jeudi 15 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2100531 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET POTHET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 11 février 2021 et le 15 novembre 2022, Mme A B, représentée par Me Pothet, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler le certificat d'urbanisme négatif délivré par le maire de la commune de Sancheville, au nom de l'Etat, le 17 septembre 2020 ainsi que la décision du 7 janvier 2021 prise par le préfet d'Eure-et-Loir portant rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à l'administration de se prononcer sur sa demande de certificat d'urbanisme dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la commune de Sancheville et la préfecture d'Eure-et-Loir ont commis une erreur dans l'instruction de sa demande en lui délivrant un certificat d'urbanisme opérationnel négatif étant entendu qu'elle a formé une demande de certificat d'urbanisme informatif sur le fondement du a) de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation en ce que les motifs tirés de ce que le terrain serait situé dans une partie non urbanisée de la commune et qu'il ne serait pas raccordé aux réseaux électriques sont illégaux.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 27 juin 2022 et le 16 décembre 2022, le préfet d'Eure-et-Loir conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pajot,
- et les conclusions de Mme Dumand, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Le 6 mars 2020, Mme B a déposé auprès des services de la commune de Sancheville une demande en vue d'obtenir un certificat d'urbanisme sur le fondement de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme, concernant un terrain situé sur la parcelle cadastrée ZY 61 sur la route départementale n° 357/8 au lieu-dit Boissay. Le 17 septembre 2020, le maire de la commune lui a délivré, au nom de l'Etat, un certificat d'urbanisme négatif. Mme B a formé un recours gracieux contre cette décision qui a fait l'objet d'une décision de rejet du 7 janvier 2021. Par la requête ci-dessus analysée, elle demande l'annulation de ces deux décisions.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier et notamment des termes mêmes de la décision litigieuse qu'il est fait application, sur le territoire de la commune de Sancheville, du règlement national d'urbanisme, la commune n'étant pas dotée d'un plan local d'urbanisme, de tout document d'urbanisme en tenant lieu ou de carte communale. Par suite, les autorisations d'urbanisme sont soumises aux dispositions du règlement national d'urbanisme, et notamment à l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme qui dispose : " En l'absence de plan local d'urbanisme, de tout document d'urbanisme en tenant lieu ou de carte communale, les constructions ne peuvent être autorisées que dans les parties urbanisées de la commune. ". Aux termes de l'article L. 111-4 du même code : " Peuvent toutefois être autorisés en dehors des parties urbanisées de la commune : / 1° L'adaptation, le changement de destination, la réfection, l'extension des constructions existantes ou la construction de bâtiments nouveaux à usage d'habitation à l'intérieur du périmètre regroupant les bâtiments d'une ancienne exploitation agricole, dans le respect des traditions architecturales locales ; / 2° Les constructions et installations nécessaires à l'exploitation agricole, à des équipements collectifs dès lors qu'elles ne sont pas incompatibles avec l'exercice d'une activité agricole, pastorale ou forestière sur le terrain sur lequel elles sont implantées, à la réalisation d'aires d'accueil ou de terrains de passage des gens du voyage, à la mise en valeur des ressources naturelles et à la réalisation d'opérations d'intérêt national ; / () ".
3. Il résulte de la conjugaison de ces dispositions qu'en l'absence de plan local d'urbanisme ou de carte communale opposable aux tiers ou de tout document d'urbanisme en tenant lieu, sont interdites, en principe, les constructions implantées en dehors des parties du territoire communal qui comportent déjà un nombre et une densité significatifs de constructions. Il en résulte qu'en dehors des cas où ils relèvent des exceptions expressément et limitativement prévues par l'article L. 111-4, les projets ne peuvent être autorisés, dès lors que leur réalisation a pour effet d'étendre la partie actuellement urbanisée de la commune.
4. Pour apprécier si un projet a pour effet d'étendre la partie urbanisée de la commune, il est tenu compte de sa proximité avec les constructions existantes situées dans les parties urbanisées de la commune ainsi que du nombre et de la densité des constructions projetées.
5. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que la parcelle ZY 61, au lieu-dit Boissay, est située au sein du hameau du Boissay, lequel est constitué d'une quinzaine de bâtiments à usage agricole et d'habitation. Si elle s'ouvre au sud sur un vaste espace agricole, elle est également bordée d'espaces bâtis et peut être regardée comme implantée en continuité immédiate des constructions existantes, au sein d'une partie urbanisée de la commune. Elle est également raccordée au réseau d'eau potable. Par suite, en estimant que le projet était situé dans un hameau considéré en dehors des parties urbanisées de la commune et qu'il engendrerait une extension linéaire du tissu existant, favorisant l'ouverture à l'urbanisation de ce secteur, le maire de Sancheville a fait une inexacte application des dispositions précitées de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme : " Lorsque, compte tenu de la destination de la construction ou de l'aménagement projeté, des travaux portant sur les réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou de distribution d'électricité sont nécessaires pour assurer la desserte du projet, le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé si l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés. / Lorsqu'un projet fait l'objet d'une déclaration préalable, l'autorité compétente doit s'opposer à sa réalisation lorsque les conditions mentionnées au premier alinéa ne sont pas réunies. () ".
7. Et aux termes de l'article L. 332-15 du code de l'urbanisme : " L'autorité qui délivre l'autorisation de construire () exige, en tant que de besoin, du bénéficiaire de celle-ci la réalisation et le financement de tous travaux nécessaires à la viabilité et à l'équipement de la construction () notamment en ce qui concerne () l'alimentation en () électricité (). / Les obligations imposées par l'alinéa ci-dessus s'étendent au branchement des équipements propres à l'opération sur les équipements publics qui existent au droit du terrain sur lequel ils sont implantés et notamment aux opérations réalisées à cet effet en empruntant des voies privées ou en usant de servitudes. / () / L'autorisation peut également, avec l'accord du demandeur et dans les conditions définies par l'autorité organisatrice du service public de l'eau ou de l'électricité, prévoir un raccordement aux réseaux d'eau ou d'électricité empruntant, en tout ou partie, des voies ou emprises publiques, sous réserve que ce raccordement n'excède pas cent mètres et que les réseaux correspondants, dimensionnés pour correspondre exclusivement aux besoins du projet, ne soient pas destinés à desservir d'autres constructions existantes ou futures. / () ".
8. Le maire de Sancheville a délivré, au nom de l'Etat, le certificat d'urbanisme négatif contesté au motif que le terrain n'est pas desservi par le réseau électrique.
9. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la parcelle où est prévu le projet se situe à moins de 100 mètres de l'intersection de la rue de la Sablière et de la rue de Troussecourt, desservie par le réseau d'électricité. Rien au dossier ne permet de retenir que la capacité du réseau existant serait insuffisante pour assurer le raccordement demandé qui correspond au seul projet de Mme B. Un raccordement au réseau d'électricité est ainsi possible dans les conditions prévues par l'article L. 332-15 du code de l'urbanisme. Dans ces conditions, Mme B est fondée à soutenir que le maire de Sancheville a commis une erreur d'appréciation en estimant que la parcelle n'était pas raccordée à un réseau d'électricité et que le projet ne respectait pas les dispositions de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme.
10. En dernier lieu, pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun des autres moyens présentés à l'appui des conclusions à fin d'annulation n'est, en l'état de l'instruction, de nature à fonder l'annulation des décisions attaquées.
11. Il résulte de ce qui précède que le certificat d'urbanisme négatif du 17 septembre 2020 doit être annulé ainsi que la décision de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
12. L'annulation des décisions implique qu'il soit enjoint à la préfète d'Eure-et-Loir de réexaminer la demande de certificat d'urbanisme dans un délai qui sera fixé à deux mois.
Sur les frais liés au litige :
13. Il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Le certificat d'urbanisme négatif délivré le 17 septembre 2020 par le maire de Sancheville au nom de l'Etat pour la parcelle ZY 61 et la décision portant rejet du recours gracieux sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète d'Eure-et-Loir de réexaminer cette demande de certificat d'urbanisme dans un délai de deux mois.
Article 3 : L'Etat versera une somme de 1 500 euros à Mme B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la préfète d'Eure-et-Loir.
Délibéré après l'audience du 24 mai 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Delamarre, présidente,
M. Nehring, conseiller,
Mme Pajot, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juin 2023.
La rapporteure,
Anne-Laure PAJOT
La présidente,
Anne-Laure DELAMARRELa greffière,
Aurore MARTIN
La République mande et ordonne à la préfète d'Eure-et-Loir en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026