jeudi 27 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2100403 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | BON-JULIEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 3 février 2021 et le 2 juillet 2021, la société par actions simplifiées (SAS) Cellnex, représentée par Me Bon-Julien, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 août 2020 par lequel le maire de La Riche a fait opposition à la déclaration préalable déposée le 27 juillet 2020 par la SAS Cellnex tendant à l'implantation de trois antennes-relais, une antenne GPS et l'installation d'équipements techniques sur une parcelle cadastrée AN n°01 sur le territoire de cette commune et la décision portant rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au maire de La Riche de lui délivrer un arrêté de non-opposition à déclaration préalable dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de La Riche une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- l'arrêté est entaché d'une erreur d'appréciation en ce que le dossier de déclaration préalable était bien complet ;
- à supposer que le dossier soit incomplet ou insuffisant, l'arrêté est entaché d'erreur de droit en ce que le service instructeur n'a pas sollicité les pièces et éléments manquants pour compléter le dossier alors qu'il y était tenu.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 mai 2021, la commune de La Riche, représentée par Me Chevalier, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la SAS Cellnex une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que la requête est irrecevable en ce que la SAS Cellnex n'a pas justifié de sa capacité pour agir et que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 9 juillet 2021, la clôture d'instruction a été fixée le 13 août 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gasnier,
- les conclusions de Mme Best de Gand, rapporteure publique,
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 21 août 2020, le maire de La Riche s'est opposé à la déclaration préalable déposée le 27 juillet 2020 par la SAS Cellnex tendant à l'implantation de trois antennes de nouvelle génération, une antenne GPS et l'installation d'équipements techniques sur un immeuble situé sur la parcelle cadastrée AN n°01 sur le territoire de la commune de la Riche. La SAS Cellnex demande l'annulation de cet arrêté et de la décision portant rejet de son recours gracieux.
Sur la fin de non-recevoir :
2. Aux termes de l'article L. 227-6 du code de commerce : " La société est représentée à l'égard des tiers par un président désigné dans les conditions prévues par les statuts. Le président est investi des pouvoirs les plus étendus pour agir en toute circonstance au nom de la société dans la limite de l'objet social () ".
3. Les mandataires mentionnés à l'article R. 431-2 du code de justice administrative ont qualité, devant les tribunaux administratifs, pour représenter les parties et signer en leur nom les requêtes et les mémoires sans avoir à justifier du mandat par lequel ils ont été saisis par leur client. Si la présentation d'une action par un de ces mandataires ne dispense pas le tribunal administratif de s'assurer, le cas échéant, lorsque la partie en cause est une personne morale, que le représentant de cette personne morale justifie de sa qualité pour engager cette action, une telle vérification n'est toutefois pas normalement nécessaire lorsque la personne morale requérante est dotée, par des dispositions législatives ou réglementaires, de représentants légaux ayant de plein droit qualité pour agir en justice en son nom.
4. Il en résulte que la SAS Cellnex n'était pas tenue de justifier dans sa requête, présentée par son avocat, d'une habilitation en justice particulière. La fin de non-recevoir ne peut en conséquence qu'être écartée.
Sur les conclusions à fins d'annulation :
5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. / Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition, notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6 ".
6. Si l'arrêté attaqué comporte l'énoncé des circonstances de fait qui en constitue le fondement, il n'indique en revanche pas les textes du code de l'urbanisme dont il fait application. Il s'ensuit que l'arrêté est insuffisamment motivé.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-36 du code de l'urbanisme : " Le dossier joint à la déclaration comprend : " b) Un plan de masse coté dans les trois dimensions lorsque le projet a pour effet de créer une construction ou de modifier le volume d'une construction existante ; / c) Une représentation de l'aspect extérieur de la construction faisant apparaître les modifications projetées et si le projet a pour effet de modifier celui-ci ; () Il est complété, s'il y a lieu, par les documents mentionnés aux a et b de l'article R. 431-10, à l'article R. 431-14, aux a, b, c, g et q de l'article R. 431-16 et aux articles R. 431-18, R. 431-18-1, R. 431-21, R. 431-23-2, R. 431-25, R. 431-31 à R. 431-33 et R. 431-34-1 () / Aucune autre information ou pièce ne peut être exigée par l'autorité compétente ". Aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur () ". L'article R. 423-22 du code de l'urbanisme prévoit que " () le dossier est réputé complet si l'autorité compétente n'a pas, dans le délai d'un mois à compter du dépôt du dossier en mairie, notifié au demandeur ou au déclarant la liste des pièces manquantes dans les conditions prévues par les articles R. 423-38 et R. 423-41 ". L'article R. 423-23 du même code fixe à un mois le délai d'instruction de droit commun pour les déclarations préalables. L'article R. 423-38 dispose que : " Lorsque le dossier ne comprend pas les pièces exigées en application du [livre IV de la partie réglementaire du code relatif au régime applicable aux constructions, aménagements et démolitions], l'autorité compétente, dans le délai d'un mois à compter de la réception ou du dépôt du dossier à la mairie, adresse au demandeur ou à l'auteur de la déclaration une lettre recommandée avec demande d'avis de réception () indiquant, de façon exhaustive, les pièces manquantes ".
8. Pour s'opposer à la déclaration préalable en litige, le maire de la commune de La Riche s'est fondé sur les circonstances que le dossier de déclaration n'indiquait pas les dimensions des antennes à installer ainsi que des autres antennes qui pourront s'y implanter à terme, et que l'échelle du plan des façades joint au dossier de demande n'était pas adaptée pour permettre d'apprécier la hauteur des antennes à édifier.
9. En l'espèce, ont été joints au dossier de demande des plans côtés tels qu'exigés par le a) de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme. Le plan des façades joint au dossier de déclaration indique la hauteur totale de l'immeuble sur lequel s'implanteront les antennes ainsi que la hauteur totale du bâtiment une fois les antennes installées, exprimées en cote NGF. Si le dossier ne précisait pas la hauteur des seules antennes, celle-ci pouvait néanmoins être aisément déduite par une opération de soustraction. Ont également été joints au dossier de déclaration plusieurs photographies de l'environnement existant et des projections graphiques permettant d'apprécier la hauteur des équipements à édifier sur le toit de l'immeuble. Dans ces conditions le dossier de demande n'est entaché d'aucune insuffisance ou incomplétude sur ces points. Il en résulte qu'en s'opposant à la déclaration préalable pour ces motifs le maire a également commis une erreur d'appréciation.
10. Pour l'application de l'article L. 600-4-1, aucun autre moyen n'est de nature à entacher l'arrêté d'illégalité.
11. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté du 21 août 2020 doit être annulé ainsi que la décision portant rejet du recours gracieux.
Sur les conclusions à fins d'injonction :
12. Lorsque le juge annule un refus d'autorisation ou une opposition à une déclaration après avoir censuré l'ensemble des motifs que l'autorité compétente a énoncés dans sa décision conformément aux prescriptions de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme ainsi que, le cas échéant, les motifs qu'elle a pu invoquer en cours d'instance, il doit, s'il est saisi de conclusions à fin d'injonction, ordonner à l'autorité compétente de délivrer l'autorisation ou de prendre une décision de non-opposition. Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction soit que les dispositions en vigueur à la date de la décision annulée interdisent de l'accueillir pour un motif que l'administration n'a pas relevé, ou que, par suite d'un changement de circonstances, la situation de fait existant à la date du jugement y fait obstacle. L'autorisation d'occuper ou utiliser le sol délivrée dans ces conditions peut être contestée par les tiers sans qu'ils puissent se voir opposer les termes du jugement ou de l'arrêt.
13. Il ne résulte pas de l'instruction, et il n'est pas soutenu par la commune, que les dispositions en vigueur à la date de la décision attaquée faisaient obstacle à la délivrance d'une décision de non-opposition à déclaration préalable. Les motifs du présent jugement impliquent, par suite, qu'il soit enjoint à la commune de La Riche de délivrer à la SAS Cellnex un arrêté portant non-opposition à la déclaration préalable qu'elle a déposée le 27 juillet 2020. Il y a lieu d'enjoindre à la commune de La Riche de délivrer cet arrêté dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la société requérante la somme demandée par la commune de La Riche au titre des frais engagés par celles-ci non-compris dans les dépens.
15. Il y a revanche lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions en mettant à la charge de la commune de La Riche une somme de 1 500 euros à verser à la SAS Cellnex.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 21 août 2020 et la décision portant rejet du recours gracieux sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint à la commune de La Riche de délivrer à la SAS Cellnex un arrêté de non-opposition à déclaration préalable dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de La Riche versera à la SAS Cellnex une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions de la commune de La Riche présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Cellnex et à la commune de La Riche.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Lacassagne, président,
Mme Pajot, conseillère,
M. Gasnier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2024.
Le rapporteur,
Paul GASNIER
Le président,
Denis LACASSAGNELa greffière,
Aurore Martin
La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
N°2100403
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026