et de son titre de pension, en tant qu'il ne prend pas en compte l'ensemble des services aériens commandés accomplis au titre de missions de sécurité civile, doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles qu'il présente au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre des armées.
Délibéré après l'audience du 18 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Lefebvre-Soppelsa, présidente,
Mme Defranc-Dousset, première conseillère,
M. Joos, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 mai 2023.
La rapporteure,
Hélène DEFRANC-DOUSSET
La présidente,
Anne LEFEBVRE-SOPPELSALa greffière,
Lucie BARRUET
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026