vendredi 2 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2100341 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | DOGAN |
Vu la procédure suivante :
D une requête enregistrée le 29 janvier 2021, M. A B, représenté D Me Dogan, avocat, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge partielle, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre des années 2015 et 2016 ;
2°) de lui accorder le bénéfice du sursis de paiement de l'article L. 277 du livre des procédures fiscales ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- à hauteur de 4 000 euros au titre de l'année 2015 et de 3 946 euros au titre de l'année 2016, les revenus qui ont été considérés comme d'origine indéterminée D l'administration correspondent en fait à des indemnités kilométriques devant être exonérées en application de l'article 81 du code général des impôts, versées D les sociétés Euro Construction et CMV à raison des trajets entrepris avec son véhicule personnel en sa qualité de chef de chantier ; il y a lieu d'enjoindre à l'administration fiscale d'adresser une demande auprès du fichier national des immatriculations afin d'identifier les véhicules de M. et Mme B sur la période en litige ;
- à hauteur de 37 664 euros au titre de l'année 2015 et de 56 422 euros au titre de l'année 2016, les revenus qui ont été considérés comme d'origine indéterminée D l'administration correspondent en fait à des salaires qui lui ont été versés D la société Euro Construction ; en toute hypothèse, s'il avait perçu ces sommes en sa qualité d'associé de la société Euro Construction, elles auraient dû être imposées en tant que revenus distribués dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers et, n'étant pas le dirigeant et maître de l'affaire, elles ne sauraient être considérées comme excessives.
D un mémoire enregistré le 20 septembre 2021, le directeur régional des finances publiques du Centre-Val de Loire et du département du Loiret conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- une demande de renseignements auprès du fichier automobile n'est pas utile dès lors qu'il ne conteste pas que les époux ne disposaient que d'un seul véhicule ;
- s'agissant de la requalification d'une partie des revenus considérés comme d'origine indéterminée en indemnités kilométriques exonérées de l'impôt sur le revenu, M. B ne justifie pas du caractère professionnel du kilométrage invoqué alors qu'au surplus, à la fois, ce kilométrage n'est pas cohérent avec les factures de réparation et d'entretien produites, et M. B bénéficiait déjà mensuellement d'indemnités de frais de déplacement de la part de la société Euro Construction pour un montant de 8 304 euros en 2015 et 5 720 euros en 2016;
- dans la mesure où M. B n'a pas répondu à la demande d'éclaircissements ou de justification qui lui a été adressée le 25 juillet 2018 afin qu'il s'explique sur les discordances constatées en 2015 et 2016 entre les virements effectués D les sociétés Euro Construction et CMV sur ses comptes bancaires et les montants figurant sur ses bulletins de salaires et correspondant à son activité salariée dans les sociétés considérées, l'administration a, conformément aux dispositions de l'article L. 69 du livre des procédures fiscales, procédé à l'imposition d'office des sommes dans la catégorie des revenus d'origine indéterminée ; dans le cadre de la présente instance, le requérant n'apporte toujours pas les éléments justifiant la cause du versement des sommes litigieuses qui pourraient permettre leur catégorisation dans la catégorie des salaires.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- et les conclusions de Mme Doisneau-Herry, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme B ont fait l'objet d'un examen contradictoire de leur situation fiscale personnelle portant sur les années 2015 et 2016 à la suite duquel, à défaut d'avoir répondu à une demande d'éclaircissements ou de justifications du 25 juillet 2018 portant sur des crédits bancaires à l'origine injustifiée, une proposition de rectification leur a été notifiée le 14 décembre 2018 procédant notamment, selon la procédure de taxation d'office prévue à l'article L. 69 du livre des procédures fiscales, à la réintégration dans la catégorie des revenus d'origine indéterminée des sommes de 70 463 euros au titre de l'année 2015 et de 84 455 euros au titre de l'année 2016, perçues des sociétés Euro Construction et CMV dont M. B était salarié. D une réponse aux observations du contribuable du 8 février 2019, l'administration a maintenu l'intégralité des rehaussements notifiés. D la suite, les rectifications ont été ramenées de 70 463 euros à 59 463 euros au titre de l'année 2015 et de 84 455 euros à 83 455 euros pour l'année 2016 dont au titre des revenus d'origine indéterminée 41 664 euros en 2015 et 75 185 euros en 2016. Les impositions supplémentaires à l'impôt sur le revenu et aux contributions sociales en résultant ont été mises en recouvrement le 30 avril 2019. D une première réclamation du 28 mai 2019, les époux B ont contesté les impositions supplémentaires mises à leur charge au motif que les sommes considérées correspondaient à des avances en compte courant d'associés. Le service des impôts de Blois, D une décision du 15 juillet 2019, a rejeté cette première réclamation en l'absence de toute pièce justificative. D une nouvelle réclamation en date du 17 juillet 2019, les époux B ont fait valoir que les revenus considérés comme d'origine indéterminée constituaient, pour une part, des salaires versés à M. B D les sociétés CMV et Euro Construction, et pour une autre part, à hauteur de 12 830 euros pour l'année 2015 et de 3 946 euros pour l'année 2016, le remboursement des frais kilométriques engagés D M. B à titre professionnel devant être totalement exonérés d'impôt sur le revenu en application de l'article 81 du code général des impôts. Cette deuxième réclamation a fait l'objet d'une décision d'admission partielle du 13 janvier 2020 aux termes de laquelle il a été reconnu que les sommes versées D la société CMV à M. B à compter du 28 novembre 2016 pour un montant de 14 817 euros devaient être considérées comme des salaires. Le dégrèvement correspondant de 3 965 euros a été prononcé au titre de l'impôt sur le revenu et des contributions sociales de l'année 2016. Le 23 mars 2020, les époux B ont présenté une troisième réclamation qui a fait l'objet d'une décision de rejet du 16 décembre 2020. M. B demande la décharge partielle des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre des années 2015 et 2016 résultant de l'imposition de revenus d'origine indéterminée.
Sur le bien-fondé des impositions :
2. En vertu de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition ". Aux termes de l'article R. 193-1 du même livre : " Dans le cas prévu à l'article L. 193 le contribuable peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition mise à sa charge en démontrant son caractère exagéré ". Il résulte de ces dispositions qu'il incombe aux contribuables régulièrement taxés d'office sur le fondement des articles L. 16 et L. 69 du livre des procédures fiscales d'établir que les sommes imposées en tant que revenus d'origine indéterminée, soit ne constituent pas des revenus imposables, soit se rattachent à une catégorie déterminée de revenus. En particulier, les sommes versées D une société à un contribuable sont imposées à bon droit dans la catégorie des revenus d'origine indéterminée, dès lors qu'il n'établit pas les motifs de leur versement. Dans l'hypothèse où le contribuable apporte devant le juge de l'impôt la preuve que ces sommes se rattachent à une catégorie précise de revenus, il peut obtenir, le cas échéant, une réduction de l'imposition d'office régulièrement établie au titre du revenu global, à raison de la différence entre les bases imposées d'office et les bases résultant de l'application des règles d'assiette propres à la catégorie de revenus à laquelle se rattachent, en définitive, les sommes en cause.
En ce qui concerne les sommes présentées comme des remboursements de frais :
3. Aux termes de l'article 81 du code général des impôts : " Sont affranchis de l'impôt : / 1° Les allocations spéciales destinées à couvrir les frais inhérents à la fonction ou à l'emploi et effectivement utilisées conformément à leur objet () ". Il appartient aux contribuables salariés qui entendent bénéficier de ces dispositions à raison de sommes que leur a versées leur employeur de justifier que ces sommes ont couvert des frais qu'ils ont réellement exposés, ainsi que l'exigeaient leurs fonctions au sein de l'entreprise, dans l'intérêt de cette dernière.
4. M. B, se borne à produire, d'une part, un état récapitulatif de ses déplacements professionnels établi D lui-même, précisant les semaines au cours desquelles ils auraient été réalisés, les lieux de chantier d'arrivée et les kilométrages parcourus et, d'autre part, la copie de la carte grise d'un des deux véhicules avec lequel ces déplacements auraient été effectués et diverses factures d'entretien dudit véhicule, sans produire toutefois la moindre pièce attestant de la réalité de ces déplacements, du lien avec ses fonctions ou son emploi au sein des sociétés Euro Construction et CMV et du fait que les frais correspondant aient été exposés dans l'intérêt de ces sociétés. Les trois attestations de clients des sociétés Euro Construction et CMV que le requérant produit au soutien de ses allégations, datées toutes trois du 11 mars 2020, sont quant à elles dépourvues de toute précision suffisante sur les dates et lieux de présence du requérant. Ainsi, alors qu'au demeurant les relevés de kilométrages figurant sur les factures d'entretien du véhicule et ceux figurant sur l'état récapitulatif des déplacements professionnels établi D le requérant ne sont pas cohérents et qu'il n'est pas contesté qu'il percevait déjà mensuellement de la part de la société Euro Construction des indemnités de frais de déplacement, restaurant et frais de grand déplacement pour des montants de 8 304 euros en 2015 et 5 720 euros en 2016, il ne justifie pas que les sommes litigieuses constituent des remboursements de frais et peuvent bénéficier de l'exonération prévue D le 1er de l'article 81 du code général des impôts précité. D suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que ses bases d'imposition à l'impôt sur le revenu doivent être réduites, au titre de l'année 2015, de la somme de 4 000 euros, ou, au titre de l'année 2016, d'une somme de 3 946 euros représentant, selon lui, le remboursement de frais réels.
En ce qui concerne les sommes présentées comme des salaires :
5. M. B soutient que les sommes perçues de la société Euro Construction à hauteur de 37 664 euros au titre de l'année 2015 et de 56 422 euros au titre de l'année 2016 relèvent de la catégorie des traitements et salaires. Toutefois, si la qualité de salarié de la société Euro Construction de M. B n'est pas contestée, sa qualité d'associé de ladite société entre le 5 décembre 2014 et le 8 septembre 2016 ne l'est pas plus et M. B, sur lequel repose la charge de la preuve, n'apporte aucun élément de nature à établir la preuve de ce qu'il allègue.
6. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que l'administration a pu taxer d'office les sommes en litige en les intégrant directement à son revenu global en tant que revenus d'origine indéterminée. D suite, et sans qu'il y ait lieu de faire droit à la demande du requérant tendant à ce qu'il soit enjoint à l'administration d'adresser une demande de renseignements auprès du service chargé du système d'immatriculation des véhicules, les conclusions à fin de décharge présentées D M. B doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant au bénéfice du sursis de paiement :
7. Les conclusions relatives au sursis de paiement ont perdu leur objet dès lors que le présent jugement statue sur le fond de l'affaire.
Sur les conclusions relatives à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. L'Etat n'étant pas la partie perdante dans la cause, il n'y a pas lieu de mettre à sa charge la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la requête tendant au bénéfice du sursis de paiement.
Article 2 : Les conclusions de la requête de M. B sont rejetées pour le surplus.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur régional des finances publiques du Centre-val de Loire et du département du Loiret.
Délibéré après l'audience du 18 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Dorlencourt, président,
Mme Le Toullec, première conseillère,
M. Lardennois, premier conseiller.
Rendu public D mise à disposition au greffe le 2 décembre 2022.
Le rapporteur,
Stéphane C
Le président,
Frédéric DORLENCOURT
La greffière,
Isabelle METEAU
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026