jeudi 23 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2100907 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET CASADEI-JUNG |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 9 mars 2021 et le 26 mars 2021, M. B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 14 octobre 2020 par lequel le maire de Broué a délivré un permis de construire à M. A portant sur la construction d'un bâtiment à usage d'habitation et de garage, d'une piscine, et d'un mur de clôture située sur la parcelle cadastrée section C n°541 sur le territoire de la commune de Broué.
Il soutient que :
- le dossier de demande de permis de construire ne comporte pas de plans côtés de la construction projetée ;
- le dossier de demande de permis de construire indique que l'étage au-dessus concerne des combles alors que la notice descriptive et le Cerfa du dossier de demande fait mention d'une construction à usage d'habitation ;
- le dossier de demande de permis de construire indique à tort que le terrain n'est pas situé dans un lotissement ;
- le débord de toiture empiète sur l'allée commune cadastrée section C n°542 ;
- le traitement des eaux pluviales doit être réalisé sur sa parcelle et à trois mètres de distance de la limite de propriété ;
- le bâtiment projeté ne peut être édifié en limite séparative mais doit respecter un retrait de 3 mètres ;
- la hauteur du mur de clôture ne peut excéder 2 mètres ;
- le nouvel accès à la construction projeté ne pouvait être régulièrement réalisé du fait de l'accès déjà existant ;
- aucune concertation avec les voisins du lotissement n'a eu lieu préalablement au dépôt du permis de construire ;
- le permis de construire a été obtenu par fraude.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 juillet 2021, M. A conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable en ce qu'aucune copie du recours contentieux introduit ne lui a été adressée en application de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juillet 2021, la commune de Broué, représentée par Me Touché, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. B une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable en ce que les formalités prescrites par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme n'ont pas été respectées ;
- le requérant n'a pas produit de titre de propriété comme l'exige l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme ;
- le requérant n'a pas intérêt à agir ;
- les moyens soulevés par M. B sont inopérants.
Par une ordonnance du 28 mars 2022, la clôture d'instruction a été fixée le 2 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gasnier, rapporteur
- les conclusions de Mme Séverine Dumand, rapporteure publique
- et les observations de Me Hallé, représentant la commune de Broué.
Considérant ce qui suit :
1. Le 10 juillet 2020, M. A a déposé une demande de permis de construire un bâtiment à usage d'habitation et de garage, une piscine, et un mur de clôture située sur la parcelle cadastrée section C n°541 sur le territoire de la commune de Broué (Eure-et-Loir). Par arrêté du 14 octobre 2020, le maire de Broué a délivré le permis de construire sollicité. M. B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
4. Pour justifier de son intérêt à agir, le requérant fait valoir qu'il bénéficie d'une vue dégagée sur la rue Léon Moreau lui permettant de surveiller la circulation dans cette rue, d'une part, et que le projet entrainera des troubles du voisinage, une perte de valeur de son habitation et une atteinte à la qualité architecturale et paysagère des lieux, d'autre part.
5. Il ressort toutefois des pièces du dossier que M. B réside dans la maison d'habitation implantée sur la parcelle cadastrée C n°546 laquelle est située à environ 70 mètres du projet et est séparée de celui-ci par un autre bâtiment d'habitation lui-même situé sur la parcelle cadastrée C n° 544. Il n'a, ce faisant, pas la qualité de voisin immédiat du projet. Or, d'une part, la photographie produite par le requérant pour justifier de la vue dont il bénéficie n'a pas été prise depuis sa maison d'habitation mais au niveau de la parcelle C n° 544. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que, compte tenu de l'existence d'une maison d'habitation située entre la parcelle d'implantation du projet et la propriété du requérant, de la distance les séparant, et de la présence de quelques boisements dans le jardin du terrain d'assiette du projet, la construction projetée, d'une hauteur au faitage de 7,5 mètres et de 48,75 mètres carrés d'emprise au sol, ne sera que partiellement visible en provenance de la maison d'habitation du requérant et n'entraînera pas de perte de vue suffisamment importante pour établir une atteinte directe aux conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. La seule circonstance que le requérant ne bénéficierait plus d'une vue aussi dégagée sur la voie de desserte, laquelle ne présente aucun intérêt paysager ou architectural et est située à près de 80 mètres de sa maison d'habitation, ne suffit pas davantage à caractériser une telle atteinte. Dans ces conditions, le requérant ne justifie, par ses allégations, d'aucun élément suffisamment précis et étayé de nature à établir que la construction projetée, eu égard à sa localisation, à ses caractéristiques et à la configuration des lieux, sera de nature à affecter directement ses conditions d'occupation d'utilisation et de jouissance de son bien. Il en résulte que M. B ne justifie pas d'un intérêt lui donnant qualité pour agir. Par suite, la fin de non-recevoir de la commune de Broué doit être accueillie.
6. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres fins de non-recevoir, la requête de M. B doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de M. B le versement d'une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à la commune de Broué.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera la somme de 1 500 euros à la charge de la commune de Broué au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B, à la commune de Broué et à M. A.
Délibéré après l'audience du 7 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Lacassagne président,
Mme Pajot, conseillère,
M. Gasnier, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mai 2024.
Le rapporteur,
Paul GASNIER
Le président,
Denis LACASSAGNELa greffière,
Aurore MARTIN
La République mande et ordonne au préfet d'Eure-et-Loir en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026