mardi 28 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2100306 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | FERRAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 23 janvier 2021, 11 juin 2021 et le
22 septembre 2021 (non communiqué), M. B C, représenté par Me Cruchaudet, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er octobre 2020 par lequel le maire de Barjouville a délivré à M. A un permis de construire autorisant la construction d'une annexe sur un terrain sis 5 rue de la Vallée Sèche ensemble décision du 18 décembre 2020 portant rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Barjouville la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté méconnaît l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme, dès lors qu'il est assorti de prescriptions qui ne sont pas suffisamment précises ;
- les documents graphiques sont insuffisants et imprécis ;
- le permis de construire méconnait l'article 679 du code civil ;
- il méconnait les articles UB 7 et UB 11 du règlement du plan local d'urbanisme.
Par des mémoires enregistrés le 23 avril 2021 et le 5 août 2021, la commune de Barjouville, représentée par Me Ferrand conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, au sursis à statuer sur le fondement des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et enfin à ce qu'il soit mis à la charge de M. C la somme de 3 000 euros à lui verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par ordonnance du 20 août 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au
24 septembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme E,
- les conclusions de Mme Dumand, rapporteure publique,
- et les observations de Me Cruchaudet, représentant M. C, et de Me Ferrand, représentant la commune de Barjouville.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 1er octobre 2020, le maire de Barjouville a délivré un permis de construire à M. A pour la création d'une annexe accolée avec deux velux sur la parcelle cadastrée ZB 271. Par la présente requête, M. C demande l'annulation de l'arrêté du
1er octobre 2020 ensemble de la décision portant rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition, notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6. Il en est de même lorsqu'elle est assortie de prescriptions, oppose un sursis à statuer ou comporte une dérogation ou une adaptation mineure aux règles d'urbanisme applicables ".
3. Si le requérant soutient que les prescriptions dont est assorti l'arrêté ne sont pas suffisamment définies, cette branche du moyen n'est pas assortie de précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé. En tout état de cause l'arrêté litigieux est assorti de prescriptions détaillées et suffisamment précises. Par suite, ce moyen doit être écarter.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : / () / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain () ".
5. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
6. En l'espèce, si M. C soutient que les documents graphiques joints au dossier de demande du pétitionnaire ne permettent pas de déterminer la position de la gouttière ni les modalités d'écoulement des eaux pluviales, il ressort des pièces du dossier, et notamment de l'un des plans joints, que l'emplacement de la gouttière y est bien mentionnée. Les services instructeurs ont pu apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain, l'écoulement des eaux pluviales étant sans incidence sur leur appréciation. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance du dossier doit être écarté.
7. En troisième lieu, si le requérant soutient que l'arrêté contesté méconnait l'article 679 du code civil dès lors que les deux velux créés des vues par côté ou obliques, ces considérations ne sont, en tout état de cause, pas de nature à entacher d'illégalité l'arrêté du 1er octobre 2020, qui est délivré sous réserve du droit des tiers.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article UB 7 du règlement du plan local d'urbanisme : " Les constructions à édifier peuvent être implantées sur une ou plusieurs limites séparatives, les parties de bâtiments non contiguës à ces limites devant être implantées à une distance au moins égale à 2 mètres. () ".
9. Si M. C soutient que la distance entre la toiture de l'extension de M. A et la limite séparative contiguë à sa propriété n'est ni implantée en limite séparative ni en retrait de deux mètres minimum en raison de la pente du toit, il ressort des pièces du dossier, et notamment du lexique du plan local d'urbanisme, qu'un retrait est un espace situé entre une construction et la limite séparative. La circonstance qu'une partie du toit soit en retrait inférieur de la limite séparative est sans incidence sur la légalité du projet, ce retrait se calculant uniquement au " nu de la façade du bâtiment " jusqu'à la limite séparative. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UB 7 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.
10. En dernier lieu, aux termes de l'article UB 11 du règlement du plan local d'urbanisme : " Le projet pourra être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales () Toitures : Constructions à destination d'habitation () Extensions (accolées) : elles pourront ne comporter qu'une seule pente ; l'angle minimum est fixé à 20° sauf en cas de construction préexistante afin de préserver la cohérence architecturale de l'ensemble. () Réhabilitation ou extension de constructions existantes () Toutes les règles ci-dessus ne s'appliqueront pas si la situation existante n'est pas aggravée () ".
11. M. C fait valoir que la construction litigieuse méconnait l'article UB 11 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que la toiture d'une extension ne peut comporter qu'une seule pente dont l'angle minimum est fixé à 20 °. Toutefois, il ressort des dispositions susvisées que cette obligation ne trouve pas à s'appliquer en cas de construction préexistante afin de préserver la cohérence architecturale ou en cas d'extension de construction existante sauf si la situation est aggravée. M. C n'apporte aucun élément permettant de retenir que la situation serait aggravée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UB 11 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par le requérant sur ce fondement. En revanche, il y a lieu, sur le fondement de ces mêmes dispositions et dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. C une somme de 1 500 euros à verser au titre des frais d'instance à la commune de Barjouville.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : M. C versera une somme de 1 500 euros à la commune de Barjouville au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à la commune de Barjouville et à M. D A.
Délibéré après l'audience du 9 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Guy Quillévéré, président,
Mme Valérie Bertrand, première conseillère,
Mme Anne-Laure Pajot, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2023.
La rapporteure,
Valérie E
Le président,
Guy QUILLEVERELa greffière,
Aurore MARTIN
La République mande et ordonne à la préfète d'Eure-et-Loir en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026