jeudi 6 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2100784 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique 4ème chambre |
| Avocat requérant | ROCHEFORT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 5 mars 2021 et 17 septembre 2021, M. A B, représenté par Me Rochefort, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler les décisions implicites de rejet nées du silence gardé sur ses demandes des 7 septembre 2020 et 6 janvier 2021 de communication par le centre hospitalier de Dreux de son dossier administratif et du tableau des effectifs du service courtage pour les années 2017, 2018 et 2019 ;
2°) d'annuler les décisions des 8 septembre 2020 et 29 juillet 2021 par lesquelles le centre hospitalier de Dreux a refusé de lui communiquer son dossier administratif et le tableau des effectifs du service courtage pour les années 2017, 2018 et 2019 ;
3°) d'enjoindre au centre hospitalier de Dreux de lui communiquer les documents sollicités dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Dreux le versement de la somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions implicites des 7 septembre 2020 et 6 janvier 2021 sont entachées d'un défaut de motivation ;
- les documents sollicités sont des documents administratifs communicables ainsi que l'a retenu la CADA dans son avis du 6 janvier 2021 ;
- il est fondé à obtenir la communication de son dossier administratif et du tableau des effectifs du service courtage de 2017 à 2019 ;
- en refusant la communication de ces documents, le centre hospitalier de Dreux a commis une erreur de droit et a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- les moyens invoqués à l'encontre des décisions implicites devront être regardés comme dirigés contre les décisions du 8 septembre 2020 et du 29 juillet 2021 qui se substituent aux précédentes, sauf en ce qui concerne le défaut de motivation.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 2 août 2021 et le 11 octobre 2021, le centre hospitalier de Dreux, représenté par la SELARL Houdart et associés, conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer et à titre subsidiaire, au rejet de la requête.
Il soutient que :
- malgré ses invitations à venir consulter sur place son dossier administratif le 28 septembre 2020 et le 9 septembre 2021 ou, en cas d'impossibilité, de lui en délivrer une copie à ses frais, le requérant n'a jamais répondu à ces dernières pour obtenir la communication du document ;
- il n'y a plus lieu à statuer sur le litige car il a produit, en cours d'instance, le tableau des effectifs prévisionnels budgétés pour les années 2017, 2018 et 2019 ;
- il ne peut pas communiquer le tableau des effectifs du service courtage pour les années 2017, 2018 et 2019 dès lors qu'un tel document est inexistant ;
- aucune disposition réglementaire n'impose aux établissements de santé de tenir des tableaux de leurs effectifs service par service et de faire état dans ces tableaux des postes vacants ou non.
Par courrier du 23 juin 2023, le tribunal a informé les parties, en application de l'article R 611-7 du code de justice administrative, qu'il était susceptible de relever d'office l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation des décisions des 7 septembre 2020, 8 septembre 2020 et 6 janvier 2021 auxquelles s'est substituée la décision du 29 juillet 2021 du centre hospitalier de Dreux prise après avis de la Commission d'accès aux documents administratifs.
Un mémoire en réponse au moyen d'ordre public a été enregistré le 26 juin 2023 pour M. B.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Rouault-Chalier, vice-présidente pour statuer sur le litige en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Rouault-Chalier,
- et les conclusions de Mme Palis De Koninck, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, agent des services hospitaliers titulaire, a demandé par un courrier du 7 août 2020 au centre hospitalier de Dreux la communication de son dossier administratif ainsi que du tableau des effectifs propres au service courtage pour les années 2017, 2018 et 2019. Devant le silence gardé par l'administration, M. B a saisi le 6 novembre 2020 la Commission d'accès aux documents administratifs qui, le 6 janvier 2021, a émis un avis favorable à la communication des documents demandés. Par deux courriers des 8 septembre 2020 et 29 juillet 2021, le centre hospitalier de Dreux a invité le requérant à venir consulter son dossier administratif sur place ou, en cas d'empêchement, l'a informé de la possibilité d'obtenir une copie de ce dernier en précisant le coût de l'impression. Par sa requête ci-dessus analysée, M. B demande au tribunal d'annuler les décisions implicites de rejet nées du silence gardé sur ses demandes des 7 septembre 2020 et 6 janvier 2021 de communication par le centre hospitalier de Dreux des documents demandés, ainsi que les décisions explicites de refus des 8 septembre 2020 et 29 juillet 2021.
Sur le non-lieu à statuer :
2. Si le centre hospitalier de Dreux fait valoir qu'il a invité le requérant à venir consulter son dossier administratif sur place le 28 septembre 2020 et le 9 septembre 2021, en lui proposant, en cas d'impossibilité de se déplacer, de lui délivrer une copie du dossier à ses frais, il n'est pas contesté que le requérant ne s'est pas rendu aux créneaux proposés et, en l'absence de réponse au courrier du centre hospitalier, il n'a pas obtenu la communication de son dossier administratif. Par ailleurs, les tableaux des effectifs prévisionnels budgétés pour les années 2017, 2018 et 2019 produits en cours d'instance ne correspondent pas à ceux sollicités par le requérant. Dans ces circonstances, le recours n'a pas perdu son objet et il y a lieu d'y statuer dans son ensemble.
Sur les conclusions à fin d'annulation des décisions des 7 et 8 septembre 2020 et 6 janvier 2021 :
3. Aux termes de l'article L. 342-1 du code des relations entre le public et l'administration : " La Commission d'accès aux documents administratifs émet des avis lorsqu'elle est saisie par une personne à qui est opposé un refus de communication ou un refus de publication d'un document administratif en application du titre Ier, un refus de consultation ou de communication des documents d'archives publiques () / La saisine pour avis de la commission est un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux. ". Aux termes de l'article R. 343-3 de ce code : " La commission notifie son avis à l'intéressé et à l'administration mise en cause, dans un délai d'un mois à compter de l'enregistrement de la demande au secrétariat. Cette administration informe la commission, dans le délai d'un mois qui suit la réception de cet avis, de la suite qu'elle entend donner à la demande. ". L'article R. 343-4 du même code prévoit que " Le silence gardé pendant le délai prévu à l'article R. 343-5 par l'administration mise en cause vaut décision de refus " et l'article R. 343-5 que " Le délai au terme duquel intervient la décision implicite de refus mentionnée à l'article R. 343-4 est de deux mois à compter de l'enregistrement de la demande de l'intéressé par la commission. ".
4. Il résulte de ces dispositions que les décisions par lesquelles l'autorité mise en cause rejette, implicitement ou expressément, au vu de l'avis rendu par la Commission d'accès aux documents administratifs, des demandes tendant à la communication de documents administratifs se substituent à celles initialement opposées au demandeur. Par suite, les conclusions à fin d'annulation dirigées, non contre la décision prise sur l'avis de la commission, mais contre la décision initiale de refus, sont irrecevables.
5. En l'espèce, si le requérant soutient qu'une décision implicite rejetant sa demande du 7 août 2020 tendant à la communication de documents est née le 7 septembre 2020, il ressort des pièces du dossier que par une décision du 8 septembre 2020, le centre hospitalier de Dreux lui a donné un rendez-vous pour lui permettre de consulter sur place son dossier administratif, refusant ce faisant implicitement de lui transmettre la copie du tableau des effectifs du service courtage. Cette décision expresse s'est ainsi substituée à la décision implicite de rejet du 7 septembre 2020.
6. Par ailleurs, si le requérant soutient qu'une décision implicite de rejet est née le 6 janvier 2021 en l'absence de réponse du centre hospitalier pendant deux mois à compter de l'enregistrement de la saisine de la Commission d'accès aux documents administratifs, se substituant ainsi à la décision initiale du 8 septembre 2020, il ressort des pièces du dossier que par une décision du 29 juillet 2021, le centre hospitalier de Dreux a, d'une part, invité le requérant à venir consulter sur place son dossier administratif tout en lui proposant, en cas d'empêchement, de lui envoyer une copie à ses frais et, d'autre part, lui a indiqué ne pas disposer de tableau des effectifs du service courtage. Cette décision expresse s'est ainsi substituée à la décision implicite de rejet du 6 janvier 2021. Par conséquent, seule la décision du 29 juillet 2021 est susceptible de faire l'objet d'un recours contentieux. Dès lors, les conclusions dirigées contre les décisions des 7 et 8 septembre 2020 et du 6 janvier 2021 sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 29 juillet 2021 :
7. La décision du 29 juillet 2021 qui, s'agissant de la communication de son dossier administratif, propose au requérant de choisir entre une consultation sur place ou un envoi de copies à ses frais en précisant les modalités pratiques de chacune de ces solutions et qui, s'agissant du tableau des effectifs, indique les raisons pour lesquelles le centre hospitalier ne détient pas de document de cette nature, est suffisamment motivée.
S'agissant de la communication du dossier administratif :
8. Aux termes de l'article L. 311-9 du code des relations entre le public et l'administration : " L'accès aux documents administratifs s'exerce, au choix du demandeur et dans la limite des possibilités techniques de l'administration : / 1° Par consultation gratuite sur place, sauf si la préservation du document ne le permet pas ; / 2° Sous réserve que la reproduction ne nuise pas à la conservation du document, par la délivrance d'une copie sur un support identique à celui utilisé par l'administration ou compatible avec celui-ci et aux frais du demandeur, sans que ces frais puissent excéder le coût de cette reproduction, dans des conditions prévues par décret ; / 3° Par courrier électronique et sans frais lorsque le document est disponible sous forme électronique ; / 4° Par publication des informations en ligne, à moins que les documents ne soient communicables qu'à l'intéressé en application de l'article L. 311-6. "
9. Il ressort des pièces du dossier que par deux courriers des 8 septembre 2020 et 29 juillet 2021, le centre hospitalier de Dreux a proposé deux rendez-vous à M. B pour qu'il puisse venir consulter sur place son dossier administratif et l'a par ailleurs informé qu'en cas d'empêchement, il pouvait obtenir la copie de ce même dossier en lui indiquant le coût de l'impression. Il s'ensuit que le litige qui oppose M. B au centre hospitalier de Dreux porte non pas sur un refus de communication de son dossier administratif mais sur les modalités de cette communication.
10. M. B n'a fait état d'aucune circonstance l'empêchant de se déplacer dans les locaux du centre hospitalier pour consulter son dossier administratif. Par ailleurs, le centre hospitalier ne s'oppose pas à la possibilité pour l'intéressé de photocopier, s'il le souhaite, l'ensemble des pièces de son dossier individuel et a, en outre, informé le requérant du tarif en vigueur pour la réalisation de copies. Par conséquent, l'invitation à venir consulter son dossier et à faire des photocopies ne peut être regardée comme un refus de communiquer à M. B son dossier administratif. Ainsi, en l'absence de décision de refus de communication, la demande du requérant tendant à l'annulation d'une telle décision doit être rejetée.
S'agissant de la communication des tableaux des effectifs du service courtage pour les années 2017 à 2019 :
11. Aux termes de l'article L. 311-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Sous réserve des dispositions des articles L. 311-5 et L. 311-6, les administrations mentionnées à l'article L. 300-2 sont tenues de publier en ligne ou de communiquer les documents administratifs qu'elles détiennent aux personnes qui en font la demande, dans les conditions prévues par le présent livre. ".
12. Si une autorité administrative est tenue de communiquer les documents administratifs qu'elle détient aux personnes qui en font la demande, ce droit à communication ne s'applique toutefois qu'à des documents existants et n'a ni pour objet, ni pour effet de contraindre l'administration à établir un document qui n'existe pas, l'administration n'étant pas davantage tenue d'établir un document en vue de procurer les renseignements ou l'information souhaités. La communication d'un document inexistant est toutefois imposée, dans l'hypothèse où celui-ci peut être obtenu par un traitement automatisé d'usage courant.
13. Pour refuser la communication du tableau des effectifs du service courtage pour les années 2017 à 2019, le centre hospitalier de Dreux fait valoir qu'il ne dispose pas d'un tel document dès lors qu'aucun texte ne lui en impose la réalisation. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'un tel tableau existerait, et il n'est, par ailleurs, pas établi ni même soutenu qu'il pourrait être obtenu par un traitement automatisé d'usage courant. Par suite, le centre hospitalier de Dreux a pu sans commettre d'erreur de droit refuser de communiquer à M. B les documents sollicités.
14. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. B tendant à l'annulation de la décision du 29 juillet 2021 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte.
Sur les frais liés au litige :
15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre hospitalier de Dreux qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au centre hospitalier de Dreux.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juillet 2023.
La présidente-rapporteure,
La greffière,
Patricia ROUAULT-CHALIER
Agnès BRAUD
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026