jeudi 19 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2004572 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL ETHIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 décembre 2020, M. et Mme C et B A, représentés par Me Gentilhomme, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 13 février 2020 par laquelle le conseil métropolitain de Tours métropole Val de Loire a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune de Villandry en tant qu'elle classe leur parcelle ZN n°22 en zone agricole ensemble la décision de rejet de leur recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à Tours Métropole Val de Loire, à titre principal, de procéder au classement de cette parcelle en zone urbaine, à titre subsidiaire, de réexaminer ce classement, dans l'un et l'autre des cas dans un délai de 15 jours et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de Tours Métropole Val de Loire une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la délibération méconnaît les dispositions de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales en ce que la métropole n'établit pas que, d'une part, la convocation a été adressée dans le délai de cinq jours francs à l'ensemble des conseillers communautaires, d'autre part, qu'une note explicative de synthèse était jointe à ces convocations ;
- le classement de leur parcelle en zone agricole est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation en ce que celle-ci constitue une dent creuse, est viabilisée, construite et ne présente pas de potentiel agronomique ;
- le classement de leur parcelle en élément de paysage à protéger est entaché d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'aucun motif d'ordre écologique, culturel, historique ou architectural ne justifie un tel classement.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 juin 2021, Tours Métropole Val de Loire représentée par Me Cebron de Lisle conclut, à titre principal, au rejet de la requête, subsidiairement, à ce que le tribunal fasse application des dispositions de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme et, en tout état de cause, à ce que soit mise à la charge de M. et Mme A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. et Mme A ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 20 juillet 2021, la clôture d'instruction a été fixée le 24 août 2021.
Par un courrier du 9 décembre 2022, M. et Mme A ont confirmé le maintien de leur requête en application de l'article R. 612-5-2 du code de justice administrative.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gasnier,
- les conclusions de Mme Dumand, rapporteure publique,
- et les observations de Me Veauvy succédant à Me Cebron de Lisle, représentant Tours Métropole Val de Loire.
Considérant ce qui précède :
1. Par une délibération du 13 février 2020 le conseil métropolitain de Tours Métropole Val de Loire a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune de Villandry. Cette délibération classe la parcelle ZN n°22, appartenant à M. et Mme A, en zone agricole dotée d'un caractère patrimonial. Par un courrier du 19 août 2020, reçu par Tours Métropole Val de Loire le 20 août 2020, M. et Mme A ont formé un recours gracieux lequel a été implicitement rejeté. M. et Mme A demandent l'annulation de la délibération du 13 février 2020 ensemble la décision de rejet de leur recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 5211-1 du code général des collectivités territoriales dans sa rédaction applicable au litige : " Les dispositions du chapitre Ier du titre II du livre Ier de la deuxième partie relatives au fonctionnement du conseil municipal sont applicables au fonctionnement de l'organe délibérant des établissements publics de coopération intercommunale, en tant qu'elles ne sont pas contraires aux dispositions du présent titre. Pour l'application des dispositions des articles L. 2121-8, L. 2121-9, L. 2121-11, L. 2121-12, L. 2121-19 et L. 2121-22 et L. 2121-27-1, ces établissements sont soumis aux règles applicables aux communes de 3 500 habitants et plus s'ils comprennent au moins une commune de 3 500 habitants et plus. Ils sont soumis aux règles applicables aux communes de moins de 3 500 habitants dans le cas contraire. ". Aux termes de l'article L. 2121-10 du même code, dans sa rédaction applicable au litige : " Toute convocation est faite par le maire. Elle indique les questions portées à l'ordre du jour. Elle est mentionnée au registre des délibérations, affichée ou publiée. Elle est transmise de manière dématérialisée ou, si les conseillers municipaux en font la demande, adressée par écrit à leur domicile ou à une autre adresse. Aux termes de l'article L. 2121-12 du même code : " Dans les communes de 3 500 habitants et plus () Le délai de convocation est fixé à cinq jours francs ".
3. En l'espèce, la convocation à la séance du conseil métropolitain de Tours Métropole Val de Loire du 13 février 2020 a été adressée aux conseillers par un courriel du 7 février 2020, soit 6 jours francs avant cette séance. Les requérants ne produisent aucun élément au soutien de leurs allégations selon lesquelles les conseillers communautaires n'auraient pas consenti à ce que cette convocation leur soit envoyée de manière dématérialisée. Au surplus, l'ensemble des conseillers étaient présents, excusés ou représentés lors de cette séance si bien qu'un éventuel vice n'aurait pas privé les intéressés d'une garantie. Dès lors, les moyens tirés de la violation des articles L. 2121-10 et L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales doivent être écartés.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales : " Dans les communes de 3 500 habitants et plus, une note explicative de synthèse sur les affaires soumises à délibération doit être adressée avec la convocation aux membres du conseil municipal ". Il résulte de ces dispositions que, dans les communes de 3 500 habitants et plus, la convocation aux réunions du conseil municipal doit être accompagnée d'une note explicative de synthèse portant sur chacun des points de l'ordre du jour. Le défaut d'envoi de cette note ou son insuffisance entache d'irrégularité les délibérations prises, à moins que le maire n'ait fait parvenir aux membres du conseil municipal, en même temps que la convocation, les documents leur permettant de disposer d'une information adéquate pour exercer utilement leur mandat. Cette obligation, qui doit être adaptée à la nature et à l'importance des affaires, doit permettre aux intéressés d'appréhender le contexte ainsi que de comprendre les motifs de fait et de droit des mesures envisagées et de mesurer les implications de leurs décisions. Elle n'impose pas de joindre à la convocation adressée aux intéressés, à qui il est au demeurant loisible de solliciter des précisions ou explications conformément à l'article L. 2121-13 du même code, une justification détaillée du bien-fondé des propositions qui leur sont soumises.
5. Il ressort des pièces du dossier qu'ont été joints à la convocation des membres du conseil métropolitain le projet de délibération, un tableau détaillant les modifications du plan local d'urbanisme durant la procédure de révision et le rapport du commissaire enquêteur. Ces éléments étaient suffisants afin d'assurer une information adéquate et éclairée des membres du conseil métropolitain à qui il demeurait loisible de solliciter des précisions ou explications sur le fondement de l'article L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales. Le moyen tiré de l'insuffisance d'information préalable des conseillers communautaires doit par suite être écarté.
6. En troisième lieu, l'article R. 151-22 du code de l'urbanisme dispose d'une part que : " Les zones agricoles sont dites " zones A ". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles ". D'autre part, en vertu de l'article L. 151-23 du même code : " Le règlement peut identifier et localiser les éléments de paysage et délimiter les sites et secteurs à protéger pour des motifs d'ordre écologique, notamment pour la préservation, le maintien ou la remise en état des continuités écologiques et définir, le cas échéant, les prescriptions de nature à assurer leur préservation () ".
7. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
8. Il ressort des pièces du dossier que la partie Nord de la parcelle appartenant aux requérants, d'une superficie de 17 670 m² et comportant une construction, se situe dans un espace formant une coupure d'urbanisation entre le hameau de la Févraie et le hameau du Murat relevant de cette commune. Cette parcelle est bordée au Nord par une zone naturelle et s'insère au Sud en continuité de vastes espaces agricoles. Il ressort des orientations du projet d'aménagement et de développement durable que les auteurs du PLU ont entendu limiter l'étalement urbain, préserver la coupure d'urbanisation située entre les deux hameaux de la commune de Villandry et conserver les exploitations agricoles situées au Sud ainsi que l'aspect paysager de ces terres agricoles en tant qu'élément de paysage de cette commune. Le classement de la parcelle des requérants, qui n'est pas identifiée comme une dent creuse par le plan et qui se situe dans le prolongement de la vocation de cette zone dont le caractère agricole est avéré, répond ainsi directement au parti d'aménagement exprimé par Tours Métropole Val de Loire. En outre, l'identification de cette parcelle en tant qu'élément de paysage sur le fondement de l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme s'inscrit dans les volontés exprimées par les auteurs du PLU, d'une part, de maintenir la coupure d'urbanisation entre les deux hameaux précités pour des motifs de préservation des continuités écologiques et, d'autre part, de protéger le paysage de la commune de Villandry laquelle se situe entièrement dans le périmètre du Val de Loire classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. Par suite, Tours Métropole Val de Loire a pu, sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation, classer la parcelle ZN n°22 en zone agricole et l'identifier comme élément de paysage à protéger pour des motifs écologiques.
9. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la requête, les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquences, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte qui en sont l'accessoire.
Sur les frais d'instance :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de Tours Métropole Val de Loire, la somme demandée par les requérants au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
11. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de rejeter les conclusions présentées par Tours Métropole Val de Loire sur ce fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée
Article 2 : Les conclusions présentées par Tours Métropole Val de Loire en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme C et B A et à Tours Métropole Val de Loire.
Délibéré après l'audience du 28 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Lacassagne, président,
Mme Pajot, conseillère,
M. Gasnier, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 octobre 2023.
Le rapporteur,
Paul GASNIER
Le président,
Denis LACASSAGNE La greffière,
Aurore MARTIN
La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026