jeudi 18 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2100481 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | BON-JULIEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 9 février 2021, le 25 octobre 2021 et le 15 septembre 2022, la commune de Chambray-lès-Tours, représentée par Me Destarac, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 décembre 2020 par lequel le maire de Veigné n'a pas fait opposition à la déclaration préalable déposée le 27 novembre 2020 par la société TDF tendant à l'implantation d'une antenne-relais et d'une clôture sur une parcelle cadastrée AE 180 sur le territoire de la commune de Veigné ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Veigné une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle justifie d'un intérêt propre lui donnant qualité pour agir ;
- l'arrêté est entaché d'incompétence faute pour la commune de Veigné de justifier d'une délégation du signataire de la décision attaquée ;
- il méconnait les dispositions de l'article R. 431-6 du code de l'urbanisme, le plan masse ne faisant pas état de la végétation existante et à détruire ;
- il a été pris sans autorisation de défrichement préalable en méconnaissance de l'article L. 425-6 du code de l'urbanisme ;
- il méconnait l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme en ce que le projet impliquera d'importants travaux de raccordement ;
- il méconnait l'article A2 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune de Veigné en ce que le projet compromet le caractère agricole de la zone ;
- il méconnait l'article A3 du règlement du règlement du PLU ;
- il méconnait les dispositions des articles A11 du règlement du PLU et R. 111-27 du code de l'urbanisme en ce que le projet ne s'intègre pas à l'environnement boisé, les antennes sont implantées en sailli et les coffrets techniques ne sont pas intégrés dans la clôture ;
- il méconnait l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme en raison du risque incendie qu'est susceptible d'engendrer le projet.
Par des mémoires en défense enregistrés le 23 juin 2021, le 6 juillet 2022 et un mémoire enregistré le 26 octobre 2022 non-communiqué, la société TDF, représentée par Me Bon-Julien conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de la commune de Chambray-lès-Tours une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que la requête est irrecevable en ce que la commune de Chambray-lès-Tours ne justifie pas d'un intérêt lui donnant qualité pour agir et que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
La requête a été communiquée à la commune de Veigné qui n'a pas présenté d'observations.
Par une ordonnance du 13 octobre 2022, la clôture d'instruction a été fixée le 31 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gasnier,
- les conclusions de Mme Best-de Gand, rapporteure publique,
- et les observations de Me Gonnet, représentant la commune de Chambray-lès-Tours.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 9 décembre 2020, le maire de Veigné (Indre-et-Loire) n'a pas fait opposition à la déclaration préalable déposée par la SAS TDF le 27 novembre 2020 tendant à l'implantation de trois antennes-relais sur pylône, d'équipements techniques et d'une clôture sur une parcelle cadastrée section AE n°180 sur le territoire de la commune de Veigné. La commune de Chambray-lès-Tours demande l'annulation de cet arrêté.
Sur la fin de non-recevoir opposée par la société TDF :
2. Une commune ne justifie d'un intérêt lui donnant qualité à agir à l'encontre d'une autorisation d'urbanisme délivrée sur le territoire d'une commune limitrophe qu'à condition que le projet affecte de manière suffisamment directe et certaine sa situation propre ou les intérêts dont elle a la charge. En revanche, elle ne justifie pas d'un tel intérêt lorsqu'elle se borne à faire état de l'atteinte qu'un projet porte à l'environnement visuel de ses habitants.
3. En premier lieu, la commune de Chambray-lès-Tours se prévaut de l'atteinte portée par l'antenne-relais projetée laquelle s'élève à 36 mètres et est située à proximité de son territoire, aux orientations du projet d'aménagement et de développement durable (PADD) de son plan local d'urbanisme lequel tend à préserver le caractère rural des lieux d'une part, et à une orientation d'aménagement et de programmation (OAP) délimitant une trame verte et bleue et une zone de corridor écologique d'autre part.
4. Toutefois, d'une part, le projet en cause, d'une emprise d'environ 230 m² s'implante sur une parcelle d'environ 77 000 m² et est séparé d'une station d'épuration située au Nord-Ouest de celui-ci par une zone boisée. Le projet ne sera, par suite, pas de nature à porter une atteinte au caractère agricole et rural de la zone qu'entend préserver la commune requérante. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que la zone de corridor écologique ne traverse pas le terrain d'assiette du projet lequel sera ainsi insusceptible d'affecter significativement la biodiversité. Par ailleurs, il ne ressort des pièces du dossier ni que l'objectif de découverte de la trame verte et bleue énoncé dans l'OAP précitée présenterait un intérêt touristique particulier, ni que cet objectif serait susceptible d'être affecté de manière suffisamment directe par le projet en litige consistant en la simple implantation d'une antenne-relais. Il s'ensuit que le projet ne sera pas de nature à affecter de manière suffisamment directe et certaine les intérêts invoqués par la commune de Chambray-lès-Tours au point précédent.
5. En deuxième lieu, la commune de Chambray-lès-Tours fait valoir que le projet engendrera d'importants travaux de raccordement au réseau d'électricité situé sur son domaine public.
6. Il ressort toutefois du dossier de déclaration préalable que les travaux de raccordement électrique du projet consisteront en un simple branchement sur le réseau existant, lequel est situé sur le domaine public de la commune de Veigné, à faible distance de la parcelle d'implantation du pylône et à environ 80 mètres du territoire de la commune de Chambray-lès-Tours. Dans ces conditions, les travaux projetés n'auront pas pour effet d'affecter directement la situation propre de la commune requérante.
7. Enfin, la commune de Chambray-lès-Tours se prévaut d'une atteinte aux conditions de sa défense incendie qui résulterait de la localisation de la réserve incendie de cette commune pour les besoins du projet.
8. Cependant, compte tenu de la faible probabilité du risque d'incendie induit par la construction projetée, laquelle consiste en la simple implantation d'un pylône supportant trois antennes-relais et d'équipements techniques, la seule circonstance que le projet a prévu l'usage d'une réserve d'eau, déjà existante, située sur le territoire de la commune de Chambray-lès-Tours, en cas de survenance d'un tel incident, n'est pas de nature à révéler une atteinte suffisamment directe à sa situation.
9. Il résulte de ce qui précède que l'implantation de l'antenne-relais projetée ne sera pas de nature à affecter de manière suffisamment directe et certaine la situation propre ou les intérêts dont a la charge la commune de Chambray-lès-Tours. Par suite, la société pétitionnaire est fondée à prétendre que la commune requérante est dépourvue d'intérêt à agir pour contester la décision attaquée et que ses conclusions tendant à son annulation doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société TDF la somme demandée par la commune de Chambray-lès-Tours au titre des frais non-compris dans les dépens engagés par celle-ci.
11. Il y a en revanche lieu de faire application de ces dispositions en mettant à la charge de la commune de Chambray-lès-Tours une somme de 1 500 euros à verser à la SAS TDF.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la commune de Chambray-lès-Tours est rejetée.
Article 2 : La commune de Chambray-lès-Tours versera à la SAS TDF une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la commune de Chambray-lès-Tours, à la SAS TDF et à la commune de Veigné.
Délibéré après l'audience du 4 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
M. Lacassagne, président,
Mme Pajot, conseillère,
M. Gasnier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2024.
Le rapporteur,
Paul GASNIER
Le président,
Denis LACASSAGNELa greffière,
Aurore MARTIN
La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
N°2100481
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026